(Patrick Cohen) Dans la presse ce matin : de la fumée ! (Bruno Duvic) Fumée des centrales nucléaires tout d'abord. Quel est le plus dangereux : l'atome ou le concombre espagnol ? "Verboten", tous les deux répond Angela Merkel croquée par le dessinateur Delestre dans l'Est Républicain. Concombre et centrales, l'Allemagne à la Une. Mais c'est avec le nucléaire que les journaux font leur salade ce matin. Plus de centrale dans un peu plus de 10 ans, c'est un audacieux pari pour l'édito de Ouest France, c'est un « kolossal » défi, pour celui de la Charente Libre. Alors débat, débat en Allemagne, d'abord. Dans le pays, le nucléaire représente aujourd'hui 22% d'électricité rappelle la Croix. Par quoi le remplacer et qui va payer ? Angela Merkel répond, gaz, charbon et énergies alternatives... Inconvénients, exposés dans la plupart des journaux. Le gaz il va falloir l'importer. L'Allemagne va donc accroitre sa dépendance à l'égard de la Russie. Le charbon, il émet du dioxyde de carbone. Que vont devenir les promesses de réduire les émissions ? Les énergies renouvelables, éolienne, dépendent du vent, pas toujours fiable. Alors coup de gueule du directeur de la fédération allemande de la Chimie dans les Echos : avec l'abandon programmé du nucléaire, le risque de coupure de courant augmente et les prix de l'énergie augmentent déjà. A terme, dit le chimiste lobbyiste, l'industrie devra se poser la question de rester ou non sur le sol allemand. Alors Angela Merkel serait-elle un brin hypocrite ? C'est la thèse du Figaro., Titre de Une : l'Allemagne cède aux écologistes. En septembre, la chancelière voulait prolonger la durée de vie des 17 centrales allemandes, aujourd'hui elle veut les fermer. Derrière ce revirement un calcul électoraliste selon Pierre Rousselin dans l'édito. Dans la perspective des législatives de 2013, Angela Merkel parie sur une alliance avec les Verts. Comble de l'hypocrisie, l'Allemagne va importer de l'énergie : ce sont nos centrales nucléaires qui éclaireront et chaufferont les écolos allemands. Dans le Républicain Lorrain Philippe Waucampt fait ainsi de l'Allemagne un passager clandestin dans l'Europe de l'énergie. Patrick Fluckiger est d'accord dans l'Alsace : Berlin se décharge du fardeau nucléaire en le faisant porter par ses voisins. (Patrick Cohen) En tout cas, la décision, place le nucléaire au cœur de la campagne... (Bruno Duvic) C'est le titre du quotidien 20 minutes. Car on lit les critiques, mais on lit aussi l'édito de Rémi Godeau dans l'Est Républicain. Le lobby nucléaire s'attache à décrédibiliser l'initiative allemande. S'arrêter là serait une erreur. Le pari allemand nous concerne tous. Jacques Guyon enchaine dans la Charente Libre : "Pourquoi l'Allemagne qu'on ne cesse de nous citer en exemple serait elle brusquement inconséquente ? (...) Les Allemands ne sont pas de doux rêveurs. Leur « Kolossal » défi promet aussi de colossaux investissements dans les énergies renouvelables. Un domaine où ils ont déjà une très confortable avance sur nous. Le voilà, l'audacieux pari d'Angela Merkel. A l'heure où beaucoup, comme l'hebdomadaire « Pèlerin » cette semaine se demandent comment consommer moins et vivre autrement, l'Allemagne se place en pôle position. C'est le choix d'Angela. Nous risquons une fois de plus de nous faire distancer dans cette course aux énergies renouvelables, enjeu majeur pour l'avenir, écrit Michel Lepinay dans Paris Normandie. Le choix allemand embarrasse tout le monde : le gouvernement, mais aussi le Ps. Pour Lepinay, le parti socialiste va désormais subir un assaut renforcé de ses alliés écologistes qui vont tenter d'obtenir, en échange de leur soutien en 212, un engagement sur la voie allemande. Le débat prendra-t-il