Laetitia Gayet.

Liberté d'expression.

Raef Badawi a reçu hier, du Parlement européen le prix Sakharov pour la liberté d'expression. Le blogueur saoudien condamné pour insultes à 10 ans de prison et des coups de fouets dans son pays est primé pour l'exemple. C'est l'homme du jour pour LIBERATION ce matin.

LA CROIX salue le geste. Dans son édito Guillaume Goubert écrit ceci : "Nous vivons une période où les institutions européennes se distinguent trop souvent pour leur inefficacité face aux grand enjeux contemporains. Certes les relations internationales imposent le réalisme. Mais ça ne doit pas nous interdire de manifester notre refus d'une telle cruauté."

Liberté d'expression menacée en Turquie.

A deux jours des élections législatives, Marie Jégo du MONDE raconte les médias turcs. Hier, les éditions de deux journaux ont été censurées. Mercredi, deux télévisions d'oppositions ont cessé d'émettre. Elles sont accusées de propagande. Les locaux ont été évacués par la police à coups de gaz lacrymogène et de canons à eaux. Toute la journée journalistes, militants d'oppositions et députés ont lutté au corps-à-corps pour empêcher la police d'entrer. Les violences envers les manifestants étaient incensées écrit Marie Jégo.

Le phénomène n'est pas nouveau. Déjà en septembre, Hürriyet... avait l'objet d'une centaine de militants nationalistes relève L'OBS.

Après 25 minutes de déchaînements, les forces de l'ordre sont intervenues.

La différence un mois et demi après, c'est que ce sont les forces de l'ordre qui ont attaqué les médias critiques du pouvoir.

C'est la preuve s'il en fallait une selon LA CROIX, que la Turquie est désunie. L'ancien doyen de la faculté économique d'économie d'Antalya accuse aujourd'hui, Receip Tayip Erdogan, le président turc, d'islamiser la société. Une étudiante abonde : "L'AKP exerce une réelle pression sur la société. Il est de plus en plus difficiile pour une femme de rentrer tard le soir. On vous fait sentir que ce n'est pas bien."

Pierre Barbancey de L'HUMA dresse le même constat. Il s'est rendu dans le Kurdistan de Turquie, à Kavakli, village de montagne. Dans l'arrondissement de Servi qui a longtemps été acquis à la cause d'Erdogan... les langues peinent à se délier. Un responsable d'un parti d'opposition l'avoue : "il n'est pas bon de voter autre chose qu'AKP. Lors des dépouillements électoraux, nos bulletins sont déchirés."

Liberté atomisée à Palmyre.

A l'heure où les grandes puissances s'apprêtent à discuter de l'avenir de la Syrie à Vienne, ce regard d'un historien sur la cité antique en partie détruite par le groupe Etat islamique, à travers son livre. Celui de Paul Veygne : "Palmyre, l'irremplaçable trésor."

LE MONDE en fait sa Une. Selon l'écrivain Mathias Enard, il n'y a pas de chant funèbre plus juste et plus noble que celui de Paul Veygne. Une phrase pour s'en convaincre : "Ne connaître et ne vouloir connaître qu'une seule culture, la sienne, c'est se condamner à vivre sous un éteignoir."

Et pourtant la riposte s'organise pour que Palmyre reste éternelle selon le mensuel SCIENCES HUMAINES. Des scientifiques ont lancé un ambitieux programme dont le but ultime est de créer une réplique des sites détruits grâce à l'impression 3D. On peut se poser la question de l'utilité d'une telle reconstitution écrit Vincent Capdepuy. D'un point de vue scientifique, ça a peu d'intérêt de voir s'ériger une Palmyre en béton. Elle pourrait même endommager les fondations archéologiques du site. En fait quand bien même on disposerait un jour d'une technologie suffisante, le risque est de voir transformer ce genre de site en parc d'attraction. Conclusion, pour voir Palmyre, il faudra peut-être aller demain, aux Etats Unis.

Liberté d'expression de la culture, vue du Front National.

