bristols au centre pompidou, bristol pour comprendre la présidentielle, droite et gauche, bristol des patrons américains

La revue de presse bonjour Hélène Jouan

On commence ce matin par une plaisanterie dans le monde de l’art…

Ce sont des petits bristols posés sur les murs blancs : « prise électrique 2017, plastique et métal, hauteur 9 cm, largeur 7. Ou encore « extincteur, métal peint et tube de plastique, diamètre 17,5 ». De drôles d’étiquettes qui ont fleuri depuis une semaine au Musée d’art moderne du centre Pompidou sous les équipements divers des salles d’expo, et notamment celles consacrées à Cy Tombly. Des ready made, plus forts que ceux de Marcel Duchamp nous raconte Eric Biétry Rivière dans le Figaro, Duchamp devait signer un porte-bouteille pour en faire une oeuvre d’art, là, tout est sur place ! Alors qui est le petit malin s’interroge la direction de Beaubourg, quelqu’un qui partage l’interrogation philosophique de Duchamp sur le monde, faut- il mettre la moelle de l’épée dans le poil de l’aimée, un de ses aphorismes dada qui rend encore perplexe, est-ce un artiste provocateur avançant masqué ? sans doute quelqu’un de chez nous, reconnait cette même direction. En mai dernier, un jeune homme avait posé ses lunettes sur le plancher du musée d’art moderne de San Francisco puis observé la réaction très respectueuse des visiteurs. « Ceci sont des lunettes. 50 000 retweets en 3 jours.

A Paris, donc, pour les 40 ans de Beaubourg, un plaisantin ou un philosophe continue de s’interroger et de nous interroger sur la frontière entre art et réalité.

On quitte le monde de l’art pour celui de la réalité. Réalité d’une campagne électorale jugée surprenante par la presse ce matin

Et on constate ce matin que bien des journaux sont tentés à leur tour de glisser un petit bristol blanc pour essayer de comprendre cette présidentielle qui déjoue tous les pronostics. « Ceci est une présidentielle chamboule tout » dit le Monde dans son édition daté d’aujourd’hui. Raphaelle Bacqué et Ariane Chemin ont collecté les qualificatifs autour de cette présidentielle, qui montrent bien le désarroi de tous ceux qui pourtant connaissent ça par cœur, « présidentielle introuvable » dit le numéro 1 du Ps Jean Christophe Cambadélis, « présidentielle dingo » dit un vieux routier du parti, un jeu de quilles qui semble sans fin. « Le prochain sur le toboggan, c’est votre Lider Maximo », a lancé, dimanche soir un proche de Valls à une fidèle de Jean-Luc Mélenchon. Sur Mediapart, Hubert Huertas parle lui aussi de la grande « lessive » des primaires, celle qui a vu « Sarkozy humilié, Juppé stoppé, Hollande barré, Valls dégagé et Fillon mal engagé » énumère-t-il.

Alors, on pose un bristol à droite, « penelope gate, quels dégâts ? », la presse régionale consacre pas mal de Unes à l’audition du couple hier « les époux Fillon face aux policiers » pour le Midi Libre, le parisien nous raconte que les interrogatoires, menés séparément ont duré 5 heures. Et cruel dessin de Pessin à retrouver sur le site slate.fr :à la villette, des militants scandent « Fillon président ». Le candidat et son épouse quittent la salle en se disant, « quoi qu’on fasse ils nous aiment toujours », et madame ensuite, assiste à l’arrière d’une voiture avec chauffeur regrette, « j’aurais dû prendre plus »

On pose un bristol à gauche. « Hamon désigné mais combien de divisions ? » Ca y est, ça fuit officiellement. Le pôle des réformateurs du ps, l’aile droite du parti lance les hostilités. Tribune du Monde cet après-midi, dans laquelle les députés Christophe Caresche et Gilles Savary assument d’être les premiers à faire haut et fort sécession : « Nous sommes confrontés disent ils, à un cas de conscience inédit : comment porter un projet présidentiel conçu comme l’antithèse d’une action de mandature que nous avons soutenue et nous revendiquons les avancées ? Le rassemblement disent il, à Benoit Hamon, ça ne peut pas être l’obligation pour tous les socialistes de se convertir à la fronde. C’est pourquoi concluent-ils, nous revendiquons faut et fort un droit de retrait de la campagne présidentielle ». Premier retrait marginal, mais collectif néanmoins au sein du parti socialiste…Droit de retrait, mais demandent ils un droit d’entrée ? Rien d’explicite dans cette tribune, mais le secrétaire d’état Jean Marie le Guen lâche la bride ce matin, « on peut être socialiste et appeler à voter MAcron. » affirme t il dans Aujourd’hui en France/le Parisien

ET l’une ne serait pas loin de le faire Hélène ?

