C'est une première en France... On la doit au "Point", qui a réussi l'exploit... Le mot n'est pas trop fort, on le verra... Qui a réussi donc l'exploit d'établir le classement des lycées et collèges les plus dangereux. Il se trouve que la violence dans les collèges est l'un des secrets les mieux gardés de l'Etat... La preuve : il aura fallu un an et demi de travail à l'hebdomadaire pour récolter les chiffres... D'abord, en janvier 2005, le ministère de l'Education refusait de communiquer les renseignements de sa base de données SIGNA, qui recense les chiffres de la violence... Sur le thème "cachez-moi ces chiffres que je ne saurais voir"... Alors "Le Point" a saisi la Commission d'accès aux documents administratifs, et a dû déposer un recours devant la Justice, qui a donné raison à l'hebdomadaire le 29 juin dernier... Estimant que la base SIGNA est bien un document public, que chaque citoyen peut consulter... Cinq semaines plus tard, l'Education nationale rendait les armes, et les 2 millions de données informatiques de la base arrivaient à la rédaction du "Point" par mail. Donc, on apprend que 285 événements qualifiés de "graves" sont survenus durant la seule année scolaire 2005-2006... Ce qui fait 8 en moyenne par semaine... La palme, si je puis dire, allant en la matière au collège Condorcet de Nîmes. Ce qu'on appelle "faits graves", ce sont les violences physiques sans armes, les jets de pierres ou autres projectiles, les violences à caractère sexuel, les insultes ou menaces graves, et les dommages au matériel, véhicules et locaux... Quelquefois incendies... Toute cette panoplie, le lycée Condorcet de Nîmes y a eu droit. On a même retrouvé des armes sur trois élèves. Ainsi, "Le Point" publie-t-il la carte de France des collèges et lycées à problèmes ou dangereux... C'est tout simple : il suffit de scruter cette carte, où l'on trouvera le nom des lycées concernés, la ville où ils sont situés, et pour chacun de ces établissements, le nombre de faits graves recensés durant la dernière année scolaire... Un travail de bénédictin. Et puis cet éclairage d'Eric Debarbieux, président de l'Observatoire international de la violence à l'école, qui nous explique que le phénomène est une préoccupation au niveau mondial, mais que chaque pays a ses particularités... Et dans l'ensemble, la France reste assez stable... Par endroits, la violence peut même diminuer... Mais nous assistons, depuis une dizaine d'années, à un durcissement de cette violence. Les auteurs agissent maintenant en groupe contre leurs victimes, élèves ou professeurs... Nous sommes face à une délinquance identificatrice, territoriale, et ouvertement anti-scolaire... Alors les élèves s'attaquent à d'autres élèves, aux enseignants, mais aussi aux locaux, aux pompiers, aux médecins ou aux transports publics. Les leçons à tirer de tout cela, explique Eric Debarbieux, c'est que de cette violence, les élèves sont certes les principaux auteurs, mais aussi les premières victimes. Voilà pour le bilan... Notons que les écoles privées n'échappent pas au fléau... Même s'il n'existe pas de statistiques officielles pour ce secteur, l'actualité révèle au fil des jours que de prestigieux établissements confessionnels, y compris ruraux, ont leur lot de bizutages tournant mal et d'agressions... En revanche, les actes très graves sont rares... La faible implantation du privé dans les quartiers difficiles explique en partie ce calme relatif. L'enseignement privé justement... "Le Figaro" nous apprend, en cette rentrée, qu'il connaît toujours autant de succès... Qu'il est même victime de son succès... Puisque l'enseignement catholique doit refuser 25.000 demandes pour cette rentrée... Un phénomène qui se répète depuis cinq ans. "Le Figaro" revient aussi, dans son dossier "Education", sur une circulaire ministérielle qui renforce la participation des familles à l'école... Et là, il s'agit de toute l'école... Pour la première fois, commente le ministre de l'Education, les 7 millions de familles qui confient leurs enfants