Ce n'est pas tous les jours que les journaux peuvent mettre l'espoir en Une... En toutes lettres, et en grosses lettres... Qui plus est, sur un sujet aussi important que celui-là : "SIDA, enfin une lueur", titre "Libé"... "Un combat international de 25 ans", ajoute "La Croix". En effet, pour la première fois depuis l'apparition du virus, en 1981, l'ONU annonce une stabilisation de l'épidémie. Alors, grâce à qui, et grâce à quoi ? Aux programmes sanitaires, bien sûr, mais aussi à une prise de conscience économique. Il se trouve que dans certains pays, le SIDA sape la croissance, et entrave tout développement... Alors, évidemment, la communauté internationale, aux ordres de la sphère économique, a décidé de réagir... Ce que "Libération" appelle "des impératifs sécuritaires"... Ainsi, depuis 2001, le SIDA est de tous les sommets... Un fonds mondial a été lancé... "On n'a jamais vu autant d'argent, dans l'histoire du développement, arriver aussi vite", note un diplomate... Alors que, dans le même temps, un plan américain mobilise 15 milliards de cash sur 5 ans... Mais sans oublier son cortège d'ordre moral, puisque cette aide est liée à des programmes d'abstinence sexuelle et de fidélité. Question d'argent, question de morale... Peu importe : finalement, seul le résultat compte... Et comme l'explique, de façon saisissante, un membre de l'ONG "Oxfam", "le SIDA, c'est comme une table à trois pieds... Les pieds, ce sont l'argent, le système de santé et les médicaments... Et le plateau de la table, c'est la volonté politique". On note tout de même que le pilier principal, ça reste l'argent... Quoi qu'il en soit, l'épidémie marque le pas... Une bonne nouvelle... Bien sûr, en termes relatifs, parce qu'il y a toujours près de 40 millions de porteurs dans le monde, et 2 millions 800.000 morts l'an dernier... Mais répétons-le : c'est bel et bien la première fois que le rapport de l'ONU redonne de l'espoir... C'est déjà énorme. Autre problème sanitaire mondial... Autre grand tueur des temps modernes... Le tabac... Aujourd'hui, c'est la Journée mondiale sans tabac... Un jour particulier, que la France a décidé de placer sous le signe de l'interdiction totale dans les lieux publics... Etonnant paradoxe, quand on sait qu'une telle loi n'existe pas chez nous... Son projet vient d'être repoussé... Et paradoxe dans le paradoxe : précurseur en 91 avec la loi Evin, notre pays peine à suivre l'exemple de ses homologues européens... Autrement dit, en 91, la loi était en avance sur la société... "Désormais, c'est le contraire", se lamente le pneumologue Bertrand Dautzenberg, dans les colonnes du "Monde"... Lequel journal publie une carte européenne des législations sur le tabac, où l'on s'aperçoit qu'en Italie, en Espagne, au Royaume-Uni ou en Suède, l'interdiction de fumer est totale dans tous les lieux publics, y compris les bars, restaurants et discothèques, et qu'en la matière, la France, qui n'est pas un bon élève, n'est pas le plus mauvais non plus... En Allemagne par exemple, les mesures de restriction sont peu nombreuses, et la publicité pour le tabac est toujours autorisée... Mais le paradis des fumeurs, c'est la Grèce, où le paquet de cigarettes ne coûte en moyenne que 2 euros 80, et où on peut fumer partout, sauf dans les transports publics. Reste l'exemple emblématique du "Stromboli", un restaurant en Italie qui, jusqu'à l'an dernier, était le paradis des fumeurs, parce que les zones avec ou sans cigarettes se confondaient... Mais cette année, c'est terminé : plus personne n'a le droit de fumer... Et la patronne est formelle : elle n'a pas perdu UN client... Peut-être de quoi rassurer les restaurateurs français, qui ont peur pour leur chiffre d'affaires si une loi devait passer. Voyez : même le "Stromboli" s'est arrêté de fumer... Alors, tout le monde peut le faire. Il y a des états de grâce moins confortables que d'autres... Jacques Chirac en sait quelque chose... Lui qui a déclenché la tempête en amnistiant son ami Guy Drut... Même "Le Figaro" désapprouve. En termes très clairs, Alexis Brézet, dans son édito, écrit : "Mesure incompréhensible. Mais comment Jacques Chirac, légitimement soucieux de la trace qu'il laissera dans l'Histoire, a-t-il pu se tendre à lui-même ce piège-là ?, s'interroge notre confrère... Faiblesse de l'amitié, aveuglement d'un Président qui ne sent plus l'opinion... Peu importe : le mal est fait... Du cas Guy Drut, la droite n'a pas fini d'entendre parler", pronostique Alexis Brézet. De fait, c'est aussi la droite qui fustige la droite, avec cette affaire... Jean-Louis Debré en tête, le fidèle des fidèles, qui désapprouve une décision de son Président, son ami... Comme quoi, cette amnistie a quelque chose d'explosif... Et c'est probablement ce qui a inspiré ce titre au "Canard Enchaîné" : "Nouvelle flambée du baril de Drut". "Un Président de la République en fin de course, un Premier ministre qui aurait dû depuis longtemps sauter... Le 110 mètres haies est une rude épreuve d'actualité", écrit Eric Antaz dans "Le Canard", qui nous livre aussi ces deux confidences... Dominique de Villepin lui-même n'aurait pas bien accueilli l'amnistie de Guy Drut... En revanche, Nicolas Sarkozy se serait montré d'une rare indulgence. Si l'on en croit "Le Canard Enchaîné", lundi, le ministre de l'Intérieur aurait dit, en petit comité : "Guy Drut n'est tout de même pas un repris de justice. Sa grâce ne représente