Patrick Cohen : A la Une ce matin : sale année pour Marseille... Bruno Duvic : A ça oui, heureusement que l'OM s'en tire bien au Vélodrome, sinon ce serait vraiment la misère sur le vieux port ! La guerre des gangs, le climat social délétère ces dernières semaines, la grève des ordures. Et justement, le dernier évènement en date concerne les ordures... C'est à la Une de La Provence : 'Marchés publics : la grande offensive". Une série de personnes ont été interpellées hier dans cette enquête pour "corruption active, trafic d'influence, détournement de fonds publics, prise illégale d'intérêt... ça n'est pas fini : il y a aussi « atteinte à l'égalité des candidats et aux conditions d'accès aux marchés publics ». Ouf ! il y a effectivement de quoi remplir une poubelle. Suspect N°1 : Alexandre Guérini. A la tête de sa société de collecte de déchets, il est soupçonné d'une vaste escroquerie. Et Alexandre Guérini, ce n'est pas n'importe qui à Marseille ! C'est Monsieur Frère, écrit La Provence... frère du président du Conseil général des Bouches-du-Rhône, le socialiste Jean-Noël Guérini. Empressons-nous de préciser que Jean-Noël Guérini ne figure pas parmi les personnes interpellées hier. Mais l'enquête promet de remuer pas mal de boue ! Car si Jean-Noël ne s'est jamais vraiment intéressé aux affaires de son frère, dixit La Provence, Alexandre, lui, s'est toujours penché sur la vie du PS, véritable patron bis de la fédération locale selon le quotidien. Au-delà de cet aspect politique, c'est l'existence d'un véritable réseau qu'essaye de mettre à jour le juge Charles Duchaine, car l'enquête concerne la collecte des déchets, voire les HLM, mais aussi les maisons de retraite. Un véritable système mafieux au sens littéral du terme, dixit une source proche de l'enquête. Et tout cela se passe au soleil comme en Italie du sud. Patrick Cohen : A la Une aujourd'hui encore, l'Europe dans la nasse... Bruno Duvic : Et oui, la petite phrase d'Henry Kissinger vaut toujours : "L'Europe, quel numéro de téléphone ?". Difficile de saisir ce qui se passe dans cette crise de l'euro tant les mécanismes sont complexes et les grandes personnalités pour porter un discours clair sur l'Europe font défauts. Un appel, une pétition à la Une de L'Humanité : "L'avenir de l'Europe est l'affaire des peuples européens". Ce n'est pas aux salariés de payer les conséquences d'une crise provoquée par une politique ultra libérale". Vous pouvez signer cet appel sur "humanite.fr". Pour des raisons très différentes, la défiance à l'égard de l'Europe est également à la Une de La Tribune et des Echos. "Qui paiera la facture de la dette ?" se demande La Tribune. "La défiance s'installe sur les marchés" ajoutent Les Echos. Les places boursières ont chuté de plus de 2% hier malgré le sauvetage de l'Irlande, malgré la mise en place d'un mécanisme permanent pour gérer les crises. Alors, pourquoi cette chute, au-delà de la spéculation ? C'est une affaire de coiffeur ! "Le coiffeur qui panique les marchés" : titre de l'édito de Jean-Marc Vittori dans Les Echos. La coupe de cheveux dans le vocabulaire anglo-saxon, c'est quand un prêteur est remboursé plus tard ou moins bien que prévu. Et les investisseurs découvrent une vérité horrible, écrit Jean-Marc Vittori. Un Etat peut défaillir, même les Etats modernes développés occidentaux. Et s'ils font défaut, leurs créanciers vont perdre de l'argent. Voilà pourquoi les places boursières chutent, les investisseurs ont peur de passer chez le coiffeur ! L'Europe serait-elle victime de son opacité également ? Les milliards cachés de l'Europe, c'est la Une du Financial Times qui enquête sur l'utilisation des fonds structurels. Le grand projet perd de sa pertinence dans