(Patrick Cohen)

Dans la presse ce matin : au cœur de la révolte syrienne...

(Bruno Duvic)

Le championnat de foot a été annulé cette année en Syrie. 13.000 arrestations depuis le début de la révolte, les prisons officielles ne suffisent plus. Alors le régime a réquisitionné les stades.

Les stades de Syrie, et ses hôpitaux. On se dit qu'ils ne doivent pas désemplir eux non plus. Mais les manifestants ont peur de s'y faire soigner. C'est infesté de sbires de Bachar-el-Assad. Certains patients ont carrément été tabassés sur leur lit.

Pourtant, des blessés, il y en a et de plus en plus. C'est la nouvelle stratégie du régime : blesser plutôt que tuer. Toucher aux genoux, par exemple, car après on ne peut pas redescendre dans la rue. Et puis les blessés, on en parle moins dans la presse internationale.

Ces histoires ont été recueillies par Georges Malbrunot, envoyé spécial du Figaro à Damas. A lire son reportage ce matin, on mesure l'extraordinaire courage de ces révolutionnaires qui continuent malgré tout à descendre dans la rue.

Courage de Yassine et Amjad, par exemple, deux cadres de la révolte. Ils racontent une barbarie à glacer le sang, écrit Malbrunot, qui en a vu d'autres. Mais ils continuent le combat : "il n'y a plus de compromis possible avec ce régime"...

(Patrick Cohen)

En Libye, on cherche toujours le colonel Kadhafi...

(Bruno Duvic)

A-t-il fui en Algérie, comme une partie de sa famille ?

"La fuite de la famille Kadhafi ravive les tensions entre Alger et Tripoli" titre Le Monde . L'Algérie est plus embarrassée que jamais par la rébellion libyenne, écrit le quotidien algérien Al-Watan .

Où est Kadhafi ? Dans les rues de Tripoli, on ne traque pas que le colonel, à en croire L'Humanité . On pratique aussi la chasse aux noirs, systématiquement présentés comme des partisans de l'ancien régime. Les règlements de comptes de toutes sortes prennent une dimension toujours plus préoccupante, écrit l'Huma.

Où est Kadhafi ? Charlie Hebdo a le fin mot de l'histoire. Il s'est déguisé pour circuler incognito dans son pays. Il se balade en chemise blanche ouverte à la BHL.

(Patrick Cohen)

Chemise blanche... et robe noire dans la presse...

(Bruno Duvic)

Dans l'éditorial de Libération , Vincent Giret parle d'"un coup de tonnerre sans précédent dans l'histoire de la République".

Une juge au sommet de l'institution judiciaire met gravement en cause un président en exercice.

On a parlé dans les journaux de France Inter ce matin...

Cette juge, c'est Isabelle Prévost-Desprez, vice présidente du Tribunal correctionnel de Nanterre, en charge un temps d'une partie de l'affaire Bettencourt, transféré depuis à Bordeaux.

L'un des volets de l'affaire, ce sont des soupçons de financement illégaux de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007.

Dans un livre publié demain, Isabelle Prévost-Desprez livre une précision :

L’infirmière de Liliane Bettencourt a confié à ma greffière, après son audition : "J'ai vu des remises d'espèces à Sarkozy mais je ne pouvais pas le dire sur procès verbal".

La juge a donc choisi de parler elle-même, en dehors de toute procédure. Son entourage s'attend à des poursuites disciplinaires.

(Patrick Cohen)

Le livre dans lequel elle fait ces révélations, s'appelle "Sarko m'a tuer".

Deux journalistes du Monde , Gérard Davet et Fabrice Lhomme, ancien de Mediapart , ont recueilli les témoignages d'hommes et femmes qui disent avoir été brisés par le chef de l'Etat. Des politiques, des hauts fonctionnaires et des citoyens lambda tout à coup emporté dans un tourbillon mediatico-politique.