pas un trouble à l'ordre public. L'amnistie du 14 Juillet, qui consiste à libérer des milliers de délinquants, est plus problématique". Fin de la citation prêtée à Nicolas Sarkozy. Oui, enfin, "l'ennui c'est qu'en démocratie, la gentillesse réservée à un ami, ça s'appelle une faveur", note Francis Brochet dans "Le Progrès". D'ailleurs, est-ce vraiment un cadeau fait à un ami ?... "Non, répond Jorge d'Hulst dans 'Libération Champagne'... C'est plutôt un mauvais service car, désormais, le député Guy Drut incarne la France des privilèges, celle d'une élite qui considère que les lois qu'elle vote ne la concernent pas". Et c'est dans ce contexte, cette fin de règne qu'on dira... difficile, que sort, sur les écrans français, le film de Karl Zéro et Michel Royer intitulé "Dans la peau de Jacques Chirac". Un film important ? Une oeuvre majeure ? Une contribution à l'Histoire, ce documentaire, entre guillemets, sur la carrière de Jacques Chirac ? Pas vraiment, estiment nos confrères de la presse écrite, qui sont plutôt partagés entre le parti d'en rire et j'allais dire celui d'en pleurer... C'est un peu excessif, mais nous n'en sommes pas loin. Le rire, oui... Comme l'exprime Jean-Paul Grousset dans "Le Canard Enchaîné"... "Chirac serrant les pognes, Chirac béquilles à la main, Chirac affirmant dur comme fer l'exact contraire de ce qu'il a dit auparavant... Tout cela commenté par l'imitateur Didier Gustin... On rigole, on s'amuse... Mais c'est bien là le problème, explique Jean-Paul Grousset... A la différence des "Guignols", dont le mordant éditorial tient à la pertinence politique, Karl Zéro en reste au stade de l'amusement, mâtiné de fascination, devant ce formidable acteur qu'est Jacques Chirac". Partagé également, "Libération", qui estime que Karl Zéro empile les gags hilarants, mais sans réussir une comédie politique. Oh, le film n'est pas médiocre, mais il n'a pas trouvé la clé pour sortir de L'APPARENCE chiraquienne". "Effectivement, pas assez sérieux, ce film, pour devenir un pamphlet", complète "Le Figaro"... Idée exprimée par "Le Monde", mais là sans nuances... C'est un réquisitoire. "Parce que les images puisées dans la réalité ne disent pas tout, le commentaire, qui est écrit comme une fiction, s'autorise à dire n'importe quoi", dénonce Thomas Sotinel... Qui ajoute : "Cet exercice qui, selon son auteur, devait avoir une vertu civique, revient à un abaissement... A la fois du cinéma et du débat politique". Une révélation... Du côté du Rocher... C'est dans "Le Parisien"... Un deuxième enfant pour Albert de Monaco... Oui, le prince Albert reconnaît une adolescente de 14 ans, qui vit en Californie... Une information délivrée dans un livre à paraître demain... Ouvrage intitulé "Les dessous de la presse people"... Un univers impitoyable, nous dit "Le Parisien", avec des photos très chères, et des rédactions sous tension, où l'on est même obligé, sur les feuilles comportant les sujets à venir, de coder les phrases, pour éviter les fuites. Ainsi, chez "Closer", Kate Moss est surnommée "Coco", parce que, dans ces rédactions-là, règne une certaine parano... Comme chez "Voici" où, persuadée qu'un employé en interne prévient le concurrent "Closer" des Unes à venir, la direction enquête sur ses propres salariés, quitte à se procurer les relevés de téléphone portable de chacun, affirment les auteurs du livre... Information démentie par la direction de "Voici". Les autres victimes, bien sûr, ce sont les célébrités dont la vie privée est dévoilée... Mais ne nous y trompons pas, rectifie le rédacteur en chef de "Voici" : les célébrités françaises sont parfois très hypocrites... Récemment, nous avons publié des photos anodines d'un célèbre journaliste accompagné d'une amie... Il a attaqué en référé à Cannes... Or, avec la même personne, il montait les marches sous l'objectif d'une centaine de photographes et d'une dizaine de caméras. Et puis le stress, dans la presse people, c'est bien sûr la menace du procès... Menace constante... Eh bien, sachez que, chaque année, un grand magazine people prévoit, dans son budget, 2 millions d'euros pour payer les amendes. Voilà. Je voudrais juste vous faire une petite confidence... Ce matin, sur le coup de 4 heures, je peux vous dire qu'il faisait vraiment très froid à Paris... Pas si froid que ça, pour un mois de janvier... A ceci près que demain, nous sommes au mois de juin... Que tout cela n'a aucune importance... Mais que ça nous pourrit quand même un peu la vie... Et que c'est un souci pour les gens pour qui tout va bien. Alors, citons le billet d'Alain Répond, dans "La Croix", sur ce sujet fondamental, qui nous dit qu'il a été élevé avec deux principes : "en avril, ne te découvre pas d'un fil", "en mai, fais ce qu'il te plaît". "Or, en mai, ai-je fait ce qu'il m'a plu ?... Non, car il a plu. Et il fait encore plus froid qu'en avril, où j'ai pourtant pris garde de ne pas me découvrir d'un fil. Autant vous dire que les grands principes de mon enfance sont morts et enterrés... Ainsi s'écroulent les civilisations... Alors, en guise d'oraison funèbre, je propose de nouvelles maximes, à l'usage des jeunes générations : "En mai, fais du feu de cheminée"... "En juin, l'été à la Saint-Glinglin"... "En août, mange des yaourts". Non, celle-là, c'était juste pour rire... C'est tout ce qui nous reste. Bonne journée quand même. A demain.

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