(Patrick Cohen) Dans la presse ce matin : madame dans les magasins et monsieur en bourse

(Bruno Duvic) Deux petites histoires pour commencer : la première circule depuis quelques jours. Marianne , en kiosques demain, en fait une longue brève.

En Arabie Saoudite, quand une femme se présente à l'aéroport, son tuteur (mari, père ou même fils) reçoit automatiquement un SMS l'informant qu'elle s'apprête à quitter le pays. "Pister électroniquement la femme, quel progrès pour le machisme féodal ! " s'exclame Martine Gozlan.

En France, le magazine de la culture mathématique Tangente fête ses 25 ans. Dans les premières pages du numéro anniversaire, il est question de l'association « Femmes et mathématiques » qui vient d'organiser une table ronde sur le thème "Quel avenir pour les femmes en mathématiques ?"

Même dans l'univers des intégrales, il y aurait donc un peu plus d'inconnues dans l'équation professionnelle pour les femmes...

Le gouvernement présente aujourd'hui son plan pour l'égalité hommes/femmes et l'un de ses volets concerne la lutte contre les stéréotypes à l'école. Les professeurs recevront une formation eux aussi.

Eh oui, il y a encore des exercices de maths sur le thème "Madame fait du shopping et monsieur investit à la bourse", dit une enseignante en psychologie de l'orientation dans Libération . Calculez le budget de la famille...

La psychologue poursuit : « Les enseignants véhiculent parfois des stéréotypes à leur insu. Des études montrent qu'en moyenne, ils ne notent pas pareil les garçons et les filles dans les matières scientifiques. En cours de maths, il y a deux tiers d'interaction avec les garçons et un tiers avec les filles. » Parions que certains garçons se passeraient bien de ces interactions...

En tout cas, en matière de stéréotype, le gouvernement veut aller à la racine. La prévention commencera dès la maternelle. Et dans Libération , on apprend que lors des stages de sensibilisation proposés aux ministres depuis juillet, on leur a présenté des publicités pour des bodys, ces vêtements pour les bébés. Sur les bodys pour les garçons : du bleu et des mots ‘courageux, fort, fier rusé’. Sur ceux des filles, en rose : ‘jolie, têtue, rigolote et douce’.

Il a contribué à semer la peur dans les relations hommes femmes : le Sida sera-t-il vaincu un jour ?

Sida, enfin l'espoir, c'est le dossier de Une du Parisien-Aujourd’hui en France ...

...à la veille de la journée mondiale contre le Sida. "On espère vaincre le virus d'ici à 15 ans", dit le professeur Delfraissy, directeur de l'Agence nationale de recherche contre le Sida. Des moyens très importants consacrés à ce sujet portent enfin leurs fruits. Et il fait un point très clair de l'état de la guerre.

« Nous avons maintenant les moyens de freiner l'épidémie. De nouvelles molécules permettent aux patients porteurs du VIH d'avoir une espérance de vie qui se rapproche de celle de la population générale. Mais ces traitements ont toujours des effets secondaires douloureux. Et pour l'instant, quand on arrête le traitement, la charge virale se remet à augmenter. »

Dans L'Humanité , le même professeur Delfraissy ajoute : « En dépit des rétroviraux, le virus persiste sous une forme cachée dans les cellules et recommence à se multiplier dès que les médicaments sont arrêtés. Un objectif réaliste serait d'induire un état de contrôle de l'infection qui permettrait de vivre sans médicament malgré la persistance d'infime trace du virus. Cela demande un investissement financier important. »

Nationaliser ou pas Mittal : bras de fer dans la presse

Editorialistes en fusion... Gaëtan de Capèle dans Le Figaro : nationaliser Florange ? « Désastre pour l'image de la France (…) Folie économique quand on n'a plus un euro vaillant en en caisse (…) leurre pour les Français que l'on entretient dans le mythe de l'Etat providence. »

« En France, en 2012, enchaine Nicolas Barré dans Les Echos , on envisage d'exproprier un industriel qui, pensant légitimement être protégé par notre état de droit, découvre un coupe-gorge. Où est, dans le cas de Florange, la nécessité publique qui, en droit, peut éventuellement justifier une nationalisation. »

Cette nécessité, Didier Louis la voit bien dans Le Courrier Picard . « Nationaliser, c'est cher et compliqué, mais l'acte n'a rien d'incongru s'il s'inscrit dans une transition pour assurer la survie ou la renaissance d'une activité clé. »

Sur slate.fr , Gilles Bridier rappelle le précédent Alstom et remonte même dans l'histoire politique et économique. « Le groupe français Sanofi Aventis, 6ème pharmacien mondial, n'existerait pas si Rhône Poulenc n'avait pas été provisoirement nationalisé (…) Les pays les mieux armés pour sortir de la crise sont ceux qui peuvent s'appuyer sur une activité industrielle. La sidérurgie est un élément de cette dimension stratégique. »

Nationaliser ou pas, décision demain. Quelles conséquences pour l'image de la France ? Difficile à quantifier. Le Figaro cite quelques articles de presse étrangère. On n'est jamais déçu par les Anglais. Daily Telegraph : « François Hollande montre son vrai visage, 30 ans après la dernière vague de nationalisation en Europe par François Mitterrand, au point culminant de la débâcle de l'ère du collectivisme. »

Retour sur les lieux d'un crime pour finir

Epouvantable agression. C'était il y a deux mois. Sofiane Tadbirt et Kevin Noubissi lynchés à Echirolles près de Grenoble. Pour Le Monde , Mario Van Renterghem est retourné sur les lieux. Crime raciste ? Non. Affaire de drogue ? Non plus. Rivalité entre bandes ? Pas davantage.

La journaliste a rencontré la maman de Kevin, qui est pédiatre dans le quartier. Son fils était d'un côté de la frontière qui sépare dans ce quartier ceux qui connaissent le monde du travail et ceux qui ne le connaissent pas. Lui le connaissait. Il allait intégrer l'Institut d'administration des entreprises.

De manière posée, sa maman dit ceci : « Si les victimes avaient été blanches, on aurait parlé de crime raciste et on n'aurait rien compris, car on n'en est plus là ici. La jalousie envers ceux qui réussissent est la seule réponse que je vois. J'en entends dans mon cabinet de bons élèves qui sont moqués, traités de longues asperges. Par mon métier j'observe ce sentiment confus ‘Je me suis accompli dans quelque chose qui ne l'élève pas. Vous si. Je vous envie et cette rage me fait mal, je la tourne en fierté, c'est ce qui me reste.’»

Deux mois après, ce drame a provoqué quelques petits changements dans le quartier des Granges à la Ville Neuve d'Echirolles. Ce sont les mères, les grands-mères du quartier et les responsables d'associations qui le disent : "Soudain, les jeunes, les vieux, tout le monde se parle et se dit bonjour"

A demain

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