témoignage d'Ali Arkady, photojournaliste irakien qui a suivi les soldats irakiens à Mossoul. Glaçant. l'encombrant Monsieur Ferrand à la Une de la presse

La revue de presse, bonjour Hélène Jouan

Vous commencez ce matin par un témoignage

Témoignage glaçant, photos terrifiantes. Témoignage d’Ali Arkady à la Une de Télérama ce matin, « l’homme qui en a trop vu ». Ali Arkady est un photojournaliste irakien qui a accompagné les soldats irakiens partis à la reconquête de Mossoul. Au départ, il veut rendre compte de leur « courageux et remarquable travail dans la lutte contre daech ». Mais il va se retrouver au milieu d’un déchainement de violences contre des civils, avec actes de tortures, exécutions sommaires et viols…Ali Arkady photographie, filme, se dit qu’il est là pour témoigner d’une des vérités effroyables de ce conflit. Les photos publiées par Télérama, déjà diffusées par der Spiegel en Allemagne, ou le New York Times, montrent ces scènes de torture par des soldats chiites pour la plupart, qui assouvissent leur revanche sur des sunnites soupçonnés d’avoir accueilli Daech avec sympathie, voire collaboré. Mais l’histoire d’Ali Arkady va plus loin, car il n’est pas qu’un simple témoin ou valeureux « passeur ». Après avoir fui son pays, et publié son reportage, il reprend contact avec la journaliste de Télérama Julie Bénabent, et lui livre une autre vérité qui le hante. Pour gagner la confiance des soldats, le photographe a dû lui aussi commettre des violences. Mis à l’épreuve lors de séances de supplice, testé par les tortionnaires qui lui ont dit « Ali, tu es le seul à ne pas avoir frappé, il prend peur, et à son tour gifle le prisonnier une fois, en frappe un autre une seconde fois ». Ali a scellé par la violence la confiance de ceux qu’il entend dénoncer écrit le journaliste. Lui ne s’en remet pas, finit par fuir, aidé par son agence photo qui exfiltre également sa femme et sa fille, tous menacé par des soldats irakiens qui veulent évidemment se venger. A l’abri, mais il sait que le cauchemar ne fait que commencer, c’est toute une vie à reconstruire, avec le fardeau d’une culpabilité qui le harcèlera peut-être toute sa vie …Ali Arkady, l’homme qui en a trop vu, et qui nous donne à voir la sale réalité de toute guerre

Autre information liée à ces troupes irakiennes Hélène ce matin dans la presse

A la Une du Wall Street Journal, « la France tue directement ses djihadistes » ; directement ou presque. Les journalistes du Wall Street Journal affirment en fait que les forces spéciales françaises feraient appel depuis des mois à l’armée irakienne pour éliminer les djihadistes français installés à Mossoul. Des officiels irakiens interrogés affirment que des français, sous uniforme irakiens recherchent et localisent les cibles qui les intéressent, puis ce sont les soldats irakiens qui terminent le travail en quelque sorte en les éliminant physiquement. Une partie de l’armée irakienne serait donc employée comme un sous-traitant afin de mener des exécutions extra judiciaires. Ces accusations sont rejetées dans l’entourage des forces spéciales françaises précise Olivier Fourt dans un article mis en ligne sur le site de Rfi , elles affirment que la priorité reste « d’arrêter et de capturer ces djihadistes », réfutent toutes listes d’éliminations ciblées, mais reconnaissent qu’il y a bien un « échange d’informations avec les troupes irakiennes ».

En France, Hélène, c’est notre invité Richard Ferrand qui occupe largement la Une de la presse…

Une presse assez accablante pour vous Richard Ferrand, « l’encombrant monsieur Ferrand » à la Une du Parisien/Aujourd’hui en France, « Faites ce que je dis, pas ce que je fais » titre Libération, « Ferrand enferré » pour l’Echo de la Haute Vienne. La justice n’a jusqu’à présent pas trouver à enquêter sur ce que le Monde présentait hier sur 5 colonnes à la Une comme « un mélange des genres » dont vous vous seriez rendu coupable à l’époque où vous dirigiez les Mutuelles de Bretagne, mais Mathieu Delahousse révèle sur le site de l’Obs que les Républicains ont demandé hier aux Parquets de paris et de Brest de revoir leur position et d’ouvrir une enquête sur votre opération immobilière de 2011 soupçonnant qu’elle pouvait recevoir la qualification d’abus de confiance voire d’escroquerie. En tout état de cause, la presse souligne ce matin que cette histoire est particulièrement mal venue pour Emmanuel Macron. Vous êtes un « caillou dans ses chaussures »pour Libé, « les 12 coups de minuit ont sonné » pour Emmanuel MAcron, tacle Maud vergnol dans l’Humanité, vous êtes « une tache sur la belle photo livrée par l’Elysée » dit Cécile Cornudet dans les Echos, « une vilaine tache sombre sur un début de quinquennat immaculé » pour l’Opinion. L’Opinion qui donne la parole à quelqu’un qui vous défend, un autre proche du président, le chef d’entreprise Jean-Marc Borello « je suis choqué dit il, par le procès d’intention fait à Richard Ferrand, cet argument du « c’est légal mais pas moral » est inquiétant, il est le signe d’une dérive actuelle, on est présumé innocent, pas sanctionné, mais on devrait se retirer de la vie politique au nom de la morale, mais laquelle ? Pour certains la morale est dictée par des valeurs religieuses, pour d’autres par des références idéologiques, c’est très subjectif » conclut-il.

Morale, légalité, transparence, comment fixer les bonnes limites ? La difficulté de la tâche qui attend le garde des sceaux François Bayrou explique sans doute pourquoi l’intitulé même de sa loi est si compliqué à trouver. Connue sous le vocable « loi de moralisation », elle pourrait se transformer en « projet de loi rétablissant la confiance dans l’action publique » nous révèle ce matin le Canard Enchainé

On termine par des élections législatives, mais pas chez nous !

Non, détour par la Grande-Bretagne, le scrutin c’est le 8 juin, et, partie gagnante, la première ministre Thérésa May pourrait bien faire les frais « d’une campagne ratée » nous dit Libération. Lundi soir, pour la première grande émission politique de la campagne, faut dire qu’elle a été sacrément secouée par un journaliste de Channel Four, Jérémy PAxman, surnommé le Pitbull….Sur le brexit, qu’elle a pourfendu avant le vote, avant d’être nommée au Ten downing street, Paxman ne veut savoir qu’une chose : have you changed your mind ? avez-vous changé d’avis

SON MAY

Pas franchement à l’aise. Bingo pour Jérémy Corbyn, son opposant travailliste ? A l’écouter sur la BBC, c’est pas gagné non plus. Jérémy Corbyn est interrogé sur le coût des crèches qu’il entend généraliser en Grande Bretagne, point phare de sa campagne.

SON CORBYN

Corbyn incapable sans son ipad de donner le bon chiffre !

Moments de campagne en grde bretagne généreusement offerts par la télé britannique

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