Faut-il continuer à subventionner la Palestine ? Apres le refus du Hamas d'infléchir ses positions hier, la communauté internationale se pose la question... Oui, faut-il continuer à aider une Autorité palestinienne qui ne reconnaît pas Israël et ne veut pas renoncer à la violence ?... Dans la presse aussi, le dilemme est abordé... Les commentaires sont nombreux, et puis il y a ce fait... Ce texte : "La charte du Hamas", dont "France Soir" publie plusieurs articles aujourd'hui. "Un document instructif, digne de la logorrhée d'extrême-droite la plus nauséabonde", précise le quotidien... Qui poursuit : "La situation d'oppression que vivent les Palestiniens ne saurait atténuer le caractère insupportable de ce texte"... Alors, morceaux choisis d'un terrifiant manifeste. "Le Hamas est l'un des maillons de la chaîne de la lutte contre les envahisseurs sionistes"... "Dans leur traitement nazi, les Juifs ne font aucune exception pour les femmes et les enfants... Leur politique de terreur s'applique à tous". Ce sont deux exemples... On a droit aussi au couplet habituel sur la collusion judéo-maçonnique, à l'origine de tous les maux du monde... "Il n'existe aucune guerre, dans n'importe quelle région du monde, dont les Juifs ne soient les instigateurs", écrit le Hamas qui, sans complexe, se réfère aussi, et noir sur blanc, au complot, pour le coup... Complot antisémite... Que constitue le document du "Protocole des Sages de Sion". Alors faut-il leur couper les vivres ?, pour reprendre la façon assez directe dont François Besset pose la question dans "L'Alsace"... "Non", répond-il... "Ce serait appliquer une politique à courte vue, et le meilleur moyen de replonger la région dans la violence". Franchement... Faut-il supprimer l'aide européenne à l'Autorité palestinienne, titre "Le Parisien" ? "On ne peut pas subventionner la guerre", répond Philippe de Villiers... "Oui, mais c'est le peuple qui souffrirait", estime Pierre Shapira, député européen PS... Et puis, pragmatique, Jean-Paul Chagnollaud, professeur de sciences politiques, avertit : "Les pays arabes peuvent prendre le relais, mais leur aide est fluctuante, au grè de leurs relations avec les Palestiniens... Pire encore : si c'était l'Iran qui prenait la place, ce serait terrible". Maintenant, il y a les besoins des Palestiniens, qui vivent dans un pays en faillite permanente... C'est la contrée la plus assistée au monde, écrit Libération... L'an dernier, l'aide étrangère a dépassé le milliard de dollars, soit 366 dollars par habitant... Alors qu'en Afrique, elle dépasse rarement les 30 dollars par tête. En fait, cette enveloppe, destinée au développement, a surtout servi, au fil des ans, à renflouer les caisses de l'administration palestinienne... Les autorités ont continué à recruter des fonctionnaires à tout-va... Des prises d'otages d'Occidentaux à Gaza se sont même parfois réglées par l'embauche d'une dizaine de membres du même clan. Alors faut-il continuer à verser de l'argent ?... Peut-être qu'au titre du réalisme, la question ne se pose même pas, finalement... Car, comme l'écrit Jean Quatremer dans "Libé" : "La simple interruption de l'aide budgétaire à l'Autorité palestinienne poserait de graves problèmes, puisque le paiement des fonctionnaires, et notamment de la police, en dépend... Auquel cas, le chaos menacerait". 16 juillet 95, discours du Vel d'Hiv' : Jacques Chirac reconnaît la responsabilité de l'Etat français dans la déportation de milliers de Juifs pendant la Seconde guerre mondiale. 15 août 2004, à Toulon : il rend hommage à la contribution des anciens combattants maghrébins et africains dans la bataille pour la Libération... 30 janvier 2006 : il fixe au 10 mai le jour-souvenir de l'esclavage. Au terme d'un long règne de 12 ans, dont on a jusqu'à présent du mal à discerner les actes forts, écrit "Le Monde", on pourra malgré tout retenir ces trois dates, où il aura fait honneur à ses fonctions de premier des Français. Même "L'Humanité" rend hommage au Président, avec cette question, que pose Maurice Ulrich : "Un peuple qui en opprime un autre n'est pas un peuple libre... Le chef de l'Etat avait-il en tête ces mots de Marx, hier ?... Allez savoir... En tout cas, il a touché juste". "Esclavage : la France prend date", titre habilement "Libération" qui, lui aussi, constate qu'il faut reconnaître à Jacques Chirac d'avoir su trouver les mots pour assumer la part d'ombre