Bonjour, Une fois n'est pas coutume, la meilleure caricature du jour ne concerne pas Nicolas Sarkozy. Non, c'est François Hollande, percé de flèches qui est à la page 2 de Libération. François Hollande dessiné par Willem en Saint Sébastien, nu et dodu. C'est le symbole de l'Université d'été du Parti socialiste qui se réunit à partir d'aujourd'hui à La Rochelle. Un PS divisé et traumatisé par la défaite, nous dit Libération. Il y a de "gros travaux à prévoir", et La Rochelle est le port de l'angoisse socialiste avec des éléphants qui sont restés à quai. Hier déjà, dans Le Monde daté d'aujourd'hui, Plantu s'en était donné à cœur joie. "C'est quoi déjà, ce petit groupe avec la petite fleur ?" demande Rocard. "Ah, je l'ai su", dit Jack Lang en se grattant la tête. "Faut demander à Sarko", conclut Strauss-Kahn. Les éditorialistes vont de la "traversée du désert" dans Le Télégramme de Brest à la "panne" dans La Montagne, en passant par le "trou noir" dans La Croix, jusqu'au "coma dépassé" du Midi Libre. Et pourtant, se souvient Renaud Dely dans Libération, il fut un temps où La Rochelle prenait des allures de festival de Cannes de la gauche. L'année dernière encore, ceux qui rêvaient de porter la casaque rose à la présidentielle s'y bousculaient... pour une cérémonie si intense qu'elle avait arraché des larmes à Lionel Jospin. C'est dire, s'exclame Renaud Dely. Cette année, changement de décor, la dernière mode socialiste consiste à snober cette grande messe. Bizarre, écrit Dely. Bizarre tous ces hiérarques qui clament "rénovation" et affichent leur dédain pour ce parti moribond qui devrait être l'objet de toutes les attentions. L'éditorialiste de Libé relève que Ségolène Royal va quasiment se retrouver en tête à tête avec son ancien compagnon. Libération a recueilli des réactions de militants, dont celle-ci : "à gauche, à part se bouffer le nez, ils n'ont plus grand chose à faire". Dans La Croix, c'est Dominique Gerbaud qui s'interroge : Le PS du bas contre celui du haut, qui va l'emporter ? On ne le saura pas à La Rochelle, mais au congrès de 2008. En attendant, le PS devra mettre ses idées au clair. Et d'abord celle-ci : qu'est-ce que le socialisme en 2007 dans une économie de marché ? s'interroge l'éditorialiste de La Croix. Est-ce le Smic à 1.500 euros et les 35 heures ? Est-ce une nouvelle forme d'autogestion ou un nouveau partage des richesses ? C’est d'abord sur son programme qu'on attend le PS. Sous la plume de Daniel Ruiz, La Montagne, si j'ose dire, est d'accord avec La Croix. "Une chose est sure, écrit Daniel Ruiz, c'est que la rénovation du Parti socialiste ne partira pas de La Rochelle. D’ailleurs, le débat de fond n'aura pas lieu. A la place, on sacrifiera aux commentaires sur des bouquins, aux petites vacheries entre amis. Et à Rocard, la dernière conquête de Sarko". Mais, remarque Daniel Ruiz, il y a malgré tout un début de changement à La Rochelle. Et c'est justement que les éléphants ne seront pas là, à part ceux qui viendront vendre leur bouquin assassin. Eh oui, dit Hubert Coudurier, dans Le Télégramme, réglant leur compte par livres interposés, les socialistes ont donc laissé les clés du parti à son premier secrétaire, François Hollande, si souvent critiqué mais toujours fidèle au poste. "En attendant, le PS déprime, le PS ressasse, le PS lèche ses plaies" insiste Michel Richard dans Le Midi Libre. Le PS se regarde dans le miroir brisé de ses échecs successifs. Nicolas Sarkozy, son vainqueur, est donc seul sur la scène sans personne pour lui donner la réplique. Comme le remarque encore Hubert Coudurier, du Télégramme, 76% des ouvriers approuvent la politique du chef de l'Etat, comme si son populisme sophistiqué était désormais le seul à les faire rêver. Les ouvriers ne sont pas les seuls. 