à nos établissements sont juridiquement reconnues. Avec une mesure par exemple qui, mine de rien, peut changer la donne : les réunions avec les profs vont être enfin organisées à des heures compatibles avec les contraintes horaires des parents. Pour autant, certains ne craignent pas de nager à contre-courant, comme cette institutrice qui témoigne dans "Le Figaro", et qui n'a qu'un rêve, elle : que les parents ne franchissent plus la grille de l'école. "Je ne supporte plus leur présence, dit-elle... Ils sont exigeants, nous demandent d'être médecins, psychologues, nourrices, orthophonistes... Et si vous saviez comme ils sont mal élevés, les parents !... Ils ont un avis sur tout... De toute façon, les parents que nous rencontrons, ce sont toujours ceux des élèves qui n'ont pas de problèmes... Alors arrêtons la démagogie". Et c'est aussi un sujet sur l'éducation qui fait la Une de "L'Express" cette semaine, à quelques jours de la rentrée scolaire. Sous le titre : "Profs : le gâchis français", l'hebdomadaire recense ce qu'il appelle "les 7 plaies de l'Education nationale"... A savoir : des profs mal préparés... Des débutants qu'on envoie au feu dans les collèges difficiles... Une gestion du personnel complètement dépassée... L'ancienneté qui pèse plus lourd que la compétence... Des syndicats qui entravent toute réforme... Le temps de travail qui reste un sujet tabou... Et la méfiance qui règne entre les enseignants et les parents... On vient de le voir. Faire reculer ce chiffre noir, qui plombe aussi bien la vie politique que le moral des ménages... Faire reculer le chômage... A chaque Présidentielle son mot d'ordre... Quand ce n'est pas la sécurité, c'est l'emploi... Ou les deux... Mais depuis 81, la lutte contre le chômage est un puissant leitmotiv... Et il se trouve qu'aujourd'hui, à 8 mois de la Présidentielle, il y a éclaircie... Mais attention, écrit Olivier Picard dans "Les Dernières Nouvelles d'Alsace" : trop longtemps, sous des majorités différentes, la France s'est contentée de ces périodes d'optimisme qui, bien souvent, l'ont exonérée d'une indispensable remise en question. Effectivement, rappelle de son côté Patrick Fluckiger dans "L'Alsace", le précédent recul significatif, et sur une longue durée, du chômage s'était produit sous le gouvernement Jospin... Alors le Premier ministre et son ministre des Finances se sont montrés prolixes et dithyrambiques pour vanter leur action... C'est justement ce précédent qui incite à la prudence, parce qu'après l'embellie, les nuages sont revenus. D'où la question, qui se pose à chaque éclaircie : "Est-ce que ça va durer ?"... Cette question, c'est "Le Parisien" qui la pose, avec ce titre : "La France peut-elle gagner la bataille de l'emploi ?"... En tout cas, pour Jean-Louis Borloo, la bataille est gagnable... Le chiffre à atteindre, c'est moins de 8%... Passer sous la fameuse barre des 8... "Eh bien, nous sommes sur la bonne voie, estime Christian de Boissieu, président du Conseil d'analyse économique... On peut penser que l'objectif sera atteint dès l'an prochain", dit-il au journal "Le Parisien"... "Non, répond l'économiste Patrick Artus : on ne descendra pas en dessous des 8 et demi. Pour l'instant, l'environnement est porteur, ajoute-t-il... Or, avec le tour de vis budgétaire que prévoit Angela Merkel en Allemagne, les choses risquent de se compliquer". Bref : attention, fragile ! "Le Parisien" en profite pour publier une courbe du chômage de 1973 jusqu'à aujourd'hui... Il en profite surtout pour nous rappeler ce qu'ils disaient à l'époque, les Présidents et Premiers ministres qui, tous, ont tenté de lutter pour l'emploi. Retenons par exemple la déclaration de Georges Pompidou qui, en 67, donc un an avant 68, affirmait que "si un jour on atteignait les 500.000 chômeurs en France, ce serait la révolution"... Ironie de l'Histoire : le chômage s'est emballé, mais la révolution, elle, n'a pas eu lieu. Alors, pour faire reculer le chômage, il y a donc cette mesure décidée par Dominique de Villepin : suppression