Meilleurs voeux. Evidemment, l'expression est déjà de mise en Une de tous vos journaux. Des voeux qui font même l'objet d'enquêtes, de dossiers "numériques ou papier : meilleurs voeux 2008 !". C'est dans Le Républicain Lorrain. Le journal constate que les SMS et autres cartes électroniques se sont imposés en France comme dans le reste de l'Europe. "Avec vos meilleurs voeux !" s'exclame de son côté l'Eclair des Pyrénées ce matin. Pour ce journal, un cahier spécial contenant les voeux des lecteurs du journal. Et le meilleur des voeux, c'est la paix. C'est du moins ce que souhaite François-Régis Hutin dans Ouest France. L'éditorialiste se penche sur "cette paix toujours à construire". Il espère en l'Europe et note, bien sûr, que "les dangers, nous les connaissons. L'attentat qui a coûté la vie à Benazir Bhutto nous alerte, une fois de plus, sur la situation désastreuse de cette région du monde. Tout semble en place, s'inquiéte l'éditorialiste, pour y déclencher une terrible explosion". Alors, le Pakistan. L'inquiétude est palpable à la Une de toute la presse européenne. "La Commission électorale du Pakistan décidera aujourd'hui du report ou non des élections" titre El Mundo. "Le parti populaire de Bhutto participera aux élections" rapporte de son côté Die Welt. Des journaux qui saluent aussi Bilawal. "Le fils succède à la Bhutto" explique La Stampa. "Le flambeau passe de la mère au fils" constate le Times. Et c'est un lourd héritage pour ce jeune homme de 19 ans qui souhaitait finir paisiblement ses études à Oxford. L'envoyée spéciale du Figaro à Islamabad fait le portrait de cet héritier qu'elle avait rencontré il y a deux ans. A l'époque, quand elle lui avait demandé si il envisageait de faire une carrière politique, il avait répondu : "Je verrai, je ne sais pas. J'aimerais pouvoir aider le peuple pakistanais, mais on peut être utile au peuple en faisant autre chose que de la politique". Ainsi donc, le destin politique de sa famille l'a rattrapé. Et dans Le Figaro, mais aussi dans l'Humanité. "Le Pakistan au bord de la rupture", ou encore dans La Croix "Le Pakistan entre deuil et colère". Les photos d'un pays au bord de l'implosion. Un pays où "sous la chappe militaire", la pauvreté est persistante explique l'Huma. Plus de 80 % de la population vit avec moins de deux dollars par jour. Pakistan. Huit lettres qui ne sont pas dues au hasard. Dans La Croix, petit encadré sur ce mot. Un nom trouvé par les étudiants de Cambridge. Des étudiants qui imaginaient en 1930 un pays pour la communauté musulmane du sous-continent indien. Ils lui donnèrent donc le nom de "Pakistan". Les lettres reprenant l'initiale d'une des régions qu'ils souhaitaient regrouper dans leur pays imaginaire. P pour Penjab, A pour Afghanistan, K pour Kashmir, S pour Sind. Des lettres auxquelles il suffisait d'ajouter le suffixe STAN qui signifie "Terre". Et puis après ces considérations linguistiques, les évènements au Pakistan ont des répercussions aux Etats-Unis. En pleine Primaires américaines pour l'élection présidentielle de la fin 2008, "la mort de Benazir Bhutto plane" note La Tribune. Le journal explique que "l'insécurité vole tout d'un coup la vedette à l'économie dans les soucis des électeurs". Du coup, talonnée par Barack Obama, la démocrate Hillary Clinton a pu jouer sur du velours en mettant en avant sa force, son expérience politique et le fait qu'elle connaissait personnellement Benazir Bhutto. Côté Républicain, même avantage pour John Mc Cain, qui végète dans les sondages depuis l'été dernier. Il explique qu'il peut prendre son téléphone et parler à Musharraf quand il veut. Bref, résume Le Figaro, "aux Etats-Unis, les candidats d'expérience tirent parti de la crise". Meilleurs voeux... de santé. "Le tabac hors la loi dans 24 heures" claironne Le Figaro. Parce que OUI, c'est le dossier du jour à la Une de toute la presse. Ce soir, à minuit, la cigarette sera définitivement interdite dans tous les lieux publics. Alors, ce soir, à minuit, petite précision. Le Midi Libre titre "Plus que deux jours pour s'en griller une au bistrot". Nice Matin enfonce le clou : "Loi anti-tabac, pas de contrôle avant mercredi". "Feu les fumeurs" ironise Libération. "La cigarette c'est fini" pour Aujourd'hui en France Le Parisien. "Bonne année, bonne santé !" affiche en Une France Soir avec en toile de fond la photo d'un cendrier barré d'un symbole d'interdiction de fumer. Au fil de vos journaux, divers tabacologues ou sociologues analysent ce changement dans les moeurs. Pour tous, cette nouvelle limitation devrait être bien acceptée car elle ne repose pas sur un discours moral, mais sur la défense de l'intérêt collectif. A lire sur ce thème l'entretien avec le sociologue François Dubet. "Ce n'est pas le plaisir qui est mauvais, mais le coût social qu'il représente" explique t-il. Et ce coût social, eh bien, c'est ce chiffre dans Le Parisien - Aujourd'hui en France. "Un décès sur neuf est imputable au tabac". 