Nicolas Sarkozy est-il en train de changer les valeurs de la droite ? "Vous n'aimez pas les flics et vous traitez les jeunes comme des assistés"... D'habitude, c'est un double reproche fait à la gauche. Eh bien, ce matin, il est adressé à Nicolas Sarkozy. Les flics d'abord, et la politique de sécurité... Les mauvais chiffres de la délinquance ont constitué une première alerte il y a quelques semaines. Il y a eu le double meurtre de Saint-Ouen le week-end dernier. Nouvelle affaire ce matin dans Libération : le lycée René-Cassin de Gonesse. Depuis le 2 septembre, une douzaine d'agressions ont été commises à proximité du lycée, et c'est un établissement en état de siège, écrit Thomas Hofnung. 16h20. Les élèves ne vont pas tarder à sortir. Trois CRS en faction devant la grille. D'autres petits groupes de policiers surveillent les accès. Sur le parking, des parents plaisantent à moitié : "Tu montes la garde ?". Un quart d'heure plus tard, tout le monde aura vidé les lieux : pas question de s'attarder, malgré le beau soleil de septembre. Douze agressions depuis le début du mois... Ce sont des petits cons, des petits caïds, qui veulent peut-être impressionner les filles. Ils tapent avant même de piquer le téléphone portable. Deux ados ont été déférés au tribunal de Pontoise, une vingtaine d'autres convoqués au commissariat de Gonesse. Parmi les assaillants, il y aurait des collégiens. "Des ados descolarisés et totalement inconscients", dit le maire socialiste de la ville, Jean-Pierre Blazy. "D'ici quelques jours, les renforts policiers vont partir. Nous resterons avec nos problèmes. Derrière le discours sécuritaire de l'Etat, on assiste dans les faits à son désengagement". Gonesse est dans le Val-d'Oise. Le Monde ajoute : "Une polémique sur les effectifs policiers en Seine-Saint-Denis". Le sujet est devenu tabou, écrit Isabelle Mandraud. Car c'est une conséquence de la réduction du nombre de fonctionnaires. La révision générale des politiques publiques devrait se traduire par la réduction de plus de 4.000 policiers au plan national. Alors c'est vrai : la Seine-Saint-Denis est l'un des départements les mieux lotis de France en nombre de policiers. Mais si l'on ramène le chiffre au nombre d'affaires qu'il y a à traiter, ça change tout. Deux fois plus d'atteintes à l'intégrité physique dans le 9-3 que dans les Hauts-de-Seine, et pourtant le nombre de fonctionnaires est à peine supérieur. Jusque-là, Nicolas Sarkozy avait la cote dans le milieu de la police. En revanche, depuis le début de sa carrière, il a un problème avec la jeunesse. C'est Bruno Dive qui parle, dans Sud-Ouest. Il analyse les enjeux politiques du Plan Jeunes présenté hier. Vous trouverez ce matin, dans la presse, beaucoup d'analyses sur le RSA appliqué aux moins de 25 ans. On en a largement parlé sur France Inter également. Bruno Dive s'intéresse à une autre mesure. Le contexte politique d'abord. Voici ce qu'écrit l'éditorialiste... "Nicolas Sarkozy est structurellement déficitaire parmi les moins de 35 ans. Il surveille les mouvements de jeunesse comme le lait sur le feu. Il avait, l'an dernier, retiré la casserole de la réforme des lycées, qui va d'ailleurs bientôt revenir. Et le voilà qui met du beurre dans les épinards des 16-25 ans. Lui, qui promettait la rupture, serait-il en train de généraliser l'assistanat ? Certains, à droite, lui en font déjà le procès d'intention". Mais la révolution que tente d'instiller le Président de la République se trouve surtout dans cette dotation d'autonomie, dont il a annoncé hier l'expérimentation. La voilà, l'autre mesure : "Donner de l'argent directement aux jeunes, plutôt qu'à leurs familles via les allocations ou le quotient familial. C'est un changement de société. Question : est-ce à l'Etat de jouer les pères ou les mères de famille et de donner directement leur argent de poche aux enfants et aux adolescents ?". L'Humanité s'intéresse à un autre sujet, qui concerne lui aussi les jeunes : la réforme du Bac Pro : 3 ans et non plus 4 pour le préparer depuis la rentrée. Cette réforme laisse des dizaines de milliers d'élèves sur le carreau, selon L'Huma. Les plus en difficulté ne suivent pas, et certains ne trouvent même plus de place au lycée. Nicolas Sarkozy est-il en train de changer le logiciel de la droite ? Dans Libération, portrait de la nouvelle recrue, au titre de l'ouverture : l'ancien ministre de la Santé Claude Evin, nommé directeur de l'Agence régionale de santé de l'Ile-de-France. Et puis, dernier petit signe : la droite, c'est en principe la maîtrise des comptes. Or, à quelques heures de la présentation du budget 2010, le quotidien Les Echos claque des dents : ce budget, c'est le pari de la croissance, mais