La revue de presse, bonjour Hélène Jouan

On commence par la somme, rondelette, débloquée par le gouvernement.

Le milliard : un milliard d’euros supplémentaire pour les enseignants d’ici 2020, annonce faite par la ministre de l’éducation Najat Vallaud Belkacem.

De façon très pragmatique, le journal la Croix détaille tout simplement combien ça va faire en plus par enseignant. Pas tout à fait une peccadille, par exemple, un prof des écoles avec 15 ans d’expérience verra son salaire augmenter de 2000 euros brut par an dès la rentrée prochaine. A en croire la ministre, une telle revalorisation ne s’était pas vue depuis « un quart de siècle ». Engagement financier important donc, 500 millions dès 2017, 500 millions en plus d’ici 2020 ; « A condition conclut le journaliste, que la prochaine majorité décide de garder le cap ».

Mise en garde utile, car ce milliard n’est pas du goût de tout le monde. Pas du Figaro en tout cas, qui estime qu’il fait partie des « chèques que François Hollande distribue pour tenter d’éteindre la contestation autour de la loi travail ». Après les intermittents, dockers, cheminots, chercheurs à qui le président a rendu hier leurs 134 millions d’euros de crédit menacés, et bien voilà donc le tour des profs, cet électorat traditionnel de la gauche majoritairement opposé à la loi travail. Le problème c’est qu’une fois un foyer potentiellement éteint, un autre surgit. Comme dans les déchets à Paris, où la promesse d’une grève longue à Air France. « Sauf à faire exploser les déficits prévient le journal, le président devrait prochainement manquer de fonds pour tenter d’acheter la paix sociale aux quatre coins du pays ». « L’Elysée est devenu le bureau des pleurs et des consolations » résume Didier Rose dans les Dernières Nouvelles d’Alsace

Cette volonté de ramener la paix sociale coûte que coûte débouche sur de curieuses situations...

«SNCF, bras de fer entre la direction et le gouvernement » titre le quotidien Les Échos . Et oui, l’empressement du gouvernement à tout faire pour éviter le blocage des rails à partir de ce soir et le fait qu’il se soit mis à discuter en direct avec les syndicats en squizzant la direction, ont juste failli conduire à la démission du PDG de la SNCF, Guillaume Pépy ! Au final, un communiqué du service de presse hier de l’entreprise publique a balayé la rumeur, tout comme le ministre des transports sur France Inter ce matin. N’empêche que Guillaume Pépy n’a pas apprécié, raconte le journal, les concessions faites par le gouvernement pour fissurer le front syndical, qui ne s’apparente à rien d’autre qu’une immixtion dans la gouvernance de l’entreprise

Enfin, rangeons dans la case « dommages collatéraux » de cette loi travail sur laquelle campe le Président, il le redit d’ailleurs très clairement ce matin dans un entretien à Sud-Ouest, l’assignation dans leurs ministères de la plupart des membres du gouvernement. C’est Stéphane Grand dans L’Opinion qui raconte comment Myriam El Khomri ne « peut plus bouger sans deux escadrons de CRS à ses côtés », et que les déplacements ministériels notamment en Bretagne où la contestation est la plus radicale, se font mezza vocce . Ceci dit, les poids lourds du gouvernement ont trouvé une autre solution ; tous aux abris ! Ainsi Ségolène Royal préfère envoyer son ministre des transports au front, oui Alain Vidalies était effectivement chez Léa Salamé il y a quelques instants, tandis que d’autres parait-il, découvrent « les joies du calendrier international ». Marisol Touraine par exemple s’est envolée pour une tournée d’une semaine au Mexique , cafte le journaliste

Les élus n’ont pas forcément bonne presse, mais eux, on continue de les respecter, un peu… Ouverture aujourd’hui du 99ème congrès de l’association des maires de France.

