Saviez-vous que le bio était dégradable ? En tout cas, le voici dégradé dans Le Figaro, qui nous livre cette information : les produits issus de l'agriculture biologique ne sont pas plus sains que les aliments ordinaires. Bon, quand on lit ça, on tombe de sa chaise. Alors, pour ne pas tomber pour rien, allons voir de plus près ce qui coince. Le Figaro s'appuie sur une étude britannique selon laquelle, du point de vue de la nutrition, il n'y a actuellement aucun élément évident en faveur du bio. Ce que d'ailleurs l'AFSA avait dit en 2003. Or, comme le relève le Syndicat national des transformateurs de la filière biologique, l'étude en question n'a pas pris en compte les teneurs en résidus de pesticides que contiennent nos aliments. Quand on sait que les insecticides chimiques sont exclus de l'agriculture bio, on se dit que cette étude, c'est vraiment n'importe quoi. Mais les chercheurs anglais rétorquent que les résidus que l'on trouve dans les aliments issus de l'agriculture traditionnelle restent au-dessous des limites maximales autorisées, donc sans danger pour le consommateur. Commentaire de Marc Mennessier, auteur de l'article, commentaire qui en dit long sur le regard que porte Le Figaro sur le bio : "Les consommateurs vont-ils continuer à payer 25% plus cher des produits qui n'apportent pas un 'plus' évident en matière de santé ?". Et le journaliste enfonce le clou avec un autre article, dans lequel il affirme que "l'agriculture biologique restera toujours un mode d'exploitation minoritaire", et que "'objectif de convertir 20% de l'agriculture française en bio semble inatteignable". Catégorie "dégradé" : le PS également... Oui, mais pas forcément dégradable. C'est le philosophe Marcel Gauchet qui l'affirme cette semaine dans Le Point. Selon l'essayiste (qui publiera l'an prochain les deux derniers tomes de "L'avènement de la démocratie"), "le PS ne mourra pas, parce que la politique a horreur du vide. Le Parti Socialiste a beau avoir perdu de sa superbe, ses penchants suicidaires sont contrebalancés par l'absence d'alternative crédible à gauche. Les dirigeants de ce parti savent qu'ils n'ont pas grand-chose à craindre", affirme Marcel Gauchet. Un avertissement sans frais à ceux qui se sentent pousser des ailes depuis le 7 juin dernier. D'où la question d'Elisabeth Levy à l'essayiste : "Même les Verts ne constituent pas une menace ?" "Non, répond Gauchet, parce que leur succès aux Européennes a été celui d'un homme : Cohn-Bendit. Et puis, vous savez, poursuit-il, on est très content d'avoir les Verts sous la main pour voter contestataire, mais personne n'a envie de voir Cécile Duflot au ministère de l'Intérieur". L'homme n'a pas la langue dans sa poche, puisqu'il nous dit aussi : "Bon, à la rigueur, Nicolas Hulot ferait l'affaire pour remplacer Kouchner en tant que ministre des Bons sentiments, mais les choses s'arrêteraient là". Bien... "Alors, face au consternant spectacle du PS, la droite peut-elle pavoiser tranquillement jusqu'à 2012 ?", lui demande Le Point. "Eh bien non, répond Marcel Gauchet : personne ne peut dire comment les choses vont tourner. Après tout, les 28% réalisés par l'UMP aux Européennes ne constituent pas un score très glorieux. Le sarkozysme, conclut-il, repose sur une base solide mais étroite". Pour L'Humanité Dimanche maintenant, dans la mouvance à laquelle appartient culturellement le PS, c'est-à-dire la social-démocratie, il y a encore ce côté "sociaux-traîtres", formule empruntée à la terminologie communiste d'hier, et encore un peu d'aujourd'hui si l'on en juge par cette analyse de L'Huma Dimanche, selon laquelle, "à travers Tony Blair par exemple, cette social-démocratie est parfaitement soluble dans le néo-libéralisme de l'Union européenne, ce blairisme qui a fini par ruiner la société britannique", affirme l'hebdomadaire, qui en arrive à