au prix d'un déficit considérable. Et changement de cap également, Bruno, dans les relations avec l'Allemagne... Bernard Guetta est parti fumer sa cigarette : profitons-en pour parler de lui et de son analyse dans Libération, ce matin. Angela Merkel et Nicolas Sarkozy travaillent discrètement, depuis plusieurs mois, à un projet de relance du couple franco-allemand. Il en disait un mot ici même lundi. Et cette relance serait très ambitieuse. La Chancelière et le Président envisagent d'organiser une convergence durable des politiques française et allemande. Le symbole pourrait en être la participation de représentants de chacun des deux gouvernements aux réunions de l'autre. Il y aurait en projet des politiques industrielles communes et l'objectif de parler d'une seule voix, en Europe et sur la scène internationale. Alors quand ? Eh bien, tout dépend du résultat du référendum sur le Traité de Lisbonne vendredi en Irlande. Si l'Irlande dit "oui", Sarkozy et Merkel pourraient attendre le printemps pour dévoiler leur plan. Si c'est "non", ils pourraient passer à l'action dès novembre, pour les vingt ans de la chute du Mur de Berlin. La Françallemagne et la Chine dans la presse ce matin, Bruno... Ce sera, demain, les 60 ans de la Chine de Mao. Le sujet est déjà à la Une de La Croix, pour qui les Chinois ont tourné la page du communisme, sans renier la figure de Mao. Et le modèle économique chinois, mélange de capitalisme et d'autoritarisme, continue de dérouter. Dans La Tribune, longue enquête de Tristan de Bourbon et Marine Relinger sur "le poker menteur dans le rail chinois". Dans les années à venir, Pékin va investir au moins 200 milliards d'euros pour développer son réseau de trains à grande vitesse. Vous imaginez qu'un tel marché fait couler des litres de salive. Les mieux placés aujourd'hui sont l'allemand Siemens et le canadien Bombardier. La question-clé, c'est évidemment le transfert de technologies associé au contrat : secret-défense. Mais en janvier dernier, toujours dans La Tribune, le patron de la branche Transports d'Alstom avait balancé : "Cette question du transfert de technologies limite l'intérêt" du marché chinois. Derrière l'argument, il y a peut-être l'amertume de ne pas être bien placé sur le marché. La RATP n'a pas de telles réticences : elle se verrait bien exploiter les réseaux de métro qui, eux aussi, vont prospérer comme mille fleurs dans les années à venir. En 2015, il y aura plus de lignes de métro en Chine que dans tout le reste du monde. La RATP, associée à Veolia, avance déjà ses pions : elle acquiert les réseaux de bus là où, plus tard, roulera le métro. En tout cas, le "made in China" n'est pas toujours fiable. Nouvelle révélation de La Provence ce matin. La semaine dernière, le quotidien parlait de ces vannes chinoises défectueuses sur les sites pétrochimiques de toute la France. Elles sont défectueuses aussi sur le chantier de l'hôpital Nord à Marseille. 2000 ont dû être remplacées : elles ne résistent pas à l'eau glacée ou à l'eau très chaude. Au mois d'août, une inondation dans une partie du rez-de-chaussée de l'hôpital a sonné le glas des vannes chinoises. Alors, ce matin, La Provence ne se contente pas de balancer des vannes chinoises. Elle parle aussi de football. Real Madrid-Olympique de Marseille ce soir, en Ligue des Champions... Le dessinateur de L'Equipe, Chenez, mélange la Chine et le foot lui aussi. Vous vous souvenez de l'image de ce militant, un sac plastique dans chaque main, dressé face aux chars sur la place Tian An Men... Eh bien, ce matin, le militant est remplacé par un tout petit Didier Deschamps, deux valises aux couleurs de l'OM à la main. Face à lui, se dresse une immense Rolls-Royce aux couleurs du Real Madrid. Mais l'entraîneur de Marseille n'a pas peur : "Vous ne passerez pas". Au volant de la Rolls, il pourrait y avoir le joueur le plus talentueux et tête à claque en Europe : Cristiano Ronaldo. Guy Roger décrit le phénomène dans L'Equipe : "Il est payé plus de 1000 € de l'heure. Chacune de ses jambes est assurée pour 800 millions. 12 gardes du corps veillent jour et nuit sur sa vie de superstar. Un sorcier a même écrit au Real Madrid pour menacer de jeter un sort au joueur portugais". Le sorcier, ce soir, il sera en tribune. La Provence rappelle que Real-OM sera le dernier match d'une des figures du football à Marseille, le Roger Couderc du Stade Vélodrome, un cousin de France Inter : le commentateur de France Bleu Provence, Avi Assouly. Il prendra sa retraite au coup de sifflet final. Alors, les gamins, pour fêter dignement la retraite de Papy Assouly, faites-nous plaisir : mettez une bonne fessée à Ronaldo...

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