C'est le cas de Claire Thibout, ancienne comptable des Bettencourt, la première à avoir évoqué des remises d'argent, avant de se rétracter. Une partie de son témoignage dans le livre est publié par L'Express .

Claire Thibout raconte les pressions après ses premières auditions devant la police.

Elle était partie se mettre au vert chez des cousins à Fourques, un patelin minuscule dans le Gard.

7 juillet 2010, une équipe de la brigade financière débarque dans la maison de campagne, par la cuisine, plutôt que par l'entrée principale. "Ils ont dit à mes cousins de dégager puis ils m'ont lancé 'vous savez pourquoi on vient'.

Ils voulaient que je leur dise que tout était faux. Ils subissaient eux-mêmes une incroyable pression.

A chaque feuillet tapé, l'un des quatre policiers faxait le PV à sa hiérarchie et au parquet de Nanterre, qui rappelait pour faire changer tel ou tel mot. (…)

(Philippe) Courroye (le procureur de Nanterre), était totalement de parti pris, il n'avait qu'un seul objectif : me faire revenir sur mes propos."

(Patrick Cohen)

Dans la presse régionale, l'étude de l'Insee sur la pauvreté en France suscite beaucoup de commentaires.. .

Plus de 8 millions de personnes sous le seuil de pauvreté en 2009.

« Des riches plus riches, des pauvres plus pauvres. » Voilà comment Dominique Garraud résume cette étude dans La Charente Libre . Et il ajoute, Nicolas Sarkozy ou la gauche "Il leur revient d'éviter que la démocratie vole en éclats sous les coups de boutoir d'une pauvreté galopante, génératrice de désespoir mais aussi de colère contenue".

"France, ta cohésion sociale est en danger, ajoute Rémi Godeau dans L'Est républicain . Qui se souvient que le gouvernement promettait de réduire d'un tiers la pauvreté en 5 ans ?"

On dira que la crise est passée par là, mais Oliver Picard écarte cet argument dans Les Dernières Nouvelles d'Alsace : "La crise ne peut être une excuse dans un pays aussi développé que la France".

Car oui, en France il existe bien de l'argent qui pourrait être affecté aux plus démunis, conclut Jean-Pierre Bedei dans La Dépêche dumidi . Le rapport de l'inspection générale des Finances sur les niches fiscales révèle la possibilité de lever d'amples recettes.

Un contrepoint tout de même, celui du sociologue Louis Maurin dans France Soir . Pour lui la mesure statistique de la pauvreté en France est trop large. Il faudrait notamment l'affiner en tenant compte de critères géographiques; Vivre avec 900 Euros par mois ce n'est pas la même chose à Tours et à Paris.

(Patrick Cohen)

Quoi d'autre dans la presse Bruno ?

A la Une de La Tribune , « La bombe grecque n'est toujours pas désamorcée ». La mis en œuvre du plan de sauvetage s'annonce chaotique.

Sale fin d'été pour l'attaquant de Marseille André-Pierre Gignac. Après l'avoir mis de force au régime, l'Olympique de Marseille souhaite de séparer de lui. L'OM envisage un prêt dont Dédé Gignac ne veut pas. C'est à lire dans L'Equipe .

Et puis pour terminer, juste pour le plaisir, un moment des vacances des Chirac à Saint Trop racontées par Le Canard Enchainé . Ou comment Bernadette, alias Maman, va chercher son mari au bistrot.

Extrait :

"Droite dans ses mocassins en python, le regard vipérin fixé sur l'horizon,

Bernadette attend la voiture et les gardes du corps qui viendront enfin embarquer son mari, qui sirote en terrasse sa troisième pina colada de la matinée.

Derrière elle, Jacquot, affalé dans son fauteuil, contemple, l'œil dépité et rageur,

cette épouse qui joue les gardes chiourmes alors qu'il était en train de mater les jolies filles.

L'article est titré Fiel mon mari et il est illustré d'une photo de madame Chirac l'air pas commode, en survet’ à capuche.

A demain !

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