poser également cette question, en gros titre d'un article de deux pages : "Où s'arrêtera la lente dérive libérale du PS ?". Et là encore, dans L'Humanité Dimanche, comme dans Le Point, la question est posée : "Le PS peut-il mourir ?". Là encore, la réponse est "non". Henri Rey, directeur de recherche à Sciences-Po, explique que "déclarer la mort du Parti Socialiste, ce n'est qu'une manière imagée de dire qu'il est en difficulté. De L'Humanité Dimanche, on passe à L'Huma, qui publie un sondage ce matin... une enquête IFOP, qui révèle que 62% des personnes interrogées comprennent la méthode de séquestration de patrons. Et 50% comprennent également les menaces de destruction de sites de la part des salariés menacés de licenciement. Commentaire de L'Huma : "Derrière ce désespoir, cette rage exprimée en chiffres, c'est toute une politique de démantèlement violent de l'emploi industriel qui explose au grand jour". Nous sommes le 31 juillet, au coeur de l'été, au coeur des vacances. C'est donc une presse estivale, qui nous parle des vacances, ce matin... Avec d'abord, dans Le Parisien-Aujourd'hui en France, un état des lieux des eaux de baignade. Vous verrez qu'il y a ici et là des points d'eau transformés en bouillons de culture. C'est également Le Parisien qui dresse un état des lieux de la saison touristique à mi-parcours. Et là aussi, ça se dégrade. A cause de la crise et d'une météo habituelle, donc médiocre, sur la moitié nord, le bilan touristique est décevant. Mais, nous dit ce journal, ça devrait aller mieux en août. On verra. Si la fréquentation est en baisse, c'est que de plus en plus de Français ne partent pas... une occasion, pour Libération, d'épingler Nicolas Sarkozy sur le sujet. Dans la série "La contre-vérité du jour passée au crible", il y a eu cette phrase du chef de l'Etat le 14 juillet : "Ceux qui partent en vacances, ils l'ont bien mérité. Ceux qui ne partent pas, notamment avec le RSA, nous avons créé un nouveau système pour les aider". "Oui, mais..., rétorque Libération, dire que ceux qui ne partent pas sont les bénéficiaires du RSA, c'est faire peu de cas ou mal connaître ces 13 millions de Français : étudiants, ouvriers, retraités, employés, qui eux non plus n'ont pas les revenus pour partir". Alors peut-être ceux-là peuvent-ils essayer, si les prix ne sont pas trop élevés, d'aller au théâtre, car, comme nous le dit le journal La Croix, ils sont ouverts l'été, avec souvent une offre de qualité et, ici et là, des spectacles gratuits comme à Aubervilliers. Du côté de ceux qui partent, maintenant : Le Parisien-Aujourd'hui en France s'intéresse ce matin à tous ces fous de festivals, ces vacanciers qui ne rateraient Avignon ou Aix-en-Provence pour rien au monde. Et s'ils pouvaient, ils feraient bien un crochet par Orange ou Arles. Et là, la fréquentation est bonne. A mi-parcours, nous dit le quotidien : les grands festivals de l'été, ceux qui viennent de se terminer notamment, ont fait le plein. Avignon, Les Vieilles Charrues, Les Francofolies, Aix-en-Provence... Autrement dit, théâtre, rock, chanson, art lyrique : à fond la forme ! Vous parliez du théâtre pour ceux qui ne partent pas en vacances, Fabrice. On peut aussi se mettre au vert et au théâtre en même temps... Oui, à l'écart des hordes estivales, l'art et la culture palpitent, et se nichent quelquefois dans les plus beaux endroits du monde. C'est le cas des Rencontres internationales de théâtre d'Olmi-Cappella, au coeur de la Balagne. Une autre Corse : pas celle du littoral, non... Une Corse plus rude, où l'hiver il vente et il neige. Depuis douze ans, sous la houlette du comédien Robin Renucci, une centaine de stagiaires amoureux du théâtre, qu'ils soient comédiens amateurs ou professionnels, metteurs en scène, techniciens, étudiants ou enseignants, se retrouvent pendant cinq semaines pour apprendre, se