un système opaque écrit le journal des affaires. Patrick Cohen : Et cette crise de l'euro met mal à l'aise les politiques français aussi... Bruno Duvic : "La crise européenne, c'est le grand tabou du débat politique français" écrit Le Monde. Et c'est François Hollande qui lâche le morceau dans cet article : "Le malaise est d'autant plus grand que les europhiles ont mauvaise conscience. Le grand argument depuis des années, en faveur de l'euro, c’était qu'il nous protégeait. Dans le meilleur des cas, aujourd'hui, il conduit à des plans d'austérité ». « Et encore, poursuit François Hollande, les Français pensent qu'on est dans l'austérité. Ce n'est pas vrai, ils n'y sont pas encore !". Les héros européens, il faut donc les chercher très loin de la politique dans des rubriques beaucoup plus légères. A la Une de L'Equipe par exemple, barrée ce matin par ce titre : "Barcelonesque !". Dans le sommet du championnat de foot espagnol, Barcelone a atomisé le Real-Madrid : 5-0. Les notes attribuées par les journalistes de L'Equipe aux joueurs du Barça donnent le tournis ! Messi, Xavi et Villa obtiennent 9 sur 10. Quant au match en lui-même, il obtient six étoiles sur six. Spectacle exceptionnel ! Et spectacle suivi dans le monde entier. Dans sa chronique, Didier Braun égrène les pays où le match était diffusé : de Moscou, où il faisait hier moins 14, à Djakarta où il faisait +35. Par moins 14 ou +35, conclut Didier Braun, les hommes ont admiré l'art majeur du jeu de passe. Patrick Cohen : Quoi d'autres dans la presse, Bruno ? Bruno Duvic : Votre invitée du jour, Patrick Cohen : Ségolène Royal... Madame Royal, vous êtes à la Une de Libération : "Royal dans l'arène", et de France-Soir : "Royal attaque". Point commun à tous les articles qui vous sont consacrés : en vous déclarant si tôt candidate aux Primaires, vous avez pris beaucoup de monde de vitesse et par surprise au PS. A la Une de Libé encore : "Noir Désir : la rupture finale". Le journal reprend le communiqué de Serge Teyssot-Gay, le guitariste du groupe. Il ne veut pas reprendre avec Noir Désir pour désaccords émotionnels humains et musicaux avec Bertrand Cantat, ajoutés au sentiment d'indécence qui caractérise la situation du groupe depuis plusieurs années. A la Une du Parisien, la France prise de vitesse : là, ce n'est pas vous Ségolène Royal, c'est le froid. Et puis, dans Le Figaro, l'affaire Wikileaks... on en a largement parlé hier. Dans Le Figaro-Eco, une petite information qui fera plaisir aux partisans de la rigueur. A son tour, Barack Obama décrète le gel des salaires des fonctionnaires aux Etats-Unis. Mais terminons avec un reportage publié dans un nouveau trimestriel. Il s'appelle "Reportages" et reprend les articles publiés dans Ouest-France. A la Une de ce premier numéro, à quelques semaines de Noël : "Alerte sur les huitres". Entre les virus, la tempête Xynthia, les pollutions, les huitres disparaissent de nos côtes. Jean-Pierre Buisson est allé chez un ostréiculteur de l'île aux Moines, dans le golfe du Morbihan. Il s'appelle Pierre Martin. On cajole les huitres depuis trois générations dans sa famille, mais aujourd'hui, il dégage un revenu net par mois de 60 euros ! Sans le salaire de son épouse, il devrait abandonner. Pierre Martin cherche à se diversifier. Son histoire, c'est aussi celle d'un paysage qui change, d'un monde qui disparaît. Pression immobilière, touristes fortunés, et de moins en moins de paysans. Il n'y a pas si longtemps, l'île comptait 17 fermes, il n'y en a plus une seule. Alors, métier pénible, oui ou non ? Quand on lui pose cette question, Pierre Martin gratte sa tignasse et répond : "C'est ici que je veux vivre !".

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