en France? Pour l'instant le ministre de l'énergie campe sur sa ligne : notre monde ne pourra pas se passer du nucléaire au 21ème siècle. Et EPR, le nouveau réacteur d'Areva est le plus sûr au monde. Pas de moratoire. (Patrick Cohen) Quoi d'autre dans la presse ? (Bruno Duvic) La fumée des polémiques. Elle plaisante sur Morano, elle est licenciée pour faute grave. Rue 89 raconte l'histoire de cette vendeuse du printemps de Nancy, auteur d'une blague douteuse sur la ministre en visite dans le magasin. La salariée a eu beau s'excuser elle a dû quitter son travail. Vous en parliez Patrick avant 8 heures. Autre controverse, lancée cette fois par le site des Inrockuptibles. Encore une histoire de séjour en Tunisie payée par l'ancien régime de Ben Ali. Celui ci date d'il y a 5 ans, 2006. Cette fois c'est Gérard Longuet, le ministre de la défense et le journaliste Jean Marc Sylvestre qui sont accusés par le journaliste Nicolas Beau, documents à l'appui. Colère fumeuse. Drôle de fin de carrière pour Johnny. Le Parisien Aujourd'hui en France raconte une vive altercation publique entre la star et son ancien producteur Jean Claude Camus lors du concert de Line Renaud à l'Olympia. Colère des fonctionnaires à la Une de l'Humanité. Emploi supprimé, salaires bloqués, pouvoir d'achat étranglé écrit l'Huma. Journée de mobilisation. (Patrick Cohen) A côté du nucléaire : un autre débat traverse la presse... Il concerne Internet et les réseaux sociaux. (Bruno Duvic) Et parole plutôt aux cyber pessimistes ce matin. Dans l'édition Oise du Parisien Aujourd'hui en France, d'abord, une histoire assez édifiante. Comment une folle rumeur d'enlèvements d'enfants envahit les cours de récré dans la région de Beauvais. La maire de la ville a beau répéter qu'il n'y a jamais eu d'enlèvement, les gendarmes ont beau affirmer qu'il n'y a aucun fait avéré, la rumeur court, alimenté par les messages sur les réseaux sociaux ou les textos. Le Parisien cite celui-ci, notamment, reçu par un ado : "Fais passer ce message sur les enlèvements d'enfants à tes contacts, ou tu te feras enlever. Attention à ce que vous dites sur Twitter. C'est une forme de consécration, les juristes commencent à s'intéresser de très près au site. Telerama.fr raconte une première juridique : le nom du détenteur d'un compte anonyme vient d'être transmis par Twitter à un juge Californien. L'Internaute en question est accusé de diffamation dans ses tweets. On répondra à ces cyber pessimistes que les réseaux sociaux ont contribué à faire les révolutions arabes. Même cet argument ne convainc pas l'universitaire Evgueni Morozov, l'un des bloggeurs les plus réticents vis à vis du rôle politique d'Internet et des réseaux sociaux. Les cyber grenades, dit-il sont dans toutes les mains, et pas seulement celles des démocrates. Et de souligner à quel point les régimes dictatoriaux peuvent utiliser la toile à des fins de propagande ou de flicage. C'est à lire dans le magazine Books de ce mois-ci. On lui opposera cette vidéo terrible qui circule depuis plusieurs jours à propos de la Syrie. Image d'un adolescent torturé et tué. Le garçon a 13 ans, il s'appelle Hamza, il est en passe de devenir le visage et le martyr de la révolution syrienne. La circulation des images est en train d'accroitre l'opposition au régime de Bachar el Assad écrit Rue 89. La page Facebook « Nous sommes tous des Hamza al Khateeb » a 50.000 inscrits. Conclusion à Alain Rémond dans son billet de la Croix. En cette journée mondiale anti tabac, il se demande si les clopeurs ne fument pas pour une seule raison : voir le monde et ses horreurs derrière un écran de fumée. Parfois, il y a urgence à dissiper la fumée.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.