Patrick Cohen : Retour aux fondations... Bruno Duvic : Le 5 août dernier, 700.000 tonnes de roche se sont effondrées dans la mine de San-Jose, au Chili. Depuis, 33 mineurs survivent sous l'œil d'une caméra qu'on a glissée jusqu'à eux. "La foi des trente-trois"... Dans Le Monde, Jean-Pierre Langellier raconte longuement leur histoire. Tout passe par des tubes de 12cm de diamètre (les seuls capables de se glisser dans les entrailles de la terre) : l'eau, la nourriture, des chaussettes en fil de cuivre anti bactérie, des tubes fluorescents pour recréer la lumière du jour, des onguents, des crèmes. Menace sanitaire la plus sérieuse : l'humidité... 95% à 700m sous terre. L'humidité et les idées noires. Dans les tubes, on a encore fait passer des lecteurs MP3, des jeux de dés, des jeux vidéo, des films.Tout est sélectionné par des psychologues. 300 personnes sont mobilisées pour les opérations de secours. Près de dix par mineur. Au-delà des détails sidérants de cette histoire, ce qu'elle nous montre, ce sont des hommes qu'on ne voit jamais en direct au journal de 20H. Des mineurs du bout du monde, avec des corps torse nu, transpirants... des corps qui souffrent, qui ont maigri, des regards intenses, des voix qui chantent l'hymne national. Le sauvetage, s'il réussit, prendra de longues semaines. Alors, Mario, Franklin, Viktor et les autres s'organisent. Il y a celui qui fait les prises de sang, celui qui tient le journal de bord, l'évangéliste pratiquant qui joue les conseillers spirituels. Le toubib s'appelle Johnny, nous dit Jean-Pierre Langellier. A 700m en-dessous, il garde les pieds sur terre. Dans un message, il a demandé à sa femme de vérifier que la compagnie minière continuait bien à verser son salaire. Patrick Cohen : Retour aux fondations... Retour aux vieilles méthodes... Bruno Duvic : Patrick, je ne sais pas si pour vous mater, vos parents vous avaient envoyé en pension quand vous étiez adolescent... L'internat... Jusqu'à récemment, il avait une image "tradi-réac", un côté "vipère au poing" et confiture "Bonne maman". Eh bien, rentrée après rentrée, son retour en grâce se confirme. "Vive la pension !" s'exclame même ce matin Le Parisien. Dans le public, dans le privé, on ne parvient pas à satisfaire la demande. Onze nouveaux internats d'excellence vont bientôt ouvrir pour des élèves issus de milieux défavorisés. On y voit un moyen de leur offrir de meilleures conditions de travail. Le succès de l'internat, nous dit encore Le Parisien, est du à la multiplication des familles monoparentales, à un besoin d'autorité et à des influences plus anecdotiques : certains gamins voudraient vivre comme Harry Potter. L'internat, bon ou mauvais pour les ados ? Le Parisien pose la question à un psy. Réponse : pourquoi pas, mais après 13-14 ans, notamment quand les relations avec les parents deviennent compliquées. A l'internat, ils réalisent qu'il y a des adultes au moins aussi casse-pieds que leurs parents. Quand ils rentrent le week-end, ils sont contents de retrouver « môman » ! Patrick Cohen : Suite de la Revue de Presse... à la recherche de fondations et de stabilité... Bruno Duvic : Eh oui, car "le gouvernement en ce moment, c'est un peu le radeau de la Méduse", écrit Jacques Camus, dans La République du Centre. Entre ceux qui en font des tonnes sur la sécurité, ceux qui ont des états d'âme, ceux qui anticipent le remaniement... ça tangue. Alors dans ce contexte, les mots de François Fillon, hier sur France Inter, suscitent beaucoup de commentaires. "Ecoutez la différence" écrit Bruno Théveny dans Le Journal de la Haute-Marne, clin d'œil au slogan de France Inter. "Chacun a sa sensibilité et sa façon de faire les choses" a déclaré le premier ministre hier dans ce studio. "Mieux que tout autre, commente Daniel Ruiz dans La Montagne, il mesure que le courant de crédibilité qui le porte vient de l'effet de contraste avec le président". "Il veut retrouver de la mesure à droite" ajoute Arnaud Parmentier dans Le Monde. C'est "le pôle de solidité de l'exécutif, la force tranquille" pour Patrick Fluckiger dans L'Alsace. "Gardien quasi présidentiel d'une application sereine de la loi" écrit Michel Urvoy dans Ouest-France. N'en jetez plus sur la veste à col Mao ! Dans ce concert de louanges, seul Rémi Godeau dans L'Est-Républicain, montre du scepticisme. "Dans le capharnaüm qu'est le gouvernement avant le remaniement, le sursitaire Fillon, écrit Godeau, aura bien du mal à recadrer ses ministres". François Fillon se démarque du président. Jean-François Copé prend le chemin contraire. Ce matin, dans Le Parisien, il dit n'avoir aucun état d'âme avec le tournant sécuritaire du gouvernement, et avoir été étonné par les mots du premier ministre, hier sur France Inter. Encore une interview, celle d'Eric Woerth dans Le Figaro... Comme hier, dans Le Parisien, en pleine affaire Bettencourt, il se dit serein, parle de rumeurs et de calomnies, se présente comme un bouc-émissaire et dit qu'il se sent très bien au Ministère du Travail où il a encore beaucoup de projets à porter. Patrick Cohen : Quoi d'autres dans la presse Bruno ? Bruno Duvic : Gérard Collomb jette les fondations pour un nouveau mandat à la Mairie de Lyon. Dans Le Progrès ce matin, il annonce déjà qu'il sera candidat en 2014. Les fondations fragiles de l'économie américaine... Sur "slate.fr", Jacques Attali dit redouter une nouvelle crise de l'immobilier. En ce mois d'août, le Trésor américain a cessé de soutenir le secteur au nom de la lutte contre les déficits. Les fondations d'un Etat dans La Croix... Suite de la très bonne série "Vivre en Palestine", dont je parlais hier. Vous verrez comment un service public, comme la Poste, prend une importance symbolique et politique dans le contexte que l'on connait. Les colis venus de l'étranger passent encore par la censure israélienne, mais l'Autorité palestinienne a désormais son propre code postal. Avant, pour écrire en Palestine, il fallait mettre "via Israël". Une histoire d'époque dans Libération... Sur Air France, les passagers adultes seront désormais interdits dans les rangées où s'installent les enfants non accompagnés. La compagnie veut se prémunir d'accusations d'attouchements sexuels. Et puis, le joli titre de Sud-Ouest pour rendre hommage à Alain Corneau mort hier à 67 ans : "Tous les chagrins du monde". Patrick Cohen : Le chagrin aux Pays-Bas pour finir... Bruno Duvic : Les fondations, ce sont aussi des racines... Le 21 août, à Amsterdam, l'arbre d'Anne Frank est tombé. Arbre de vie, c'était l'un des rares signes de beauté qu'Anne Frank pouvait apercevoir depuis sa cachette... Cela faisait des années qu'il était fragile, une vilaine rafale aura eu raison de lui. Comment remplir ce vide laissé par le marronnier d'Anne Frank et qui en rappelle d'autres ? Certains proposent de replanter des boutures ailleurs dans la ville, de planter un clone ou de créer un espace vert dédié à la petite Anne. Les 27 tonnes de bois ont été débités et conservés dans un endroit gardé secret. Déjà, des rapaces ont mis en vente de prétendues reliques sur le web. Si Anne Frank continue son journal, là où elle est, voici un titre possible pour ce triste chapitre : "Les racines du ciel".

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