Areva est-elle en passe d'être démantelée ?

C'est la crainte de l'Humanité ce matin, après l'annonce de l'accord entre EDF et Areva qui prévoit le transfert de la construction de ces réacteurs, justement. Pour le quotidien, c'est peut-être "le début du dépeçage"... Une crainte relayée par les syndicats de l'entreprise, qui parlent de 6.000 emplois menacés et d'une nouvelle journée d'action nationale le 15 septembre.Pierre-Emmanuel Joly, de la CGT, estime même que la prochaine étape, un possible désengagement de l'État, annonce rien de moins que "la mort d'Areva d'ici deux à trois ans".

Dans La Croix, Jean-Christophe Ploquin prédit lui la fin d'une époque : "Le rêve de grandeur s'est évanoui", écrit-il. "Le groupe Areva avait été créé en 2001 pour devenir le champion planétaire du nucléaire. L'aventure a pris fin cette année." Une fin qui s'inscrit dans un contexte plus large, selon lui : "La quasi-faillite d'Areva coïncide avec la fin du choix du tout-nucléaire qui faisait consensus depuis les années 70. Une page se tourne".

Dans Les Echos, le président d'Areva Philippe Varin joue lui le pragmatisme : "on ne sauvera pas Areva d'un coup de baguette magique. Nous sommes engagés dans une course à étapes". Difficile pour l'instant de savoir clairement à quoi ressemblera le groupe à l'arrivée. Libération se demande d'ailleurs, après toutes ses promesses d'abondance non tenues : "Où es-tu, manne Areva ?"

Omar, mort d'un Mollah

Les journaux l'avaient un peu oublié depuis plusieurs mois voire quelques années, et pour cause : le mollah Omar était en fait mort depuis 2013, on l'a appris hier. "Mort comme il a vécu, en secret", explique Le Figaro, qui consacre un long portrait à celui qui fut longtemps, avec Oussama Ben Laden, l'un des deux grands épouvantails de la lutte contre le terrorisme. "Le mollah borgne qui plongea l'Afghanistan dans l'obscurantisme", résume le quotidien. Il raconte la vie du jeune Mohammad Omar Akhund, issu d'une famille si pauvre qu'au moment où il devient célèbre, en 1994, les notables du Sud afghan n'ont jamais entendu parler de lui. C'est lors d'une bataille contre les Russes qu'il va recevoir ce fameux éclat d'obus dans l'oeil droit. "Cette blessure sera distinctive du personnage, comme Hitler et sa moustache" (joli point Godwin, au passage)...

En 1996, avec les talibans, il prend Kaboul et s'autoproclame "commandeur des croyants"... Comme quoi l'idée n'est pas nouvelle. Un homme qui "gérait son organisation comme un artisan" jusqu'à sa fameuse fuite pour échapper aux frappes américaines, perché à l'arrière d'une moto Honda... Sans doute l'image qui aura le plus construit son assez piteuse légende.

Jihad d'hier, jihads d'aujourd'hui

Libération consacre ses premières pages aux salafistes de "l'Armée de la conquête"... Une organisation rebelle syrienne qui combat à la fois Bachar al-Assad et l'organisation de l'État islamique et cherche le soutien de l'Occident... "Un jihad peut en cacher un autre", titre Libé. Ces combattants souhaitent bénéficier de l'appui américain pour créer et contrôler une "zone protégée" au nord du pays, "libérée à la fois de l'EI et des Kurdes, et abritée des raids aériens du régime de Bachar al Assad".

Ceux qui se surnomment les "hommes libres de Syrie" prônent un jihad exclusivement national, et récusent tout lien avec Al-Qaida. Pour eux, les Etats Unis ne sont pas l'ennemi, explique Libération, mais c'est plus largement une stratégie opportuniste : ils savent que la victoire dépendra de victoires militaires et politiques autant sur le terrain qu'à l'international.

Faire pleuvoir dans le désert, un pari quasi impossible

Sur Internet, le Plus s'est intéressé au projet des Emirats arabes unis de créer des pluies artificielles pour ne plus être dépendant de son climat trop chaud et sec, l'un des plus arides au monde. Pour François Bouttier, de Météo France, c'est certes tout à fait faisable avec des techniques au nom poétique comme "l'ensemencement des nuages"... Mais c'est loin d'être une bonne idée. Pour l'instant, les seuls tests réalisés aux États-Unis et en Australie ont prouvé que la technique, qui consiste à faire grossir les gouttes de pluie pour les faire tomber en pulvérisant du sel dans les nuages, ne fonctionne pas. Et lorsque ça marche, il est impossible de prouver que la pluie obtenue ne serait pas tombée de toute façon sans aucune intervention de l'homme.

François Bouttier explique surtout que même si on réussissait à faire tomber les fameuses gouttes, la température extérieure est telle qu'elles s'évaporeraient sans doute avant même de toucher le sol.

Les festivals d'été, tous les mêmes et y'en a marre

Le Figaro s'inquiète d'un certain manque d'audace : selon le journal, que vous ayiez choisi Solidays, les Vieilles Charrues, les Eurockéennes ou tout autre festival de musiques actuelles, vous aviez 99 % de chances de tomber sur un concert de Christine & the Queens, Fauve, Brigitte ou Shaka Ponk... "Les têtes d'affiche se suivent et se ressemblent..." , nous dit Claire Rodineau. "La faute aux tourneurs, soucieux de rentabiliser le déplacement de leurs poulain, lesquels multiplient ainsi leurs apparitions sur un même territoire."

La faute aussi au sacro-saint équilibre budgétaire, qui de plus en plus nécessite d'ouvrir à guichets fermés. "Les grosses machines n'ont d'autre choix que de miser sur des valeurs sûres pour attirer un public toujours plus large. Quitte à reléguer l'originalité et la découverte au second plan, sur les petites scènes". Seule exception : le Hellfest. Depuis dix ans, le festival de metal a fait le choix de têtes d'affiche différentes, et c'est aujourd'hui le troisième plus fréquenté de France.

Se faire plaisir avec Libération

Au sens propre, si l'on peut dire, puisque son cahier d'été consacre deux pages à la masturbation, "un plaisir salutaire". Quentin Girard s'est demandé pourquoi elle reste une pratique dont on ne doit pas parler en société, quarante ans après la libération sexuelle : à croire que tout rapport avec moins d'une personne est encore tabou. La masturbation était pourtant, au Moyen-Âge, prescrite comme méthode thérapeutique, oui oui. Mais c'était avant 200 ans d'image négative construite au XVIIIe siècle, qui a proscrit le plaisir solitaire, en particulier quand on n'est pas célibataire.

Comme l'explique Jane Hunt, auteure érotique : "Cela prend du temps de changer les mentalités. Dans un couple, l'orgasme obtenu par masturbation est encore considéré comme un sous-orgasme." Et Libération de résumer : "Aujourd'hui, s'astiquer ne rend plus sourd... au contraire de l'amour qui a lui toujours un effet négatif sur la vue". Dossier à lire les yeux grands ouverts et les deux mains sur le journal, merci.

L'équipe
Mots-clés :
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.