(Alain Le Gouguec : "Revue de presse en noir et blanc, ce matin")... Je vous échange un baril de pétrole contre un ours qui lave plus blanc. Or noir contre or blanc : l'Alaska est un concentré des enjeux de la planète... Pour Le Monde, Laurence Caramel a enfilé sa doudoune et regarde l'Alaska de très près. Premier constat : réchauffement climatique. L'océan Arctique pourrait être libre de glaces à la fin de l'été d'ici à une trentaine d'années. Sale affaire pour l'ours blanc : c'est son garde-manger qui est en train de fondre. Car vous le savez peut-être : il est friand de graisse de phoque. Et le phoque, on ne peut l'attraper que sur la banquise. Dès que la glace fond, il est bien trop agile pour notre ami l'ours qui, il faut bien le dire, est un peu pataud. Alors le ministère américain des Affaires intérieures veut offrir un sanctuaire aux plantigrades : un immense territoire, l'équivalent d'une petite France. Il deviendrait le plus grand espace protégé pour une espèce. Seulement, le problème, c'est que le garde-manger est aussi une pompe à essence. Dans le sous-sol de l'Alaska, les compagnies pétrolières américaines ont bien trop à gagner pour laisser sanctuariser de si vastes espaces. L'ancienne starlette de la campagne électorale américaine, l'ancienne gouverneure de l'Alaska Sarah Palin, fait d'ailleurs tout pour empêcher l'inscription de l'ursus maritimus sur la liste des espèces en danger. Ours contre pétrole : la guerre ne fait que commencer, conclut Laurence Caramel. Le gouvernement américain se donne jusqu'au 30 juin prochain pour trancher. Mais quel est l'avenir du pétrole ? Dans ses pages économiques, Le Figaro nous apprend que la consommation mondiale de pétrole va baisser en 2009, pour la deuxième année d'affilée. C'est une première depuis 25 ans, et c'est largement l'effet de la crise. Et si l'or de demain était blanc et se cachait ailleurs en Amérique, au sud, sous le sel de Bolivie ? L'hebdomadaire Challenges raconte que, lors de sa mission sur la Lune, Neil Armstrong avait été frappé par une immensité scintillante sur la Terre, au niveau de la Cordillère des Andes... Ce n'est pas la neige : c'est le plus vaste désert de sel au monde. 12.500 km/carré, l'équivalent de l'Ile-de-France. Et sous la croûte blanche sommeillent d'immenses réserves de lithium. Le lithium, c'est le métal le plus léger au monde. Et on en a besoin pour fabriquer tout ce qui nous devient indispensable aujourd'hui : batteries d'ordinateur, de téléphone portable, et bientôt de voiture électrique. Challenges raconte comment les grandes compagnies minières du monde entier font la danse du ventre autour du bureau du Président bolivien Evo Morales. Mais celui-ci veut développer une filière industrielle contrôlée par l'Etat, avec des retombées économiques pour le pays. On verra s'il en a les moyens. En tout cas, les Indiens de l'Altiplano le soutiennent : on leur a raconté comment leurs ancêtres ont été spoliés de leurs mines d'argent par les conquistadores espagnols. Et puis, comme en Alaska, l'exploitation des richesses de Bolivie pourrait se faire au détriment de l'environnement. (ALG : "Du Grand Nord à la Cordillère des Andes, l'Amérique fait toujours saliver. Et l'Europe, fait-elle rêver ?") "L'Europe : quel numéro de téléphone ?", demandait Henry Kissinger... Pour Tony Blair, tapez 1. Pour Jean-Claude Juncker, tapez 2. Pour les autres, tapez "ex". Le Traité de Lisbonne n'est pas encore entré en vigueur, mais déjà la bataille pour le poste de président du Conseil Européen fait rage. Jean Quatremer résume les enjeux dans Libération... Qui aura le fauteuil ? Ca dépend de ce qu'on veut faire de ce poste. Un vrai président de l'Union, qui aurait un numéro de téléphone connu du monde entier ? Tony Blair a le profil. Problème, rappelle Quatremer : ni l'Allemagne, ni l'Autriche, ni le Benelux ne veulent en entendre parler. On lui reproche la guerre en Irak et les nombreuses dérogations au Traité de Lisbonne négociées par la Grande-Bretagne, en particulier la Charte des droits fondamentaux qui énonce les valeurs de l'Union. Jean-Claude Juncker alors ? Moins connu que Blair, mais il a le profil historique du dirigeant européen, une personnalité modérée venue du Benelux. Mais son étoile a singulièrement pâli au moment de la crise : Nicolas Sarkozy a du mal à lui pardonner son absence de réaction. Dès lors, des noms de compromis sont évoqués dans les couloirs : beaucoup d'ex-Premiers ministres ou Présidents, venus de Finlande, d'Irlande, de Belgique ou d'Espagne. C'est moins sexy, plus noir et blanc. Mais, pour le meilleur ou pour le pire, l'Europe avance comme ça depuis plus de 50 ans. Alors l'Europe fait-elle rêver ? Oui bien sûr : quand on habite Kaboul, Kirkouk ou Conakry, c'est un Eldorado. La politique d'immigration : voilà un grand défi lancé au futur président européen. La Croix nous apprend ce matin que les 27 envisagent de créer des charters européens pour expulser les clandestins. Des vols communs à deux ou trois pays se pratiquent déjà depuis plusieurs années. Mais là, il s'agirait de vols financés par l'Europe, et qui pourraient être réguliers. Dans une lettre commune, Nicolas Sarkozy et Silvio Berlusconi se sont prononcés