Ce matin il est question de culpabilité dans la presse

Les Jours dressent le portrait des avocats qui tentent d'établir et de documenter celle du colonel Raslan. Ex-officier des renseignements syriens, arrêté en Allemagne où il doit être jugé pour les crimes qu'il a commis au service du régime. L'avocat Mazen Darwish est l'un des principaux personnages de ce 10ème épisode de La Traque, “obsession” des Jours consacrée à cette affaire exceptionnelle. "D’habitude, c’est nous, défenseurs des droits humains, qui nous trouvons dans le box des accusés" explique d'emblée Mazen Darwish. 

Sa vocation d'avocat comme héritage d'une famille de démocrates réprimée. Il se remémore : "Mon père a été emprisonné dix-sept ans ; ma mère pendant sept ans." Réfugié en Europe depuis plusieurs années, lui aussi sait de quoi il parle quand il s'agit des geôles de Bachar. Au début de la révolution avec d'autres juristes militants il fonde "une organisation dédiée à la documentation des exactions commises par l’État - comme par les groupes armés." 

En février 2012, Mazen Darwish est arrêté avec d'autres. Il vivra l'horreur de la détention en Syrie pendant plus de trois ans. Pour une raison précise : "Quand j’étais détenu, Jamil Hassan, le chef des renseignements de l’armée de l’air, est venu me voir", se souvient Mazen Darwish. "Je me rappelle de sa dernière question : “Vous cherchez à tous nous envoyer à la Cour pénale internationale de La Haye ?” Preuve que les tortionnaires ne sont jamais complètement certains de rester impunis. Avec ce premier procès attendu du Colonel Raslan, Mazen Darwish espère que pour les coupables "Tôt ou tard, les comptes seront rendus." 

En Italie le procès de Matteo Salvini aura bien lieu.  

On entend moins parler de lui depuis son départ du ministère de l'Intérieur italien il y a presque un an. Mais les juges de la péninsule - eux - l'ont toujours dans le viseur nous rapportent Les Échos. Le Sénat autorise son procès pour "séquestration de personnes aggravées". "Dans toute carrière politique en Italie, il faut évidemment passer devant les électeurs, mais aussi souvent devant les magistrats" écrit Olivier Tosséri le correspondant du quotidien économique à Rome.  

Le leader de la droite est renvoyé devant la justice pour sa gestion de la crise migratoire. En août 2019 il interdisait pendant plusieurs jours à 150 migrants à bord du bateau humanitaire l’Open Arms de débarquer à Lampedusa.  Salvini assume : "Je referais tout à l'identique pour protéger les frontières de ma patrie". D'ailleurs, même s'il n'est plus aux affaires sa politique reste populaire. Face à de récents débarquement de migrants sur les plages italiennes, la nouvelle ministre de l'Intérieur affirme : "ces arrivées sont inacceptables". 

Le Monde nous apprend qu'un policier français a été jugé hier pour violences sur un migrant à la frontière italienne.  

Le tribunal correctionnel de Gap condamne à deux ans de prison avec sursis ce gardien de la paix de la police aux frontières âgé de 51 ans. A l'été 2018, un jeune malien entre illégalement en France par un point de passage des Hautes-Alpes. Arrêté par la police, il est raccompagné avec d'autres migrants à la frontière. C'est là qu'il réalise que son portefeuille a disparu.  

Il se plaint auprès de l'agent de police en question et enregistre la conversation avec son téléphone. « Il me manque 600 euros et mon ami 200 euros », on entend un policier lui répondre « Tu arrêtes de me traiter de voleur, sinon je t’en colle une ». Suivent des bruits que la présidente du tribunal estime être ceux “d’une bousculade et de coups". Une interprétation remise en cause par l’avocat du policier nous dit Le Monde, qui souhaite faire appel. 

Qui a tagué le sommet de la tour abandonnée de La Courneuve ?  

Building de 80 mètres de haut, désaffecté depuis 2004, et décors de nombreuses légendes urbaines. La journaliste du Parisien Claire Guédon nous relate le dernier mystère de la tour "Entrepose" : un Immense graffiti à son sommet. On peut y lire : "Commissaire - trop suspect !"  

"Je l'ai vu en passant et je n'ai compris ni la signification, ni la référence, dit un habitant au Parisien. Vu l'état du bâtiment, on n'est plus à ça près." C'est vrai qu'il ne reste aucune fenêtre sur la vingtaine d'étages. Les vitres ont toutes été subtilisées un été. Et les niveaux inférieurs sont murés depuis l'expulsion d'une quarantaine de squatteurs en 2017. Fin juin la tour faisait encore parler d'elle. “Des parachutistes de l'extrême” adeptes du Base Jump se sont filmés en sautant du toit à la tombée de la nuit. On les voit voler entre les bâtiments, et atterrir le long d'une départementale. Qu'en pensent les propriétaires du lieu ? La mairie n'arrive plus à les joindre depuis bien longtemps. Ils ne résideraient pas en France. 

Dans sa série d'été : Une vie en héritage, Libération revient sur l'histoire de l'américaine Patricia Hearst. 

Le cliché le plus célèbre de Patricia Hearst montre une jeune femme posant un fusil-mitrailleur à la main. En tenue kaki, devant un drapeau rouge orné d'un étrange symbole noir. Valérie Sarre nous raconte l'histoire de cette jeune héritière d'une famille de patrons de presse, enlevée par un groupuscule d'extrême gauche en 1974 et passée dans le camp de ses ravisseurs : l'Armée de Libération Symbionaise, L'A.L.S. 

En fait d'armée ce sont moins d'une dizaine de gauchistes, de jeunes blancs issus de milieu aisés dirigé par un charismatique trentenaire noir, évadé d'un pénitencier. Kidnappée à San Fransisco à 19 ans, arrachée à sa luxueuse vie d'héritière, Patricia est enfermée dans un placard pendant cinquante-sept jours. Violée, mal nourrie, forcée à subir les discours politiques de ses ravisseurs qui la considèrent comme une "ennemie capitaliste du peuple". Elle finit pourtant par embrasser leur cause.  

Patricia devient Tania, en l'honneur d'une camarade du Che. Elle participe à plusieurs hold-up, mitraille la devanture d'un magasin pour couvrir ses complices. Arrêtée en 75 - son procès tente de déterminer si son ralliement à l'A.L.S. était sincère ou contraint. A l'époque on ne parle pas encore de syndrome de Stockholm. Elle est condamnée par le tribunal à sept ans de détention pour attaque à main armée. Sur le registre de la prison Tania inscrit d'elle-même dans la case profession : "Guérilla Urbaine". Sauf que quelques années plus tard, le Président Jimmy Carter écourte sa peine. C'est Patricia qui sort en arborant pour les photographes un T-shirt - "Pardon Me". 

"L’Amérique des années 70, pouvait-elle accepter qu’une jeune fille blanche, héritière de surcroît, puisse trahir sa classe sociale ?" se demande Lola Lafon auteure d'un roman sur son histoire. Alors coupable ou pas ? Peu importe pour sa famille bourgeoise et respectable : mieux valait l'histoire de la jeune Patty manipulée, que celle de Tania la rebelle. 

Contact
Thèmes associés
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.