La Provence raconte le cloque des décharges sauvages à Marseille, mais aussi ressuscite Pape Diouf un an après sa mort. Presse-Océan dit des jeunes d'un quartiers nantais qui ont sauvé une famille, parents et bébé, des flammes... Le Monde raconte l'opulente irréalité de la bande du Petit bar...

On parle d'un mal français...  

Que dans une démonstration troublante, l'Opinion dénonce ce matin, ce mal se nomme la Ve République, qui autorise le pouvoir, droit dans ses bottes, à se préserver de la critique, du contrôle démocratique, pour agir dans une bulle de certitude, déconnecté... Et à cette aune, dit l'Opinion, le génocide des Tutsis au Rwanda en 1994, et la crise de la Covid depuis un ans illustrent les mêmes dérives: celles de décisions confisquées par un Président de la République, François Mitterrand alors et son état-major particulier, Emmanuel Macron désormais et son conseil de défense.  Cette extrapolation du rapport Duclert sur le Rwanda est signée Jean-Dominique Merchet, qui précise que la gestion d'une pandémie n'équivaut pas l'aveuglement face à un génocide, mais il  pointe le paradoxe de l'actuel du Président, qui a fait le choix de la vérité sur le Rwanda, mais qui a pris ainsi le risque de nous inviter à une lecture critique de nos institutions...   

Vous lirez sur le site du Monde  le témoignage du général Varret, chef de la mission militaire de coopération au Rwanda de 1990 à 1993. En 1990, quatre ans avant le génocide, un officier rwandais  avait confié à Varret le projet de tuer les Tutsis du Rwanda, Varret en avait fait un rapport qui fut enterré et a disparu, lui-même fut écarté. En 1998, quatre ans après le génocide, le général  n'osa pas raconter cet épisode à la Commission d'enquête parlementaire menée par l'ancien ministre socialiste de la défense Paul Quilès, qui lui avait fait comprendre du regard, qu'il ne fallait pas trop en dire...  

Tiens, l'Opinion nous dit que l'Assemblée nationale a refusé d'ouvrir ses archives à la Commission Duclert -le président de l'Assemblée, Richard Ferrand, proche du président Macron, commença sa vie politique dans les réseaux mitterrandiens... Singulier raccourci..  

Mais il est d'autres faiblesses françaises. Les hôpitaux sont étouffés par la Bureaucratie, enquête du Figaro, et dans ce système hospitalier, la psychiatrie est un enfer souvent pour des malades soumis à l'arbitraire, à l'isolement, au refus des permissions de sortie, à l'irréalité de la vie sans repère quand dans un hôpital il n'y a pas d'horloges... Enquête des familles de malades que relaie amplement Libération...   

Mais la société elle-même n'est pas innocente... La Provence raconte le cloaque des déchetteries sauvages à Marseille, photo et carte à l'appui, "il n'y a pas un seul mec autour de moi qui ne le fait pas" dit un artisan, qui fustige l'attente aux déchetteries légales, et puis la concurrence... "On ne peut pas se permettre de facturer 300 euros de frais de déchetterie pour un chantier de 1200 euros..." Alors on largue les gravats dans les cités...  Dans le Populaire du centre, on apprend qu'à Limoges, quartier le Vigenal, règne la loi du plus fort: ces bricoleurs qui installent des casses de voitures directement sur les parkings, le bruit est infernal... Dans le même quartier, d'autres débrouillards montent des combats de coqs, on retrouve les animaux vaincus dans les poubelles le matin...   

Mais on parle aussi de courage... 

Et des jeunes gens du quartier de la Bottière à Nantes, qui frémissaient hier de leur exploit de dimanche, raconte Presse Océan, ils ne savaient pas qu'ils étaient capables de devenir tous ensemble des héros et revisionnaient les vidéos Snapchat du sauvetage d'une famille, prise dans un immeuble en flammes, les jeunes sont montés par la façade et ont improvisé une chaine humaine pour évacuer les adultes, le bébé a été largué sur des matelas disposés au pied de l'immeuble, puis pris en charge par les mamans du quartier qui est une famille... 

Et voilà donc de France une histoire jolie.   J'en vois d'autres de tous acabits. 

Le Progrès me raconte le sauvetage d'un grand-duc tombé dans une fosse à lisier, on l'a soigné pendant un mois, cet oiseau. La Provence encore raconte le courage d'un véliplanchiste égaré qui toute une nuit, a tenu en espérant les secours... Une vieille dame Suzanne Verehee, est revenue visiter l'usine Lacoste où elle travailla de 1936 à 1989, elle a presque cent ans Suzanne qui à quatorze ans cousait des crocodiles, nous dit l'Est Eclair -le même Est Eclair qui me montre une statuette signée Camille Claudel, au joli nom, "le dieu envolé", que l'on restaure pour le musée de Nogent-sur-Seine, mais quand la verrons-nous. 

Les Echos nous disent que la maison Petrossian, caviar çà Paris, sera prête à nous régaler quand la Covid se dissipera, et aussi que le Puy-du-Fou, va monter des spectacles en Espagne, et peut-être un jour la Chine! 

Libération nous raconte une chorégraphe française Gaelle Bourges, qui a monté un spectacle éblouissant et nourri d'histoire,  quand le verrons nous, sur un lord anglais, Elgin, voleur de cariatides grecques... Les DNA nous disent aussi Rémy Hoffert 72 ans, qui attend que la maladie se dissipe pour reprendre le sifflet outre-Rhin où il est arbitre depuis 1993 -nos voisins le surnomment  der sympatische fransoze

Nous le rangeons parmi ceux que nous aimons, comme Pape Diouf, journaliste, agent de joueurs et dirigeant de l'OM que la Provence nous restitue tellement vivant un an après sa mort... Vivant, comme le navigateur Jean Le Cam dont le Monde nous a dit qu'enfant il faisait de la danse et dont l'Equipe précise qu'il adore les Renault 4...  Est-on mieux français?  

Le Parisien, au chapitre des anciens, m'apprend que Danièle Gilbert, qui fut la compagne de nos midi télévisés, et qui va ressusciter en streaming son "Midi première" avait écrit une thèse sur Rainer Maria Rilke... Et bien!

Et on parle enfin de bandits...  

Et c'est comme un roman... Dans le Monde, qui à partir des écoutes que la police avait mis en place sur leurs résidences, raconte l'opulence et l'irréalité de la bande corse dite "du petit bar", prospère au point d'en oublier les vieilles prudences du milieu. Particulièrement savoureuses et tristes sont les disputes entre le chef de la bande et sa belle-mère, femme politique estimable... 

"J’ai honte. J’ai honte, quand je passe en ville j’ai toujours honte".

-Par rapport à quoi vous avez honte ? Et votre  mari, vous n’avez pas honte quand vous passez dans la rue, de vous faire interpeller parce qu’il a escroqué la moitié de la ville ? Sur les voyous, moi ce que je vois, c’est que quand tout va mal, il y a un problème. Mais quand tout va bien, ça sert tout le monde."

Si vous aimez les histoires de familles,  lisez aussi dans le Figaro ce drame anglais, d'un homme qui enfant s'était persuadé que soin beau-père, un réfugié polonais, avait été pendant la guerre un complice actif des crimes nazis, il y consuma son existence, tous deux sont morts, je n'aurai pas la méchanceté de vous dire la conclusion.

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