On pourrait reprendre les mots de Paul Veygne sur la vision unique de la culture avec cette enquête du magazine M du MONDE. La culture vue du Front, se situe entre la dénonciation d'artistes dérangés et signe d'ouverture. Illustration en région PACA en pleine campagne pour les régionales. Il y a Marion Maréchal-Le Pen. Elle n'aime pas les esprits dérangés de ceux qui se pâment devant une oeuvre d'art contemporaine. "Dix bobos qui font semblant de s'émerveiller devant deux points rouges sur une toile, tout ça parce que le marché de l'art a décrété que c'était un artiste de valeur, ce n'est pas ma conception d'une politique culturelle de ce nom. L'oeuvre d'art doit plaire aux moins instruits d'entre nous."

Il y a Stéphane Ravier, sénateur FN, 46 ans. Marion écoute beaucoup de rap dit-il. Je trouve que c'est un dégueulis de haine envers la police, les femmes et la France. Lui adore les concerts de hard-rock. C'est un fan d'AC-DC. Question de la journaliste de M. Mais ce groupe australo-britannique n'est pas représentatif du patrimoine et de l'identité qu'il cherche à promouvoir ? Non j'avoue, répond l'intéressé qui condamne l'art dégénéré et qui veut promouvoir la culture provençale s'il est un jour élu maire de Marseille.

Sous l'étiquette Europe-Ecologie les Verts - Front de gauche dans le Vaucluse, Emmanuel Serafini, le directeur du centre de développement chorégraphique des Hivernales d'Avignon avoue de son côté avoir été pris de court par un conseiller municipal FN d'Avignon. Lors des délibérations sur la collection Lambert, un temple de la modernité de l'art contemporaine, je pensais naïvement qu'il serait critique. Et bien pas du tout. Il a insisté pour dire que c'était une chance inouïe pour l'Etat d'avoir un tel musée.

La ligne culturelle vue par les anciens du FN était claire, avant.

Aujourd'hui, les nouveaux frontistes sont imprévisibles.

Liberté d'expression sur l'économie vue des politiques de gauche.

Emmanuel Macron dans LES ECHOS à propos de Carlos Ghosn et sa vision stratégique pour Renault et Nissan ?

Carlos Ghosn est PDG du groupe, pas actionnaire.

La liberté des politiques sur la création d'une nouvelle chaîne d'info en continu du service publique ?

L'OPINION dénonce des manoeuvres politiques du gouvernement pour concevoir un contre-pouvoir à BFM-TV, trop à droite.

La liberté de René Dosière, député PS sur les dépenses de l'Etat.

A lire sur son blog ce matin et toujours dans L'OPINION. Il y a un effort indéniable qui a été fait. Mais côté rémunération, il vaut mieux travailler au cabinet du ministère des Anciens combattants ou de la Famille. Plus 30% en moyenne en 2015.

Et enfin, liberté de parents ?

Après avoir passé en revue la presse, la culture et la politique, pourrait-on enfin éduquer nos enfants comme on veut ?

Non ! Il paraît d'après LE POINT qu'il faut qu'on se rééduque avant même d'éduquer nos progénitures. Témoins les livres et les blogs qui déferlent sur le sujet. Il existe même des ateliers de formations.

Violaine de Montclos du POINT en a testé un. Finis les mots autoritaires, il faut de l'éducation positive sinon c'est du dressage.

Car d'après Freud, l'enfant est un pervers polymorphe qui nous manipule. Donc, on ne dit pas à un enfant ne cours pas autour de la piscine. Mais cours sur la pelouse et marche autour de la piscine. On n'en veut pas à son adolescent de ne pas étendre ses affaires mouillées après le sport. Son cerveau n'est pas encore apte à analyser l'importance de l'information. On ne dit pas tu es maladroit. On dit je suis trisque que ce vase ait été cassé. Mouis...

Dans cet atelier, un couple a appliqué à la lettre les préceptes.

Résultat, il apparaît crevé. L'autre soir, Félix ne voulait pas manger ses tomates. Ça m'a pris un temps fou de lui dire t'as l'air en colère etc... Qu'il lui dise de manger ses tomates et que ça saute répond la journaliste du POINT. Non mais, qui c'est qui commande à la maison ?

A ce moment précis, 12 paires d'yeux l'ont fusillé du regard.

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