Bonjour... Aujourd'hui, on se met sur son 31... ... 31 décembre 2009 : une année s'achève, une autre va commencer. C'est l'heure des bilans et des perspectives. A ce chapitre-là, regardez bien ce que vous avez devant vous. Vous êtes nombreux, sans doute, installés au moment où je vous parle devant un petit-déjeuner... qu'y a-t-il sur la table ?... du thé ? du café ? du sucre ? du cacao ? un jus d'orange ?... ... Regardez bien Regardez et profitez, car tout ça va bientôt vous coûter plus cher. A le lecture du Figaro-Economie, on apprend ce matin que "thé, café, sucre et cacao battent des records... Les prix des matières premières tropicales atteignent des niveaux historiques". Les cours de ce que l'on appelle sur les marchés les "soft commodities" grimpent en flèche depuis le début de l'année. Ecoutez ça : - Café : + 11,6% - Cacao : + 32% - Jus d'orange : + 48,9% - Sucre : jusqu'à 90% de hausse... 95% pour le thé. Anne Cheyvialle, qui signe l'article du Figaro-Eco, nous prévient : "en 2010, la note du petit-déjeuner risque de s'envoler". Eric : Comment explique-t-on ces hausses Alain ? Ce n'est pas bien compliqué, on désigne forcément les phénomènes climatiques (ils ont bon dos, peut-être, les phénomènes climatiques)... El-Nino assèche l'Asie et inonde l'Amérique Latine, deux continents qui concentrent les productions de ces denrées agricoles. Ca me conduit évidemment à revenir sur le rejet de la taxe carbone par le Conseil constitutionnel. En tombant dans les Rédactions avant hier soir, peu avant 21h, la décision a souvent pris de court vos journaux ; trop tard (surtout en période de fêtes) pour réécrire un éditorial ou constituer une nouvelle Une. Ce matin, c'est le rattrapage. Le quotidien L'Humanité joue avec les mots en titrant : "taxe carbone : le vert (v.e.r.t.) de trop"... Libération vise clairement le chef de l'Etat et titre : "défaite de fin d'année"... Plus sobrement, Le Parisien-Aujourd'hui-en-France s'attarde sur "la difficile fin d'année de Nicolas Sarkozy" ; le quotidien énumère les soucis qu'il rencontre depuis quelques mois : "taxe carbone annulée, débat sur l'identité nationale qui ne cesse de déraper, sondages d'opinion qui s'effritent". Pour l'éditorialiste de Libé Paul Quinio, il y a un "avis de gros temps sur l'Elysée". C'est plus qu'un bulletin d'alerte, c'est presque un avis de décès quand mon confrère écrit : "l'hyper président capable de casser toutes les baraques et de renverser toutes les tables, en France comme sur la scène internationale, a vécu". Tonalité approchante chez Dominique Garraud dans La Charente-Libre. A ses yeux, "Nicolas Sarkozy se retrouve politiquement carbonisé". Il ajoute : "Non, l'épisode de la taxe carbone n'est pas un simple loupé. Il marque la sanction politique la plus lourde contre le chef de l'Etat depuis son élection à la présidence". Au passage, dans La République des Pyrénées, Jean-Marcel Bouguereau attire notre attention sur le Conseil constitutionnel qu'il voit, "mine de rien, devenir le seul contre-pouvoir de cette République dépourvue d'une vraie opposition, ou un seul semble décider pour tous". ... Touché, Nicolas Sarkozy ? Certes, mais pas coulé. ... La preuve ? "Il veut imposer une nouvelle taxe carbone" nous prévient Le Figaro pendant que La Tribune titre "10 jours pour tout refaire". L'autre quotidien économique, Les Echos, s'intéresse d'abord au sort des milliers d'entreprises les plus polluantes de France. Elles sont déjà soumises au marché des quotas de CO2 et pourraient payer en partie la taxe reformatée qui naîtra, en principe, des cogitations de François Fillon et de son gouvernement (le Parlement aura aussi son mot à dire). Le gros titre des Echos : 'L'industrie sous la menace de la nouvelle taxe carbone". Pourquoi le texte censuré par le Conseil constitutionnel a-t-il été jugé "fiscalement inégalitaire" aux yeux des Sages ?... Patrick Flickuger dans L'Alsace, tente une réponse quand il souligne que "Nicolas Sarkozy a reculé devant les groupes de pression multiples qui se sont acharnés à défendre leur précarré". En ajoutant "qu'à Copenhague, Obama et Hu Jintao ont défendu leurs groupes de pression à eux", Flickuger le constate : "l'année écologique a finalement été celle des lobbies triomphants". Pour L'Est-Républicain, Patrice Costa nous rappelle que le gouvernement a trois