Oui, Eux ce sont les maires, ces élus de proximité en première ligne face au désarroi social de leurs concitoyens, mais qui se disent aujourdh’ui parfois bien démunis pour y répondre, en raison notamment de la baisse des dotations de l’état. Ouest France , qui consacre toute cette semaine un dossier intitulé « comment faire de la politique autrement », raconte ce matin les initiatives prises par ces maires de bretagne pour rétablir le dialogue avec leurs électeurs : café citoyen régulier pour le maire de ST Quai Portrieux, jury citoyen mis en place à Laval pour tenter d’impliquer chacun dans les décisions de la commune, mise en place d’un site web à Dinan pour rendre compte pas à pas de la réalisation des engagements du maire. La Croix narre pour sa part le quotidien du maire de Niort, 58 000 habitants. Où l’on mesure d’abord l’emploi du temps titanesque de cet élu, mais aussi la somme des compétences qu’il doit avoir, sur les affaires financières, écologiques, sociales ou juridiques. Un portrait qui nous emmène évidemment très loin du «Tous pourris » trop facilement ressassé.

Le premier d’entre eux, le président de l’association des Maires de France, François Baroin n’en oublie pas pour autant de faire de la politique. Celui qui s’apprête à se lancer dans la campagne des primaires républicaines aux côtés de Nicolas Sarkozy, dénonce ce matin dans Aujourd’hui en France le Parisien, le coût financier pour les communes de la réforme des rythmes scolaires. Il demande une nouvelle aide de 640 millions d’euros supplémentaires à l’Etat. «je ne suis pas schizophrène , assure-t-il,il faut faire un effort pour assainir les financespubliques, mais là, c’est l’état qui a décrété la réforme, il ne serait pas choquant qu’il la paie à 100% »….la maire de Paris, la socialiste Anne Hidalgo y va aussi de son petit tâcle, dans une interview aux Échos, « si on n’avait pas baissé aussi brutalement les dotations des collectivités, le retour de la croissance et de l’emploi aurait été plus rapide » accuse-t-elle

Allez, quelques petits chèques supplémentaires, monsieur le Président…

Dans la presse également, ce matin, quelques parcours…

Parcours de Yassin et de sa famille, dans une enquête signée David Thomson, à lire sur le site les jours. Longue narration en plusieurs épisodes, les Jours en ont fait une spécialité, de l’histoire de ce « revenant » Yassin, revenant de Syrie où il a succombé aux appels de l’Etat islamique avant que ses parents n’aillent le rechercher sur place, au mépris de leur confort et des risques encourus. Pour le sauver, le soigner, Yassin a pris une balle au combat, c’est en effet toute la famille, les parents et les petites sœurs qui partent à Mayadin en Syrie. « Un saut dans l’inconnu, une plongée dans un autre siècle » écrit le journaliste qui nous fait partager les questions d’un jeune homme qui essaie aujourd’hui de comprendre pourquoi et comment il est tombé, le désespoir et le comabt d’une famille française. Magnifiques illustrations signées Jean François Desserre dans les Jours

Autre parcours, celui qui a poussé Bolloré « à la manette des jeux vidéos » comme le titre Libération. Vivendi qui a finalisé vendredi son OPA hostile sur Gameloft, spécialisée dans les jeux pour mobile. Un rachat qu’il a payé au prix fort, pour tenter dans un second temps d’absorber Ubisoft, le vaisseau amiral, le troisième éditeur mondial de jeux vidéos. Bataille économique et stratégique donc, mais à laquelle le magazine Bretons donne un autre éclairage : «c’est un finistérien qui tente de prendre le contrôle d’un groupe contrôlé par des Morbihannais, les Guillemot ». Parcours de Bretons donc « ces Bretons qui dirigent la France » affirme le mensuel

Et je terminerai par une question posée par l’Humanité : « les humoristes de France Inter sont ils devenus la caution de gauche de la station ? » Etiquette pas revendiquée par tous, loin s’en faut, mais tous louent la liberté dont ils jouissent sur cette antenne. « L’humour c’est le lubrifiant, la vaseline du débat , s’exclame Charline Vanhoenecker,il tient l’esprit critique en éveil »

Un petit coup de lubrifiant pour réveiller notre esprit…je laisse la place à Alex Vizorek !

L'équipe
Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.