Midi-Libre raconte une défaite des hommes, quand la mer reprend des plages de l’Hérault. Mediapart ajoute des coups de feu au Bois de Boulogne au débat sur les dérives policières. Libération expose les tentations d’un préfet. Mars Actu dit un adolescent chassé de son collège et poursuivi pour apologie du terrorisme.

On parle d'une boucherie...

La boucherie Blondel à Périers dans la Manche, que souvent  Ouest-France visite pour nous dire tout ne s'abime pas dans notre pays, la dernière fois je crois c'était il y  trois ans pour son entrée dans le Gault et Millau et ce matin, le revoilà Jean-François Blondel qui avec ses fils poursuit une oeuvre familiale, dans un village où jure-t-il on n'a jamais entendu parler des vegans, on est boucher chez les blondel à Périers depuis 1719, et la pérennité de ces artisans de bouche vient illustrer un dossier éthique autant que statistique, les entreprises familiales résistent mieux à la crise, elles seraient plus sages moins endettées et se soumettraient à des impératifs moraux... 

Et cette permanence nous soulage quand nos certitudes glissent tel le sable entre les doigts. 

Tiens justement le sable, il manque dans l'Herault où des plages s’effacent, reprises par la mer dont le niveau monte, rongées par l'érosion, et c'est une défaite des hommes que Midi Libre détaille. Il y a  cinquante ans, on avait transformé des villages de pêcheurs en stations balnéaires vouées au tourisme de masse, et pour protéger l'entreprise on a construit des digues, des brise-lames, des enrochements, on a déplacé du sable, un million de mètres cubes entre Carnon et la Grande-Motte… Mais la mer revient toujours, on dépense encore des millions pour protéger notre retraite, 55 millions entre Sète et Marseillan, où l'on a reculé la route de 100 mètres vers l'intérieur des terres et installé un atténuateur de houle... A Vendres, des propriétaires de camping attaquent l'etat en justice pour qu'il protège la plage... Sur quel front l'Etat n'est-il pas débordé...

Mars Actu jette le doute sur sa rigueur, à l'Etat, et sur nous peurs aussi, en racontant un collégien de 14 ans mis en examen pour apologie du terrorisme et chassé de son collège qu'il avait effrayé, affirmant qu'il connaissait le meurtrier du professeur Paty, et qu'il aurait fait comme lui; mais ce grand dadais afghan de plus près parle si mal français, pensait-il ce qu’il a dit, l’a-t-il seulement dit, on a peur et on doute.

Il n'en a pas fini, l'Etat, avec la désapprobation médiatique: l'éditorial du Figaro est titré « le grand délitement », il reproche au pouvoir d'être peuplé de « demi-habiles », impuissants face à l'insécurité mais s'en prenant aux braves gens. 

Dans la presse ce matin, je ne trouve qu'un homme pour défendre le pouvoir, Eric Le Boucher, mécontemporain chez l'Opinion, il affirme que la violence et la confusion naissent des casseurs, de la gauche et de l'extrême gauche, et mieux vaut le « démocrate Macron » qui « sert la constitution d'un régime présidentiel », que le « bolivarien Mélenchon », "adorateur" du régime vénézuelien... 

Une page plus loin, dans la même Opinion, le « bolivarien Mélenchon » est interrogé en majesté républicaine sur ses options en matière de défense nationale: il veut quitter l’Otan, rétablir la conscription, répliquer à la Turquie faire respecter notre souveraineté aussi dans l’espace! Est-ce un signal faible que cette interview de candidat dans un journal libéral? 

Mais nos aventures ne sont pas que de mots. 

Mediapart ajoute de nouvelles images à cette sensation de délitement, elles point mis du temps à nous arriver, depuis avril 2019, des images d'une caméra de surveillance au Bois de Boulogne. On voit une voiture qui s'arrête à un feu rouge et qui aussitôt est encerclée par trois autres voitures, d'où sortent des hommes armés, l'un d'eux tire quand la voiture encerclée recule et percute l'un des véhicules agresseurs. La balle s'est logée à quelques centimètres de la tête de Paul 22 ans, qui était en balade avec cinq copains, le plus jeune de 16 ans, il avait cru que des braqueurs les avaient agressés. Ce n'étaient pas des braqueurs mais des policiers qui se demandaient si par hasard les jeunes gens n'avaient pas dérobé un sac à main dont on leur avait parlé... Les policiers sont montés à l'assaut sans qu'on puisse les reconnaitre, sans brassard ni gyrophare, et le policier qui a tiré sans sommation est toujours sur le terrain. 