perfectionner et créer des pièces, que les spectateurs vont pouvoir découvrir du 8 au 14 août. Un théâtre en plein air, contemplé par le patriarche du village : un chêne sept fois centenaire. Alors vous verrez les photos dans l'hebdomadaire La Vie, et vous rêverez de Giussani : c'est le nom du village. Et vous vous direz que pas un seul théâtre, fût-il muni des fauteuils rouges les plus beaux qui soient, ne pourra rivaliser avec ce cadre-là : la Corse... "La plus belle île du monde", nous dit Le Point. C'est écrit noir sur blanc dans un dossier de dix pages, déclaration d'amour à l'Ile de Beauté. Alors laissez-moi vous livrer ces fragments d'un discours amoureux... avec Thomas Dutronc par exemple, à qui Le Point demande ce qu'est pour lui la couleur de la Corse. "Mais enfin, il y en a mille, dit-il. C'est une île technicolor. Paris est gris, alors que la Corse, c'est le bleu ciel, le turquoise, celui des fleurs de romarin, le gris du granit, le rose des couchers de soleil, le jaune du mimosa". "Et l'odeur de la Corse, c'est quoi ?". "Ne me parlez pas d'odeur, répond Thomas Dutronc. A Paris, il y a des odeurs. Ici, il y a des senteurs. Nuance". La Corse et les mots pour le dire... Comment ne pas rappeler, aujourd'hui, la phrase de Saint-Exupéry, qui disait : "Le soleil et la mer ont tellement fait l'amour qu'ils ont fini par engendrer la Corse". Oui, Saint-Exupéry, mort il y a 65 ans jour pour jour, et auquel la presse rend hommage ce matin... L'Express, Paris-Match, le Figaro... Hommage surtout au "Petit Prince". Avec, dans L'Express notamment, les secrets de l'oeuvre. Et cette énigme : Pourquoi Orson Welles a-t-il renoncé à l'adapter au cinéma ? Réponse : Parce que, lorsque le cinéaste américain a exposé son projet à Walt Disney, celui-ci a répondu : "Il n'y a pas de place ici pour deux génies. Fin du projet". On termine avec l'hebdomadaire Courrier International, qui a le sourire aujourd'hui... Oui, puisqu'il nous propose un "tour du monde de l'humour". D'abord, sachez que si le rire est le propre de l'homme, il est surtout celui de la femme. Dans plusieurs pays du monde, les études sur le sujet montrent que les femmes rient plus volontiers, souvent aux blagues des hommes d'ailleurs. Et puis, ce qui est intéressant dans ce numéro spécial de Courrier International, c'est ce tour d'horizon de la mécanique du rire aux quatre coins de la planète. Prenez les Etats-Unis par exemple : "Difficile de se payer la tête du si brillant Président américain, en pleine Obamania". Mais qui cherche trouve, et il y en a quand même, des plaisanteries sur le nouveau Président, en Amérique. Celle-là, par exemple : "Pourquoi Barack Obama ne prie-t-il pas ?" Réponse : "Parce qu'il est impossible de lire un téléprompteur les yeux fermés". On découvre aussi, pour ce qui concerne l'Europe, les cibles préférées des uns et des autres. Celle des Français, c'est bien connu, ce sont les Belges, alors que, pour les Espagnols, ce sont les Français. Du côté des anciens pays du bloc de l'Est, la cible préférée, vous l'aurez deviné, c'est la Russie. Et puis il y a les chassés-croisés du rire : Espagne/Portugal, ou France/Grande-Bretagne : tu ris de moi, je ris de toi. En Amérique du Sud... A la question : "Comment se suicide un Argentin ?", on répond : "En se pendant du haut de son ego". Ainsi parlent les autres Latino-Américains des rois du tango. Alors à tout seigneur tout honneur : l'humour british, avec ces deux histoires, citées dans The Guardian... "Quand peut-on dire qu'un tueur a la fibre meurtrière ?" Réponse : "Quand c'est un céréale killer". Ou encore cet homme qui entre dans une pharmacie : "Bonjour... Vous avez de l'acide acétylsalicylique ? du C6H4 ?" "Vous voulez dire... de l'aspirine ?" "Voilà ! Je n'arrive jamais à me souvenir de ce mot".

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