pour. Le vice-président de la Commission Européenne Jacques Barrot est beaucoup plus réticent. Au passage, La Croix bat en brèche une idée reçue... Le nombre de clandestins interceptés aux portes de l'Union a baissé depuis le début de l'année : un peu plus de 50000 : -17% par rapport à 2008 sur la même période. C'est l'effet de la crise, qui réduit les chances de faire son trou en Europe, et qui réduit aussi la capacité des immigrants à financer le voyage. La politique d'immigration en question, en France aussi... Dans L'Humanité, vous trouverez le bilan annuel de la CIMADE, la seule association qui peut pénétrer dans les centres de rétention. Et le bilan décrit une "réalité sordide", selon L'Huma. Le climat se dégrade considérablement. Les tentatives de suicide et les grèves de la faim se multiplient. 30000 hommes et femmes passent dans ces 26 centres. Selon la CIMADE, c'est l'industrialisation de la rétention, corollaire de la politique du chiffre. Résultat : on enferme dans ces centres des femmes enceintes, des enfants et des personnes qui travaillent en France parfois depuis plus de vingt ans. (ALG : "D'autres informations glanées dans la presse")... Il y en a beaucoup ce matin : il faut que vous m'aidiez... (ALG : "Commençons par la presse régionale")... Une mise en garde, à la Une du Télégramme de Brest et de La Voix du Nord : attention aux compléments alimentaires... Ces gélules miracles promettent un ventre plat ou une meilleure mémoire. Mais, selon l'Agence de sécurité des aliments, 12,5% présenteraient des anomalies... Dans certains cas, les pilules peuvent être nocives. Les violences contre les enfants sont en hausse dans le département du Var... C'est à la Une de Var Matin. Vols, racket, agressions sexuelles : +10% par rapport à l'an dernier. Inquiétude pour d'autres raisons, à la Une de La Charente Libre : menace sur le Festival de la BD d'Angoulême... La mairie veut dépenser moins d'argent que les années précédentes. Elle a jusqu'à la fin janvier, date d'ouverture du Festival, pour trouver un accord avec les organisateurs. (ALG : "A la rubrique 'Mondialisation & Business'")... Dans la Chine communiste, une seconde place boursière ouvre aujourd'hui, à côté de celle de Shanghaï : c'est à Shenzhen, dans le sud. C'est un peu l'équivalent du NASDAQ : elle est réservée aux PME innovantes. C'est à lire dans Le Figaro. McDo va quitter l'Islande : conséquence directe de la crise, racontée dans L'Humanité... McDonald importait d'Allemagne tous les composants de ses hamburgers. Or, l'euro a augmenté de 80% par rapport à la couronne islandaise (vous vous souvenez que les banques islandaises se sont effondrées il y a un an). Le Big Mac coûte trop cher à fabriquer à Reykjavik. Les magasins fermeront dimanche. (ALG : "Enfin, à la rubrique 'Lunettes de soleil'")... Il faisait 28% sur la plage d'Arcachon hier, à 15 heures. Bikini et promenade dans l'eau, comme en plein mois d'août. Les photos de cet été indien sont dans Le Parisien-Aujourd'hui. A propos d'été... Le magazine Elle nous donne déjà les tendances du printemps-été 2010, dans un supplément cette semaine. Et là aussi, il faut des lunettes de soleil car les couleurs des vêtements sont particulièrement flashy. Retour au noir et blanc, pour finir... Il y a, dans le ventre de Paris, un cinglé magnifique. Il s'appelle Serge Bromberg. Il possède 110000 copies de vieux films, longs-métrages ou courts-métrages. Grâce à ce chasseur de pellicules, auquel L'Express rend hommage, on va enfin connaître l'histoire d'un film qui porte bien son nom : c'est "L'Enfer", d'Henri-Georges Clouzot, avec Romy Schneider... Clouzot a fait des essais pendant des mois. Il a tourné trois semaines de pellicule dans des conditions démentes, avant de laisser son oeuvre inachevée. Des dizaines de cinéphiles ont tenté de convaincre la veuve Clouzot d'exploiter ce trésor. Bromberg, lui, a réussi. Et l'histoire de ce succès est à l'image du personnage : un peu dingue. Au départ, comme tout le monde, il s'est fait renvoyer sur les roses. Mais après l'entretien avec Mme Clouzot, ils ont pris l'ascenseur ensemble et ils sont restés coincés pendant trois heures. La dame y a vu un signe. A la sortie, elle a donné son accord à Bromberg. Le documentaire sortira le 11 novembre. Serge Bromberg, inlassable chercheur d'or, estime que la moitié du patrimoine cinématographique est peut-être perdu à tout jamais. Pourquoi ? Parce qu'en 1936, un cadre des studios Universal avait détruit des négatifs de films muets, jugeant leur stockage trop cher. Et parce que les pellicules des films réalisés avant 1951 étaient extrêmement inflammables. Alors Bromberg sauve de l'enfer ce qui peut l'être. Ses mines d'or, elles sont parfois dans des paroisses : dans les années 30, beaucoup de films étaient offerts au curé du village pour ses ciné-clubs du jeudi. Dans L'Express, on apprend encore que, parmi les quelques centaines de collectionneurs de vieux films en France, il y a beaucoup de dentistes. Allez savoir pourquoi... En tout cas, des ciné-clubs paroissiaux à la banquise de l'Alaska, la ruée vers l'or occupe beaucoup de Charlot de la planète... Bonne journée...

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