L’assassinat d’un homme à Cargèse mobilise en Corse contre les mafias, Corse-Matin, Corse net info, le Parisien. Eric Le Boucher, Bossuet fâché, libéral excédé, fustige le deuil de Jacques Chirac comme un mensonge français, l’Opinion, Slate. La vie et les chants des soeurs Goadec reviennent dans le magazine "Bretons".

On parle de mafias ce matin...

Et  on parle de crimes juste à côté de nous, soudain, on ne peut plus les  rater comme à Marseille, raconte Libération  où dans un tramway sur la Canebière, au début du mois, un homme a sorti un couteau pour se précipiter sur un autre, "il a un couteau putain", criait une dame à une maman dont la poussette l'empêchait de se sauver... On a vu pire il y a  un an quand cinquante personnes ont attaqué un centre pour réfugiés avec couteaux et machettes. Voilà les Bérets Bleus, confrérie mafieuse venue du Nigéria, ils rackettent leurs compatriotes demandeurs d'asiles qu'ils ont aidé à venir et qu'ils forcent à vendre de la drogue: la Cosa nostra, la mafia sicilienne aurait déjà confié des marchés de l'héroïne aux nigérians, leur demandant simplement de ne pas porter d'armes à feu, d'où les couteaux, logique... C'est donc chez nous aussi, dit Libération mais la France serait passive car la police ne saurait pas entendre les  migrants qui se rebellent. Témoignage d'un avocat, Me Gioia, qui assiste les nigérians rackettés. «J'ai assisté à une scène hallucinante, où une victime ensanglantée avec, dans sa main, la drogue qu’elle ne voulait pas vendre, est entrée dans le commissariat et s’est retrouvée face à un policier qui a refusé de prendre sa déposition.»

On parle de mafia aussi en Corse, où un jeune homme est mort le 12 septembre dernier en allant ouvrir sa paillotte à Cargese, mort sans doute d'avoir refusé de subir les truands, il s'appelait Maxime Susini, Massimu disent ses amis qui se réunissaient hier, 800 personnes à l'université de Corte. C'est dans le Figaro, dans le Parisien,  évidemment dans Corse martin et Corse net info. « Massimu a été assassiné par la mafia, il se savait lui-même menacé, il s'est opposé physiquement à une bande de dealers rattachés à une autre bande qui sévit à Ajaccio : pour autant il n'était pas armé, il refusait de vivre comme un voyou ! ». Maxime Orsoni était proche des mouvements nationalistes, et sa mort provoque une tempête politique dans l'ile. Le président de l'exécutif corse Gilles Simeoni a envoyé un message : "Seule la démocratie peut sauver la Corse de cette spirale infernale, mais hier on citait Gandhi! "Là où il n'y a le choix qu'entre la lâcheté et la violence, je vous conseillerai la violence".  

On parle d'un homme de mauvaise humeur!

Qui regarde son pays porter le deuil de Jacques Chirac avec le sentiment d'un "mensonge national", ainsi Eric Le Boucher, titre sa chronique dans l'opinion, il ne supporte plus ces « concerts de guimauve » sur l'homme Chirac sympa, français bouffeur blagueur dragueur. Jacques Chirac a incarnéFrance d'inculture économique, et il aurait été par son absence de réformes le plus mauvais président de la Ve... Vendredi, dans Slate, notre Bossuet faché avait accusé Jacques Chirac d'avoir fait du mal à la France et à l'Europe, il s'en excusait auprès de sa famille... Le week-end n'a donc pas apaisé un libéral excédé, et l'opinion, est sur sa ligne: en pleurant Chirac, « nous nous apitoyons sur nos ambitions perdues ».

Est-ce malvenu, ou est il  bon que des gens qui pensent sans se soumettre. Le philosophe Frederic Worms s'étonne dans Libération du nouveau mot-clé des révoltes, le "ça suffit" planétaire que lui-même partage, qu'on entend sur le climat, sur Hong-Kong ou sur un fêtard noyé à nantes, et dans ce "sa suffit", Worms voit un besoin de règles et de justice.

Des règles donc. Oui on en manque. Le Républicain lorrain raconte ces soldats qui désertent, séduits par des campagnes de pub et qui ne supportent plus l'angoisse de l'opération Sentinelle. Paris-Normandie met sur le gril le patron de l'usine Lubrizol qui a brulé jeudi dont la fumée noire fait douter la Normandie. Dans Ouest France, en Normandie encore, dans le Calvados, vous lisez une histoire de campagne. Des sangliers hybrides, croisés de cochons asiatiques, se sont sauvés d'un élevage clandestin et illégal, et ravagent les cultures, le terrain appartient à un société de chasse qui jure que ce sont les blaireaux les coupables. Tiens à propos de porc dans le Figaro, une chroniqueuse, Eugénie Bastié, se réjouit de la victoire en justice du premier  homme français qui avait été désigné comme un porc, car cette victoire serait celle de l'Etat de droit contre les condamnations sans jugement des réseaux sociaux... Sur le féminisme, tout peut se débattre et l'Est Eclair nous rappelle en exhumant un vieux fait divers que dans les années 70, on prenait en pitié l'homme impuissant trompé qui poignardait sa femme et sa fille... Mais sur les réseaux sociaux, chacun la suivra, il rendent idiot. Dans le Parisien, je lis qu'un monsieur dont  je tairai le nom, président des amis du Palais de Tokyo, ce fleuron de l'art moderne et contemporain, s'est énervé sur Facebook contre la jeune Greta Thunberg, jusqu'à écrire ceci: « J'espère qu'un désaxé va l'abattre ». Le Palais de Tokyo cherche un nouveau président pour ses amis.

Et on termine avec des tulipes de paix...

Mais qui ont été un sujet de disputes, les Tulipes géantes qui vont enfin orner un jardin public parisien, elles ont été inventées par Jeff Koons, dont les oeuvres coutent un bras, pour partager notre deuil après les attentats de 2015... L'histoire est dans le Monde et dans le Figaro où j'entends Jeff Koons jurer que l'argent n'est pas son sujet, juste l'art. Je vois dans la Voix du Nord des vieilles montres sublimes, et notamment un bijou, genevois de 1640, signée d'un ancêtre de Jean-Jacques Rousseau, une montre en forme de croix qu'on portait autour du cou pour contourner l'interdit des bijoux qu'avaient décrété des protestants rigoristes.  Dans le magazine Bretons, on me parle de trois femmes qui il y a un demi siècle chantaient en robe noire et collerettes et bonnets blancs brodés, elles étaient les soeurs Goadec qui avaient appris l'art du chant par leur maman couturière car les couturières chantaient pour ne pas perdre le fil...  Elles furent des vedettes de la scène folk et apprirent à Alan Stivell ce qu’il devait savoir... J'ai retrouvé leur voix.

(Mes excuses les plus absolues aux auditeurs de France-inter pour avoir écorché les prénoms de Greta Thunberg et Jeff Koons.)

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