semaines devant lui pour rendre une autre copie qui sera épluchée par les lobbies de l'industrie, de l'agriculture ou des transports, tous prêts à déployer l'artillerie lourde en cas de suppression de leurs avantages". Et les particuliers ?... Patrice Costa souligne que "s'ils n'ont pas de réseaux d'influence dans les coulisses des ministères (...) ils ont une carte d'électeur, et les régionales approchent". ... François Fillon a donc trois semaines pour se remettre à l'ouvrage et nous présenter sa copie, avec, selon Alain Joannès du Télégramme, un impératif : "concilier efficacité et justice". Dans L'Indépendant, Christian Bachelier invite le président de la République, le chef du gouvernement et les ministres, à "se hâter lentement". compte-tenu de l'enjeu de cette taxe pour notre environnement, il remarque que l'affaire "ne peut être bouclée dans la précipitation et l'absence de consensus". Eric : la taxe carbone, Nicolas Sarkozy devrait y revenir ce soir en présentant ses voeux aux Français... Tous vos journaux veulent le croire. Pour Le Figaro, le chef de l'Etat "réaffirmera ce soir sa priorité écologique". Le Parisien-Aujourd'hui-en-France pense que Nicolas Sarkozy veut mettre à profit cette allocution de fin d'année pour "reprendre la main". Libération annonce déjà 2010 comme "l'année de tous les dangers pour l'Elysée". C'est vrai, les raisons de le penser ne manquent pas. ... Prenez la dette publique. Les quotidiens économiques nous annoncent aujourd'hui qu'à la fin du 3ème trimestre, elle a "atteint un nouveau pic". C'est le titre de La Tribune. ... 75,8% contre 66% un an auparavant. Ce soir, selon les prévisions de l'INSEE, ce pourcentage devrait friser les 80% sur l'année. Fin 2010, on devrait être endetté à 84% du PIB. En euros, cette fichue dette publique totalise près de 1.500 milliards. Il faut le lire et le relire pour le croire ! Dans Libération, un expert se veut rassurant. Eric Heyer, de l'Observatoire Français des Conjonctures Economiques, nous assure que "la dette ne menace pas l'Etat de faillite". Cette "dette brute" ne prend pas en compte, en effet, les actifs (financiers ou non) que possède la France. Eric : le rejet de la taxe carbone, la dette publique de la France : ce ne sont pas les seuls motifs de préoccupation de Nicolas Sarkozy à quelques heures de ses voeux aux Français... Dans le quotidien régional Midi-Libre, François Martin procède à une énumération: "échec de la vente des centrales nucléaires d'Abou Dhabi et du TGV chinois (...) affaires Jean Sarkozy et Frédéric Mitterrand (...) fiasco de Copenhague (...) débats sur l'identité nationale (...) chômage en hausse, taux de croissance en berne"... Selon François Martin, "au-delà des écueuils dressés sur le chemin du président réformateur, c'est bien de méthode et d'état d'esprit dont il s'agit. Avec la question qui fâche : le costume de chef de l'Etat siet-il vraiment à Nicolas ?". Mon confrère de Midi-Libre forme alors un voeu pour 2010, le voeu que François Fillon, "calme et pondéré", aille à l'Elysée... et que Nicolas Sarkozy qu'il juge "énervé et virevoltant" prenne l'Hôtel Matignon. Il résume : ce serait "la Vème République à l'envers. Une question de bon sens". Pas sûr qu'il soit entendu. Cela étant dit et pour conclure, si 2010 ne s'annonce pas sous les meilleurs auspices, nous savons qu'au cours des 12 prochains mois, nous verrons naître des bébés. Ainsi va la vie. Dans Gala, à l'heure des horoscopes et des thèmes astraux, on se penche sur l'année qui attend la femme du président. Il y est écrit : "avec Vénus en Scorpion (réputée féconde) et un ascendant en Cancer qui lui inspire un amour inconditionnel pour les enfants, Carla Bruno Sarkozy a toutes les chances de redevenir maman". Dans Match, sous le titre "Mère calme", vous verrez Laure Manaudou enceinte de son compagnon nageur Frédéric Bousquet. La petite sirène accouchera au printemps. Pour Match qui a le sens des formules, ce sera le "grand plongeon" vers une vie à trois. La Tribune consacre à ce propos un dossier à la natalité des Français pour les 10 prochaines années. En 2020, nous devrions être 68 millions. D'ici là, les Français devraient gagner un peu plus de trois années d'espérance de vie en plus. Bonne fin d'année à tous ! Et joyeux réveillon.

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