Par Hélène Fily.

Jet lag

Vous êtes complètement à côtés de vos pompes ? En plein décalage horaire ? Jet lag complet ?

Une petite protéine devrait remettre tout ça en ordre. C'est la découverte d'une équipe de chercheur américain, à lire dans Le Figaro ce matin. On nous explique. L'horloge centrale de notre corps comporte quelque 20 000 neurones qui fonctionnent comme un engrenage, dans le cerveau. Chaque cellule a sa propre opinion sur l'heure qu'il est et il faut qu'elles se mettent d'accord. Ça peut déboussoler. Sauf que les chercheurs ont trouvé la molécule qui fait l'intermédiaire, la molécule VIP et qu'à certaines doses, elle permet de les désynchroniser, plus besoin de se mettre d'accord, et vous voilà plus serein. On reste loin du médicament miracle à transporter dans notre valise alors préférez encore voyager vers l'Ouest, nous dit Le Figaro.

Non, ce n'est pas un message destiné aux Bretons. Pas non plus à François Hollande. Et pourtant, déboussolé, c'est un peu comme ça que certains éditorialistes voient l'exécutif, après la suspension de l'écotaxe.

Demi-tour droite, ironise L'Humanité . Raymond Couraud renchérit dans L'Alsace : "le char de l'état fonctionne avec une boite de vitesse révolutionnaire, une marche avant, six marches arrière." De quoi donner le tournis. Ouest-France temporise. "Pour éviter la confrontation violente, il fallait avoir la sagesse de reculer."

Rétropédalage, recul ; des mots qu'on retrouve beaucoup dans vos journaux...

Parce que le constat reste le même. L'annonce faite par le Premier ministre hier n'a rien de rassurant.

"François Hollande promettait la France apaisée, nous aurons la France arrêtée", tranche Nicolas Beytout dans L'Opinion . "François Hollande prend son courage à demain" titre du Canard Enchainé . Et voilà qui précède cette analyse des Echos : "Cette retraite sera immanquablement suivie d'autres abandons". Jean-Francis Pécresse d'ailleurs l'espère, ajoutant "puisque le mal est fait, ce n'est pas seulement l'écotaxe qu'il convient de revoir mais toute la politique fiscale".

Et pourtant, le quotidien raconte l'histoire : l'écotaxe, un impôt maudit. "Mal conçue, complexe, coûteuse (...) elle cumulait trop de handicaps. Un seul exemple de la grande enquête de Claude Barjonet, le contrat signé entre l'état et la société Ecomouv' en 2011. Il ne faisait pas moins de 5 000 pages !

Alors que faire, la presse s'interroge. Premières questions lues à droite à gauche : Faut-il remanier ? Changer de Premier ministre ? Dissoudre ? "L'état dans lequel il est (François Hollande) lui impose de réfléchir à toutes les éventualités", attise Brice Hortefeux dans Le Figaro .

L'Elysée accusé d'enquêter, illégalement, sur la précédente majorité...

C'est Valeurs actuelles , à paraître demain, qui accuse. Il existerait selon l'hebdomadaire, une cellule officieuse. Le journaliste Geoffroy Lejeune qui signe l'article - parle même de cabinet noir à l'Elysée, qui aurait tenté de fouiller dans les archives de la présidence Sarkozy, outrepassant ses droits, qui aurait ordonné des recherches sur plusieurs personnalités assez proches de Nicolas Sarkozy, dont les protagonistes de l'affaire Tapie : l'homme d'affaires au premier chef, l'ancienne ministre de l'économie Christine Lagarde, son directeur de cabinet de l'époque.... Claude Guéant serait aussi sur la liste. Le magazine accuse la cellule d'avoir fait fuiter certains éléments à charge dans la presse. C'est l'ancien chef du service des télécommunications et de l'informatique qui balance, après avoir été mis au placard pour avoir refusé d'exécuter les ordres, dit-il. Et c'est le témoignage central de cette enquête. A lire en résumé sur le site internet de Valeurs actuelles, en intégralité demain.

Quel est le lien entre Frédéric Beigbeder, Eric Zemmour, Nicolas Bedos et Ivan Rioufol ?

La question est posée par Libération. La réponse dans le magazine Causeur du mois de novembre. Les quatre hommes "vont aux putes" comme ils disent, ou y sont allés, et si ce n'était pas le cas, car ils préfèrent rester vague, ils ont en tout cas signé le manifeste des 343 salauds. Une pétition qui proteste contre la proposition de loi pénalisant les clients de la prostitution, déposée mi-octobre. Pétition donc relayée par le magazine Causeur , souvent classé à droite, comme beaucoup des signataires du texte remarque d'ailleurs Libération . La directrice de la rédaction du magazine, Elisabeth Lévy entend défendre «le droit à la différence», «le droit de jouir» et… «la cause des hommes»......

Réponse dans Le Monde d'Anne Zelensky, la présidente de la Ligue du droit des femmes, elle qui avait avec d'autres signé le manifeste des 343 salopes, en 1971 pour le droit à l'avortement. "Quelle filiation peut-il bien avoir entre les deux manifestes ?", s'interroge-t-elle ! "Dans le premier cas, il s'agit de lever une oppression, dans le second de la reconduire".

Avec humour et pas seulement, Causette , le magazine féministe donne 55 raisons à ses messieurs de résister à la tentation.

  • Parce que le plus vieux métier du monde, c'est chasseur-cueilleur, pas prostituée. Essayer donc de demander "c'est combien" à un chasseur cueilleur.

  • Parce que 80 à 90% des prostituées en France sont étrangères, contre 20% dans les années 90 et que sans faire du Montebourg, ce n'est pas une bonne nouvelle.

  • Parce que 90% des violences contre les prostituées sont perpétrées par les clients.

Le ciel se dégage pour eux.

"Libres", un titre pour quatre visages en Une de la presse, Le Parisien/Aujourd'hui en France , Sud-Ouest , Ouest-France ...

Thierry Dol, Daniel Larribe, Pierre Legrand et Marc Féret ; quatre ex-otages qui sont ce matin en route vers la France. Trois ans et un peu plus d'un mois d'attente et de calvaire, depuis leur enlèvement le 16 septembre 2010 au Niger.

Libération affiche le "soulagement" à la Une, le regard fatigué de ces hommes libres. On n'en apprend pas beaucoup plus sur les conditions de leur libération dans la presse, pas plus que ce qu'ont vous dit sur Inter , dans les journaux et que le discours officiel "ni assaut, ni rançon". Restons donc pour l'instant, à cette belle journée pour eux et leurs familles, sans oublier, rappelle Fabrice Rousselot dans Libération . Sans oublier Philippe Verdon, exécuté par Aqmi au printemps dernier. Et tous les otages français, encore en captivité en Afrique et en Syrie.Ils sont encore sept.

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