de l'Histoire de France... Dans un calendrier républicain encombré de saints et de fêtes catholiques, il aura quand même fallu 5 ans pour la trouver, cette date, note Jean-Michel Thénard, toujours dans "Libération". Maintenant, on peut se demander quelle sera la réaction aux Antilles... C'est une question que "Le Parisien" a posé à l'écrivain martiniquais Edouard Glissant, à qui le Président a confié la création d'un Centre national consacré à l'esclavage... "C'est un peu tôt pour le dire, explique le poète... Mais le climat est à l'apaisement, depuis la suppression de l'article de loi sur la colonisation... Sarkozy peut maintenant envisager son voyage... A moins qu'il ne cède encore une fois à la provocation", précise Edouard Glissant. Enfin, sachez que le discours de Jacques Chirac est publié dans son intégralité par "Le Monde"... Un document pour l'Histoire, dont on peut retenir d'ores et déjà la première et la dernière phrase, qui pourraient s'emboîter et constituer, à elles seules, un texte de synthèse... "Dans l'histoire de l'humanité, l'esclavage est une blessure"... "En commémorant cette histoire, la France montre la voie... C'est son honneur, sa grandeur et sa force". Dans l'armée, on exécute, c'est bien connu... Mais figurez-vous que dans le Bulletin officiel des armées... Le numéro 45, paru en décembre dernier... Se cache une petite bombe. Il y a un texte qui donne à tout militaire l'ordre de désobéir si l'ordre qu'il reçoit est jugé contraire à l'éthique. Autrement dit, c'est un droit qu'on lui accorde... Un droit nouveau, mais qui, martialement exprimé, l'est en terme d'ordre. En gros : on ordonne au militaire d'être libre. L'armée serait-elle devenue libertaire ?... Bien sûr que non... Mais disons que l'affaire Mahé, du nom de cet Ivoirien assassiné par des soldats français en Côte d'Ivoire... Cette affaire est passée par là, comme l'explique "Ouest-France", qui sort cette information aujourd'hui. On va en parler avec vous, Philippe Chapleau... C'est vous qui signez l'article... Alors, qu'est-ce qui change exactement ?... J'imagine qu'un tel ordre doit inquiéter, au sein de l'armée... * L'affaire Mahé a bien dû passer par là... Merci, Philippe Chapleau... On va passer à la photo d'une très belle jeune femme, qui regarde la télé, le visage fermé, exprimant une véritable angoisse... Photo qui illustre un dossier étonnant dans le mensuel "Psychologies"... Dossier intitulé : "Sommes-nous malades du 20 heures ?". L'explication : le spectacle quotidien des actualités télévisées a un impact sur notre équilibre psychique. En d'autres termes, les infos sont anxiogènes, et peuvent nous rendre malades. Le psychiatre Michel Lejoyeux parle même d'une nouvelle névrose : l'hypocondrie médiatique. Maladie moderne, qui passe par l'identification : nous nous mettons à la place de celui qui souffre... Par l'interprétation, parce qu'aucune image, aucune info n'est réellement objective... Et par la réminiscence, parce que les tragédies montrées à la télé nous font revivre ces moments de la première enfance où nous étions angoissés. Bon. Tout cela peut se résumer, face par exemple à un tueur en série qui vient de faire sa énième victime... De trois choses l'une : ou vous pensez que ça ferait un bon scénario au cinéma... Ou alors vous constatez que ça ne vous fait ni chaud ni froid... Ou bien vous êtes plus vigilant dans la rue. En fonction du choix que vous ferez, vous aurez une petite idée du genre de téléspectateur que vous êtes... Angoissé ou pas. Et puis il y a la question plus classique : "Sommes-nous accros à l'actu ?"... Sur ce point, "Psychologies" apporte une réponse surprenante... "Chez certains accros, les images de l'actualité tiennent lieu de vie amoureuse, mais en tant que plaisir solitaire... Auto-érotique", explique le psychiatre Michel Lejoyeux. Alors tous les névrosés de l'info sont-ils sexuellement frustrés ?... "Non", répond "Psychologies"... Nous voilà rassurés... Mais si vous faites partie de ceux qui aiment l'info, ne soyez pas étonné qu'un jour, on vous traite "d'infomane"... C'est plus chic que "nymphomane"... Et apparemment, c'est le même principe. Alors, si vous êtes en manque, n'oubliez surtout pas le journal de 9 heures sur France Inter... Sans image... Ca fait travailler l'imaginaire... C'est encore plus sexy, la radio. Bonne journée... A demain...

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