On parle aussi d'un préfet...

Le Préfet Gardère, dont Libération nous dit les cadeaux que lui proposa, lui fit un ancien légionnaire devenu chef d'entreprise, un voyage en Hongrie, un défilé Chanel (et les soldes privées alors, demandait le Préfet), des caisses de vin... Edifiantes histoires venues de 2015, le préfet Gardère était en charge du Conseil national des activités de sécurité privée, et l'ancien légionnaire Timor Vass avait besoin qu'on autorise ses employés à être armés, afin de récupérer le marché juteux de la sécurité de Charlie Hebdo…

Les tentations du Préfet donnent à l'avertissement du pape François (lu dans la Croix) une résonance universelle, il dit lFrançois à ses nouveaux cardinaux qu'il ne faut pas se fatiguer pour un peu d'argent, de renommée, de succès, toutes choses qui passent... 

Je me prends à espérer qu'on a entendu des chose aussi belles dans les messes qui se sont tenues hier.

A Bordeaux nous dit Sud-Ouest, des intégristes ont organisé leur cérémonie devant 200 fidèles en plein air devant le Museum d'histoire naturelle, la messe avait été déclarée comme une « manifestation revendicative", c'est assez juste: on y a prêché contre la séparation de l'Eglise et de l'Etat, et contre l'avortement. A Caudéran, plus sagement, pour respecter la jauge des 30 fidèles, on a servi dix messes dans la matinée. Le Figaro à sa Une se réjouit que le conseil d'Etat ait "infligé un camouflet au gouvernement", cela fait partie du délitement.

On parle enfin de cubisme...

Pour un bijou que le Figaro nous livre, comme chaque jour  je dois dire, le journal exhume de vieux textes de ses collaborateurs mythiques, il en eut, et donc ce matin Paul Claudel, qui en 1953, des cubistes, écrivait ceci: "Le cubiste, on voit seulement qu’il est en colère, qu’il souffre, qu’il se venge. Picasso, s’il en veut tellement à la figure humaine, s’il l’outrage avec des moyens qu’on ne peut comparer qu’aux blasphèmes d’un torturé, ce ne peut être que parce qu’il y voit l’image de Dieu. Quoi de plus sacré que le sacrilège?"

Il faut aimer les sacrilèges. Ce matin, le Parisien, site et papier, rend justice à un cinéaste fabriquant de comédies qui s'appelait Philippe Clair, qui vient de nous quitter, que la critique bouda mais il fit rire et tourner Annie Girardot, Aldo Maccione, les Charlots, et eut même sur son plateau Jerry Lewis, ses films ne sont pas réédités, un imbroglio juridique, c'est dommage, Philippe clair est le cinéaste préféré de Zidane pour une comédie intitulée « Plus beau que moi tu meurs ». Nous le disons chaque matin.

Pour un bijou que le Figaro nous livre, comme chaque jour dois-je dire, le journal exhume de vieux textes de ses collaborateurs mythiques, il en eut, et donc ce matin Paul Claudel, qui en 1953, des cubistes, écrivait ceci: "Le cubiste, on voit seulement qu’il est en colère, qu’il souffre, qu’il se venge. Picasso, s’il en veut tellement à la figure humaine, s’il l’outrage avec des moyens qu’on ne peut comparer qu’aux blasphèmes d’un torturé, ce ne peut être que parce qu’il y voit l’image de Dieu. Quoi de plus sacré que le sacrilège?"

Il faut aimer les sacrilèges. Ce matin, le Parisien, site et papier rend justice à un cinéaste fabriquant de comédies qui s'appelait Philippe Clair, qui vient de nous quitter, que la critique bouda mais il fit rire et tourner Annie Girardot Aldo Maccione, les Charlots, et eut même sur son plateau Jerry Lewis, ses films ne sont pas réédités, un imbroglio juridique, c'est dommage, Philippe clair est le cinéaste préféré de Zidane pour une comédie intitulée « Plus beau que moi tu meurs ». Nous le disons chaque matin.

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