66.000 morts par an en France, dont 20.000 par cancers du poumon. Alors, dans l'ensemble, vos éditorialistes prennent le pari qu'il n'y aura pas de grande difficulté à faire respecter la loi. Par exemple Fabrice Rousselot, dans Libération, est sûr que "la guerre du tabac n'aura pas lieu". Il rappelle que dans les autres pays européens "les scènes annoncées d'émeutes d'accrocs de la cigarette mécontents du sort qu'on leur avait réservé n'ont jamais eu lieu". Alors regardez ailleurs. Le Figaro, Libération le font ce matin avec des cartes de l'Europe puisqu'après la Grande Bretagne, l'Irlande, l'Italie, la Suède, la Finlande et le Danemark, c'est donc autour de la France de devenir totalement non fumeur. ça c'est bien passé ailleurs ? ça n'empêche pas le stress des professionnels français. "Dernière bouffée d'angoisse". C'est le titre d'un reportage Rue Oberkampf à Paris. A lire dans Libération. Avec le responsable d'un bar qui s'inquiète d'avoir à fliquer les gens. "Ils risquent de fumer dans les toilettes comme les ados"... Il y a aussi Annie qui tient depuis peu un bar-tabac et qui peste : "Moi je vais devoir dire à mes clients qu'ils n'ont pas le droit de fumer. Et les ministres dans les grands restaurants, vous croyez que la police municipale va aller leur dire d'éteindre leurs cigares". Dans Le Figaro, "les restaurateurs craignent des plaintes à répétition pour tapage nocturne". Parce que leurs clients devront fumer sur le trottoir et que les riverains sont déjà sur le qui-vive". Alors, on le disait il y a quelques instants, la cigarette a un coût social. Et c'est toute l'interrogation d'Yves Thréard dans Le Figaro. "Les campagnes internationales sont légions pour lutter contre le sida et d'autres pandémies. A juste titre, écrit l'éditorialiste, mais ces maladies font beaucoup moins de victimes que la cigarette ou l'alcool dans les Etats les moins riches ou les moins démocratiques. Peu à peu privés de leurs anciens marchés, les fabricants de cigarettes, les marchands de mort, partent à la conquête de ces régions, et qui s'en émeut ?". Bonne santé. Inquiétude ce matin en Angleterre. Le Daily Telegraph se penche sur les ravages de l'alcool. Le quotidien britannique s'est procuré un rapport qui montre une forte augmentation du nombre d'hospitalisations pour "coma éthylique" deux ans après la libéralisation de la vente d'alcool. 500 personnes par jour sont hospitalisées en Angleterre après avoir trop bu. Et cela a un coût qui n'est pas que social. Selon le Daily Telegraph, cela coûte aux services de santé anglais 32 millions de livres par an. Santé toujours. Le coup de gueule des médecins légistes dans Le Parisien - Aujourd'hui en France. Le journal explique que selon les responsables de la Société française de Médecine légale, le projet de loi de financement de la sécu risque d'amputer leurs moyens d'actions. Et cela aurait des conséquences directes pour les victimes de violences, victimes vivantes ou décédées. Sans médecin légiste, les victimes d'agressions ne pourront plus demander d'expertises détaillant précisément la nature des coups reçus, ce qui permet souvent aux enquêteurs de résoudre les affaires de violences. Sans légiste dans les morgues, plus de recherches des causes suspectes de décès si utiles en matière de police scientifique. Le président de la Société française de Médecine légale explique au Parisien : "Le ministère de la Santé ne veut plus nous financer. On pourrait imaginer que le ministère de la Justice prenne le relais car nous travaillons souvent sous réquisition des magistrats, mais la justice nous dit qu'elle aussi manque de moyens". Bonne année. Bonne santé. Pour les autres voeux, place à l'imagination. Et, a priori, le président de la République n'en manque pas. "Sarkozy, voeux en direct pour la première fois" titre Le Figaro. "Sarkozy veut faire du neuf avec ses voeux" s'amuse Libération. Bref, vous l'avez compris, les premiers voeux du chef de l'Etat intéressent vos journaux ce matin. Un nouvel exercice de style note de son côté Le Républicain Lorrain. Mais, en même temps, sur le fond, explique Philippe Waucampt, il n'aura pas grand chose de nouveau à dire. "La croissance n'est pas au rendez-vous, l'argent manque dans les caisses, la hausse du pouvoir d'achat se fait attendre et des réformes difficiles restent à faire. Autant dire que les voeux présentés ce soir par Nicolas Sarkozy s'adresseront d'abord, et essentiellement, à lui-même". Et pour ceux qui s'attendraient quand même à des annonces ce soir, Le Parisien Aujourd'hui en France met les points sur les i. "Le président dira tout le 8 janvier". Mais parions qu'on en reparlera bien avant. Allez, finissez bien l'année. A demain.

Clotilde Dumetz

Mots-clés :
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.