4.000 patrons debout qui applaudissent à tout rompre. On peut dire que Nicolas Sarkozy a fait un tabac hier devant le Medef. Constatation signée Francis Lachat dans Le Courrier Picard. Un ton volontariste, des déclarations d'intention fortes, tout y était pour satisfaire des patrons habitués depuis longtemps à être les vilains petits canards de la classe politique. "Sarkozy taille patron", c'est l'excellent titre de La Voix du Nord. Jacques Guillon dans La Charente Libre, dit même que Sarkozy lui a fait penser à "deux illustres disparus... Martin Luther King et le général de Gaulle", pas moins. Le pasteur noir américain psalmodiait : "j'ai fait un rêve". "Sur le même ton incantatoire et vibrant, Sarkozy a son tour, fait un vœu : que la nation toute entière soit derrière ses entreprises". Et pour le général de Gaulle, Jacques Guillon choisit le fameux "Je vous ai compris" lancé du haut du balcon du gouvernement général d'Alger. Jacques Guillon file avec humour la comparaison. Hier "Laurence Parisot n'a pas boudé son plaisir : pour avoir été comprise, la patronne des patrons l'a été au-delà de ce que jamais dirigeant patronal l'a jamais été". "Sarkozy Docteur Rupture" comme l'appelle Jacques Guillon. D'ailleurs tous les éditorialistes font le même constat. "Il a prononcé un discours à base de volontarisme et de promesses de rupture", dit par exemple Pierre Taribo dans L'Est Républicain. On prend acte de l'engagement mais on attend les mesures. Car reprend Francis Lachat dans Le Courrier Picard, "il n'y a rien de bien concret". Mais pour le président, l'essentiel était ailleurs. Il avait surtout besoin de renouer le contact avec les chefs d'entreprise. De leur donner confiance, de les persuader qu'il est à leurs côtés. Seulement voilà, comme le note Patrick Jankielewicz dans La Voix du Nord, pour que l'équipe de France retrouve sa place dans la compétition mondiale, le président entraineur ne peut pas se contenter de rester sur la touche en criant : Allez-y, si vous me suivez, on va gagner. "Guy Roux a essayé, ça ne marche pas". Encore faut-il expliquer comment on va faire pour remporter la partie. "Il faut se mettre au tableau noir, dit l'éditorialiste de la Voix du Nord, et expliquer dans le détail, les tactiques, les stratégies, les objectifs et les moyens qu'on se donne pour les atteindre". Eh oui, c'est "le fond qui manque le plus" constate Jean-Pierre Bedeï, dans la Dépêche du Midi. On a eu droit à des incantations, la montagne a accouché d'une souris. En cette rentrée, Sarkozy se retrouve au zénith sur le plan politique, mais dans la seringue dans le secteur économique. Finie l'époque des promesses et de l'état de grâce. Le président entre de plein pied dans la réalité. Il y a fort à parier que le verbe qu'il sait manier ne suffira pas à colmater les brèches. "Sarkozy a les mains vides", constate Libération. En revanche L'Humanité retrouve un ton à la Georges Marchais pour fustiger une violente charge antisociale. "Une offensive antisociale d'une rare violence," dit Michel Guillou. L'éditorialiste de L'Huma parle même de "sauvagerie des forces libérales". L'Université d'été du Medef relève l'ampleur du chantier de démolition sociale. Un hymne à la liberté des patrons. La riposte et la recherche d'autres voies à gauche auront lieu à la Fête de l'Humanité. Comme le dit encore Marie-George Buffet dans L'Huma. Face à la droite, nous ne voulons pas d'une gauche soumise. On termine par le dixième anniversaire de la mort de la princesse Diana. Le Figaro Magazine en profite pour publier l'album des jours heureux de la princesse de Galles. Le Parisien persiste à parler du "mystère Diana", alors qu'il n'y a guère que la Fiat Uno blanche qui n'ait pas été identifiée. Et Gilles Debernardi dans Le Dauphiné constate que le 13ème pilier du pont de l'Alma n'était pas celui de la sagesse. Le 13ème pilier du souterrain contre lequel la Mercedes pilotée par le chauffeur du Ritz s'est écrasée le 31 août 1997. Gilles Debernardi se souvient de l'immense émotion qui avait soulevé le royaume. La Grande-Bretagne d'ordinaire si réservée sombrait dans une débauche de larmes, de fleurs et de couronnes. "Le public, sondages à l'appui considérait son décès comme le principal événement anglais du 20ème siècle... devant la victoire de 1945". Et l'éditorialiste du Dauphiné s'exclame : "Au secours Winston, ils sont devenus fous ! "Nous regardons en arrière en nous demandant ce qui nous est arrivé" écrit aujourd'hui l'éditorialiste du Guardian". "Diana, reprend Gilles Debernardi, n'était pas une sainte, juste une jeune femme malheureuse et pétrie de contradictions. Sachant cela, enfin débarrassé du fanatisme idiot, on peut commencer à l'aimer. Mais ce n'est pas obligatoire".

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