Dans les journaux, le Brexit est une déchirure intime. Tampon! célèbre les troisièmes mi-temps du rugby. Galthié dans lEquipe cite Spinoza!

On parle d'une jeune femme...

Une jeune femme morte il y a trente ans mais dont les mots nous viennent ce matin dans le magazine du Monde, que vous achèterez tout à l'heure, n'oubliez pas, et aussi dans un livre, un recueil de ses poèmes, "L'autre moitié du songe m'appartient", qui paraitra la semaine prochaine, pensez-y... Une jeune femme morte le 24 décembre 1990 d'une leucémie, qui treize ans plus tôt avait pris son petit frère, mais la cruauté n'est rien, car Alicia est devant nous Alicia dans la beauté de ses vingt ans, sa dernière année sur terre, les joues enfantines, les lèvres pleines photographiées par son dernier amour...

Elle écrivait depuis l'enfance et la nuit sortait dans des lieux à la mode, Régine le Palace et Castel, elle dinait en robe moulante chez Maxim's et festoyait d'autant plus qu'elle savait la maladie... "Depuis toujours, écrit Pascale Nivelle dans un texte au diapason de la jeune fantôme, depuis toujours, elle tient à distance ses terreurs, les ponctions qui bleuissent ses clavicules ,les piqures à toute heure, il lui arrive de se piquer en parlant, seringue plantée dans la cuisse sous une table de bistro, elle veut vivre plus que de raison, la nuit elle noircit ses cahiers de poèmes d'une écriture ronde, sans rature, j'écris pour être lue dit- elle à sa mère."

Elle écrivait ceci pour conjurer sa peur.

"Faiblesse je te hais de toi même; vivre c'est accepter de tomber sous le poids de ce qui ne nous appartient pas."

Elle écrivait cela en pensant à son frère

"Ne touchez pas à ma petite bête épaisse ma douleur

Ne touchez pas aux plus beaux yeux du monde que j'ai fermés longtemps pour ne plus les voir

Ne touchez plus a mon enfant perdu, il est quelque part implorant le silence

A toi mon caillou ma pièce d'or 

A toi ma blessure enivrée ma lune à boire

Tu es la morsure douce au creux de ma main."

Quand Alicia est morte, sa famille a gardé ses textes mais un jour sa maman a réalisé que les seuls mots de sa fille que l'on pouvait lire étaient sur sa tombe à Montparnasse. Alors, elle est allé voir son neveu, le comédien Guillaume Gallienne, que sa cousine vivante encourageait à vivre. Il est allé montrer ses poèmes chez Gallimard, une éditrice Sophie Naulleau s'est prise pour Alicia d'une de ses amitiés qui passent les frontières de la vie et le livre est là et Alicia vous attend ce matin, dans le magazine du Monde.

Et sous le regard d'une jeune femme qui ne sait rien de nous, nos vies s'enchainent et ce que je choisi de lire me parle souvent de courage. Dans le Figaro, un grand reportage sur un village afghan, Taranak, qui résiste à Daesh qui guette au delà d'une  et contre daesh, villageois, militaires mais aussi talibans font front commun: c’est étrange mais moins que ces néo-nazis jeunes que Paris-Match est allé rencontrer en Allemagne, troublant reportage. 

Je lis dans la Vie les souvenirs de familles d'origine cambodgienne accueillies dans une France généreuses il y a quarante ans. Elles envoient de l'argent aux associations qui les ont aidé jadis, comme le sSecours catholique, pour rembourser disent-elles, pour qu’elles aident les réfugiés d'aujourd'hui...  Ces réfugiés qui plus que jamais me disait hier la Voix du Nord et me confirme le Monde regardent vers l’Angleterre…

Et le Brexit est une autre émotion dans les journaux.

Où je lis une déchirure intime,  comme si chacun perdait une part de soi-même. "Gardez une place pour nous dans vos coeurs" dit dans la croix Thimoty Radcliffe, dominicain anglais qui jusqu'au bout voulu conjurer le départ: "Nous ne pouvons pas nous détacher de l’Europe, nous sommes européens depuis que les Romains nous ont envahis en 54 avant Jésus-Christ."

« Amis européens nous reviendrons un jour », dit au Figaro l'écrivain Julian barnes... 

Libération  me raconte des vieilles légendes galloises, « les prophéties de Merlin », qu'un homme d’Eglise, Geoffroy de Monmouth, mit en forme au Moyen-Age. Elles racontaient un peuple celte en proie aux monstres aux dragons aux saxons mais qui fut délivré par l'arivée d'un peuple liébrateur « enveloppé de bois et de tuniques de fer» - et cette métapohre désignait notre Guillaume de Normandie, qui fit de l'Angleterre un royaume symétrique à la France... On nous dit donc que nous étions Un et à quel point.

Coincidence troublante : quand dans Libération et le Figaro Mme Sturgeon première ministre écossaise, nous dit son identité européene et elle nous rejoindra sitôt acquise l'indépendance, je lis dans Sud Ouest que le whisky écossais aime à vieillir dans les futs des grands vins de Bordeaux... Ainsi, le whisky d'Arches est affiné dans des futs de Sauterne...  Cela en ferait-il un whisky du château, et cela donne un procès qui s'est tenu hier à Bordeaux, les juges auront ils le coeur de nous séparer encore?

Sans nous la Grande-Bretagne est une petite ile, « small island » dit le Guardian, et une petite ile divisée s'alarme le quotidien populaire Daily mirror, qui a décidé de réunifier le pays, et fait alors se rencontrer des contraires pour qu'ils se parlent, ce sont de belles photos et de bon moments en ligne... où un  jeune remainer rencontre une brexiteuse, une fermière rencontre une blogueuse vegan, un marin pêcheur discute avec une réfugiés syrienne voilée qui fabrique des fromages... Et à Glasgow Stephen fan des Celtics serre la pince à Steve, supporter des Rangers, ça, c'est quelque chose!

Et on parle sport ce matin...

Et mieux que sport, rugby, parce que nous est arrivé le plus roboratif des magazines: TAMPON ! où toiut est délice. Une interview d'un artiste blond de ma jeunesse Jean-Pierre Rives, qui se souvient que dans un match l’immence Armand Vaquerin de Béziers se coucha sur lui après l'avoir plaqué, parce que sinon, petit, « ils vont te piétiner ». Une enquête sur les troisième mi temps à l'heure du rap et de la méfiance, oui cela continue on décerne encore à Brive le litron d'or au plus vaillant des joueurs qui se couche le dernier dans la cuite. Une évocation du Racinq club de france d'il y a trente ans dont les vedettes se faisaient appeler le show bizzz et les troisième mi-temps avaient lieu à Saint-Germain des Prés: y ont-ils croisés le soir la poétesse Alicia?

C'est à lire singulièrement cette veille de week-end où revient le Tournoi et dans l’Equipe le selectionneur Galthié cite Spinoza,  « pour toucher au bonheur il faut allumer des petits feux »! On va donc allumer des feux pour ce premier match dimanche contre l'Angleterre. Jadis, quand nous alignions les défaites, le capitaine anglais Carling chaque année allait voir nos bleux et les rendait fous d'un simple « SORRY, GOOD GAME ». A l'époque, sans deviner le Brexit, nous vous détestions. 

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