"J'ai faim", crie Lou le p'tit loup... "Mais ce n'est pas l'heure de manger"... "J'suis fatigué", grogne Lou le p'tit Loup... "Mais ce n'est pas l'heure de dormir"... "J'veux un câlin", murmure Lou le p'tit loup... "Ca tombe bien : avec Maman, c'est toujours l'heure des câlins"... A lire dans Tralalire, le magazine des 3-5 ans... Pas simple, la vie d'un p'tit loup... On ne mange pas quand on veut... On ne dort pas quand on veut... Mais on a des câlins quand on veut... Et ça, c'est bien, les câlins... N'est-ce pas, Laurent Wauquiez : c'est important, les câlins... (...) Des câlins, on en aurait tellement besoin pour se remettre de la lecture de la presse, ce matin... "Le Parlement rejette le plan de sauvetage", titre le Financial Times... "Plan de sauvetage rejeté", titre également le Süddeutsche Zeitung... "Un échec historique qui oblige à une nouvelle course pour résoudre la crise", précise le Wall Street Journal... Le sujet est à la Une de toute la presse internationale... et donc, une nouvelle fois, à la Une de la presse française... "La finance au bord du gouffre", affirme Les Echos... "Les Bourses s'effondrent", confirme Le Figaro... Tandis que Libération résume : "Crise financière : ça s'affole"... Et ça s'affole notamment en Europe, comme le met en avant Nord-Eclair : "La crise à nos portes"... "La crise touche aussi la France", titre, plus pessimiste encore, Sud-Ouest... Tonalité très pessimiste aussi dans les éditoriaux... "Au feu !", s'alarme Patrick Fluckiger dans L'Alsace... "Il y a de quoi faire des cauchemars", abonde Hervé Chabaud dans L'Union... Même esprit pour Philippe Waucampt, dans Le Républicain Lorrain : "L'affect et l'irrationnel ont pris le dessus, écrit-il... Aujourd'hui, tout peut arriver, en commençant par le pire"... Je vous le disais, Nicolas : tonalité très pessimiste... Alors pourquoi ne pas en profiter pour aller voir plus loin ?... Non pas seulement dans les ressorts de la finance mondiale... Non pas seulement non plus dans les coulisses des places de marchés... Non... Aller voir plus loin et questionner le sens de ce mot essentiel dans la crise financière : le sens du mot "argent"... Je ne dis pas que ça rend plus joyeux... Mais au moins, ça fait réfléchir... Et c'est l'objet du dossier que propose ce mois-ci Philosophie Magazine : "L'argent, totem ou tabou ?"... "Longtemps caché, stigmatisé par Socrate, Aristote ou la chrétienté, l'argent est consacré par la modernité, qui fait de l'appât du gain le moteur de la vie sociale... Reste à savoir si sa prétention à fixer la valeur de tous les biens n'est pas démesurée", se demande Martin Legros, en évoquant "la valse des valeurs" à laquelle on a assisté... Pour nous autres modernes, aujourd'hui, c'est connu : même le temps, c'est de l'argent... Sous la plume du philosophe Michel Eltchaninoff, vous lirez que, de l'Antiquité au XXème siècle en passant par la Renaissance, la spéculation conceptuelle et la spéculation financière ont connu une évolution parallèle... Sous la plume de Daniel Adjerad, vous lirez qu'on définit quatre grands types de rapport à l'argent... Cela s'appelle "Les pathologies de la possession"... Laurent Wauquiez, vous nous direz dans quelle catégorie vous vous situez... - Si vous surveillez les dépenses de votre conjoint et que, lors d'un repas entre amis, vous ne payez que ce que vous avez consommé et refusez de partager l'addition, vous n'êtes pas loin de l'avarice... - Si vous ne pouvez pas ressortir d'une boutique sans vous être offert quelque chose, vous voilà dans la prodigalité... - Si vous affichez votre montre ou votre chevalière sous prétexte qu'elles coûtent très cher, vous êtes plutôt du genre cynique... - En revanche, si vous avez fait le choix de vivre très chichement pour retrouver le temps de vivre, votre rapport à l'argent est proche de l'ascétisme... Alors, Laurent Wauquiez : avare ?... prodigue ?... ascète ?... cynique ?... Un petit mélange des quatre ?... Ou bien alors rien de tout ça ?... (...) "Appelons-le Albert... Il ne protestera pas : c'est un manchot... royal, donc orné d'une tache orange à l'arrière de la tête... Il niche sur l'île de la Possession, en plein coeur de l'Océan Antarctique... Mais un beau matin d'avril, Albert a disparu... Comme tous les ans à la même époque, il a laissé sur l'île son poussin de 12 kilos, qu'il nourrissait jusque-là de ses prises de pêche... Alors où est donc passé Papa Albert, et quand reviendra-t-il ?"