C’est l’intention qu’on lui prête, mais elle n’a pas franchi le pas pour le moment. Mais ce matin, François Xavier Bourmeaud nous raconte dans le Figaro, l’histoire secrète d’un rapprochement entre Ségolène Royal et Emmanuel Macron. Récit d’une relation politique particulière qui s’est nouée dès septembre 2014 entre l’ex candidate à la présidentielle, et le futur candidat. Comment elle a senti l’air frais dit elle, qu’il faisait respirer à la gauche, comment elle le conseille surtout, l’air de rien dans la bataille qu’il s’apprête à livrer. « Tu sais Emmanuel, la politique, c’est dur l’a-t-elle prévenu ; une présidentielle, c’est au-delà de toute imagination », c’est elle qui lui a dit de ne jamais lâcher ses adversaires, marine le pen en particulier. « Tu ne dois pas la laisser respirer , tu dois être en frontal avec elle, coup pour coup, meeting contre meeting ». D’où samedi, le meeting à Lyon du candidat Macron, à l’heure où dans la même ville, marine le Pen dévoilera ses 144 engagements de campagne. Pas question de réitérer les erreurs de 2007 lui a-t-elle expliqué, quand elle s’était retrouvée avec un agneau dans les bras, ridicule, le jour du lancement de campagne de Nicolas Sarkozy parce que le ps lui avait refusé un grand meeting en contre…Royal qui murmure à l’oreille de Macron…comme pour rattraper un rendez-vous manqué avec les français conclut François Xavier Bourmaud

On finit par les Etats-unis de Trump Hélène…

Avec un mea culpa et un rectificatif : la Une du New York Times magazine que je vous décrivais hier, un homme effaçant du globe d’un trait de pinceau, tout ce qui était extérieur aux Etats-unis, ne datait pas du week- end dernier, n’était pas une réaction au décret Anti immigration de Trump. Les décodeurs du Monde nous refont l’histoire à l’endroit. Cette Une date en réalité de février 2015, la rédaction du magazine avait demandé notamment à Maurizio Cattelan et Pierpaolo Ferrari d’exprimer leur vision du chaos dans le monde. Le moins que l’on puisse dire c’est qu’ils ont été visionnaires, puisque deux ans plus tard, cette image semble entrer en résonance avec l’actualité. Et voilà pourquoi elle a resurgi notamment sur les réseaux sociaux.

Alors vraies Unes ce matin, celle de la très respectée revue américaine « The Atlantic » « comment on construit une autocratie », celle de Libération, la bannière étoilée parcourue de barbelés, et Libé qui s’interroge sur les contrepouvoirs qui pourraient permettre d’arrêter Donald trump, et sa « bande de fous furieux fascisants » dit le journal. « Entre une cour suprême conservatrice, des medias pris pour cible qui n’inspirent plus confiance, et des républicains prêts à fermer les yeux, il n’y a peut être plus que la société civile qui puisse peser » analyse Frédéric AUtran à New York.

Alors on a vu les plus grands de la silicon valley participer aux manifs anti trump après son décret anti immigration, et raconter comment ce décret était une menace concrète pour l’’économie de leur propre entreprise, article à lire dans le Figaro éco, la Voix du nord nous raconte ce matin comment Starbucks et Air b and b, ont décidé d’offrir hébergement gratuit et emplois aux immigrés interdits d’entrée aux États-Unis. Et les patrons américains décidément en première ligne : les fils Murdoch, héritiers de la Century Fox et de Fox news, s’y mettent à leur tour et prennent position ce matin dans le magazine Variety : « l’immigration est un élément essentiel de la force de l’Amérique » plaident ils. Un bristol, assez clair à destination de Donald Trump

Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.