des charges sur le SMIC des très petites entreprises... Les entreprises justement, et plus précisément leurs patrons ont vécu quelques jours plutôt heureux en université d'été... Comme l'explique "Les Echos" : "le MEDEF savoure le défilé des politiques"... Et son écho dans l'actualité... C'est que les patrons veulent convaincre qu'ils ont changé pour mieux peser sur les échéances de 2007... "Cette réunion des patrons prend même des allures de psychanalyse", écrit Guillaume Delacroix... Ce qu'avoue d'ailleurs le président du MEDEF-Picardie, Jean-Jacques Blangy, qui parle de "gros désir de reconnaissance". C'est aussi votre sentiment, Charles Beigbeder ?... La Présidentielle, avec un sondage, à propos duquel on pourrait se poser aussi la question : "Est-ce que ça va durer ?". Là, ce n'est plus une éclaircie... Non : le ciel se couvre... Voilà que pour la première fois, Ségolène Royal baisse dans un sondage... Une forte baisse. Dans cette enquête CSA pour "Le Parisien" et i-Télé, elle passe de 54% de personnes favorables à ce qu'elle soit désignée par le PS pour la Présidentielle... A 47%. Un recul de 7 points, qui est d'autant plus intéressant à analyser que ce sondage a été réalisé après l'université d'été des socialistes... Ce que "Le Parisien" appelle "le contrecoup de La Rochelle". Son refus de tout débat, les questions posées par ses détracteurs : "Où est-elle ?... Dedans ?... Dehors ?"... Tout cela commence à peser, estime "Le Parisien"... Alors que, dans le même temps, la cote de Lionel Jospin remonte... 1 point seulement, mais suffisamment peut-être pour inquiéter Ségolène Royal et ses partisans. Là-dessus, l'analyse de Michel Rocard est intéressante, parce qu'en son temps, il y a eu aussi le "TSR"... "Tout sauf Rocard"... Comme si la popularité dans les sondages était un handicap au PS... Ce à quoi Michel Rocard ajoute "qu'en France, tous ceux qui sont partis trop tôt se sont plantés... D'ailleurs, les militants n'ont pas envie de se laisser dicter leur choix par l'opinion... Cela dit, ils ne sont pas idiots : ils préfèrent gagner que perdre"... Comme quoi, selon l'ancien Premier ministre, "rien n'est joué au PS". D'où ce dessin publié dans "Le Parisien", où l'on voit Ségolène scruter une courbe de sondage, et dire à Lionel Jospin : "Si près du but... Les larmes me montent aux yeux, moi aussi". Dominique de Villepin, lui, semble retrouver des couleurs... Nul ne sait s'il sera candidat... Mais dans "L'Express", il donne son sentiment sur la Présidentielle en général... D'abord étonné de "cette ébullition de pré-pré-campagne", pour reprendre son expression... "Et de toute façon, rappelle le Premier ministre, la cristallisation du choix ne s'opère que dans les dernières semaines". "Et votre rôle à vous, ce sera quoi, d'ici au printemps 2007 ?", demande "L'Express"... "Mon rôle, répond Dominique de Villepin, c'est d'éviter un nouveau choc comme celui du 21 avril". Et puisque nous parlons de la Présidentielle, sachez que pour l'instant, les choses tournent un peu mal pour Arlette Laguiller, en termes de parrainages... Elle s'inquiète tellement qu'elle a envoyé une lettre à Olivier Besancenot... Où elle se dit prête à voter pour lui... Ce qui est déjà en soi un événement, au regard des relations un peu sado-maso qu'entretiennent les deux formations trotskistes... En tout cas, Arlette Laguiller, c'est clair, écarte un quelconque soutien à José Bové ou Marie-Georges Buffet, au cas où l'un des deux prendrait la tête d'une candidature unitaire anti-libérale. Motif : pour Arlette Laguiller, ils ne sont pas suffisamment anti-capitalistes. Voilà. Je voudrais juste vous dire, pour terminer, qu'afin de contrôler l'envahissante population de kangourous en Australie, Canberra envisage, pour la première fois, d'utiliser un contraceptif oral. Ca peut faire sourire, mais je vous signale qu'il en va du sort de centaines de kangourous, qu'il faudrait sinon abattre... Et ça, c'est sérieux. Bonne journée. A demain.

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