... C'est Sylvestre Huet qui raconte, dans Libération... "Suivez cette bête"... une enquête sur les vertus de la balise Argos, et sur les activités de la société CLS, à Toulouse... "CLS" comme "Collecte Localisation Satellites", sorte de Big Brother qui peut suivre à la fois la navigation d'un pétrolier, la vitesse et la température d'un courant, mais aussi donc les déplacements des animaux... C'est ainsi que Papa Albert a été repéré à 1.800 kilomètres de son gros poussin... Il était, nous dit-on, en train de se goinfrer... Et les hommes ?... Jusqu'où faut-il aller avec la surveillance des hommes ?... C'est la question que pose Agnès Leclair, cette fois dans Le Figaro : "La géolocalisation, ce nouveau fil à la patte qui rassure"... "Bracelet électronique pour les détenus et pour les nouveau-nés... dispositif GPS pour les personnes âgées qui risqueraient de se perdre... L'avènement d'une société Big Brother se jouerait aujourd'hui", constate ma consoeur... qui pointe aussi le succès grandissant des systèmes permettant de pister tel ou tel à travers son portable... un système utilisé de plus en plus dans le cercle familial... Des parents l'utilisent pour pister leurs rejetons... Des Juliette l'utilisent aussi pour pister leur Roméo... Et tout cela inquiète la CNIL, la Commission nationale de l'Informatique et des Libertés... la CNIL dont le président rendra un rapport sur le sujet l'an prochain... Il s'inquiète précisément de la multiplication des techniques de traçage des personnes, développées par des sociétés privées... Mais il y a un marché... marché juteux : au moins 120 millions d'euros par an... Peut-être même cinq fois plus... L'argent, toujours, l'argent... Le même visage, dans France-Soir et Le Parisien-Aujourd'hui en France... portrait de Gulbuddin Hekmatyar, celui qui a revendiqué l'embuscade qui a coûté la vie à 10 soldats français en Afghanistan... "Un islamiste radical, considéré comme l'un des chefs de guerre les plus sanguinaires", nous dit France-Soir... "Il est l'homme qui défie les militaires français, nous dit Le Parisien... Dans Le Dauphine Libéré, une information inquiétante... "Un canapé source d'allergie"... Il y a quinze jours, c'étaient des fauteuils qui donnaient de l'eczéma... On ne serait donc plus en sécurité nulle part... même pas dans son salon... Après l'étonnement, et après les critiques, plusieurs dossiers sur la nouvelle Ségolène Royal, qui s'est illustrée samedi dernier au Zénith de Paris... "Nouveau jeu de jambes... Nouvelle méthode de discours... Langage des mains"... Libération analyse sa reconversion... Tandis que La Croix s'interroge : "Invente-t-elle une nouvelle façon de faire de la politique ?"... Dans Les Echos, je vous conseille, par ailleurs, la lecture du papier d'Elsa Freyssenet... l'histoire de la détestation entre Aubry et Royal... "Les racines du fiel"... Vous apprendrez que Martine et Ségolène se sont toujours détestées... et que Ségolène a toujours considéré que Martine la prenait pour la dernière des nouilles... Enfin, lui, il ne se prend pas pour une nouille... Bien au contraire, il se rêve (on le sait, il le dit) un destin présidentiel... Portrait de Jean-François Copé dans Libé... En raison de la reprise de la session ordinaire à l'Assemblée, le patron des députés UMP fait aujourd'hui sa rentrée... Et Nathalie Raulin nous explique de quelle manière il a su s'imposer comme l'une des figures incontournables de la majorité... Copé (on le sait, il le dit) qui est aussi connu pour, à ses heures perdues, jouer du piano électrique... Et là, Laurent Wauquiez, ça m'a fait penser au petit cadeau offert par Tralalire... vous savez : Tralalire, l'histoire de Lou le p'tit Loup qui voulait son câlin... Le cadeau, c'est un xylophone... Il ne sonne pas très juste, mais il est très beau... Et puis, c'est bien connu, la musique adoucit les moeurs... Alors on ne sait jamais : elle peut peut-être aussi adoucir les effets de la crise...

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