Le journal américain se dresse contre Poutine en dépit de l'affaire Babtchenko, Libération mobilise Scherlock Holmes et James Bond. La Voix du Nord et Nord Littoral nous guident dans les coulées de boue et nous abritent de la foudre. L'obs fait le portrait d'une résistante toujours pas commode à 93 ans.

Le faux assassinat du journaliste ukrainien Arkady Babchenko…

Qui laisse une trace sur un journal encore en kiosque ce matin et qui est  le journal de référence, Le Monde, version papier, est paru avec à la une la photographie d'un homme  grave et beau comme ceux dont on pense qu'ils sont morts pour la liberté. "Vive émotion après le meurtre d'un journaliste russe à Kiev", la nouvelle barrait le coeur de la Une, et c'était pourtant faux, Le Monde ne le savait pas, comment deviner  quand  le premier ministre ukrainien Volodymyr Hroïsman accusait Moscou sur facebook... " Je suis convaincu que la machine totalitaire russe ne pouvait pas pardonner son honnêteté " disait-il, c'est dans le Monde d'hier également, 'un moment de la vérité commune qui en réalité était un mensonge... Et l'on sait maintenant, que Babchenko n'était pas mort et que tout ceci n'était qu'un leurre monté avec les services secrets ukrainiens pour déjouer une véritable tentative d'assassinat venue de Russie... une ruse nous dit Libération imitée de Sherlock Holmes, inspirateur des espions de l'Ukraine...

De la littérature donc, pour conjurer le vertige. « Babchenko mourra un autre jour », titre Libération, c'est le « Die another day » de James Bond, le journal tente de sourire à la une, « Y a pas mort d'homme », mais le sourire est un évitement.

Babchenko est en photo dans Libération, dans le Parisien, dans le Figaro, c'est le même homme qu'à la une du Monde mais on le regarde différemment, il a les bras croisés sur la plupart des photos, comme pour se protéger de ce qu'il a fait. Celui dont le Figaro nous dit qu'il est "le plus grand talent du journalisme narratif russe depuis Anna Politkovskaïa", elle vraiment assassinée à Moscou en 2016, a menti et pose aux côtés d'un général.  Le Parisien parle de la _fake new_s, le mot est terrible. 

On se souvient d'une autre manipulation, française celle-là, le faux enlèvement du journaliste Virgil Tanase pour le protéger des tueurs du régime communiste roumain... C'est sur le site du Parisien, et sur Explicite... Et ce rappel  nous dit que si le journaliste est devenu menteur, la faute en incombe à ceux qui le menaçaient. 

Le Monde va consacrer son éditorial à l'affaire Babchenko.

Mais on peut déjà lire celui du New York times, texte solennel qui engage la direction du journal.  Il dit deux choses. "Les autorités ukrainiennes doivent expliquer pourquoi elles ont considéré comme nécessaire de compromettre l''intégrité journalistique"...

Mais ensuite, le New York Times rappelle d'autres affaires impliquant la Russie, bien documentées, l'avion de la Malaysian airlines, abattu en 2014, l'empoisonnement d'un agent double russe et de sa fille au Royaume uni... Affaires auxquelles la Russie oppose toujours les mêmes démentis... et c'est Vladimir poutine que le New York times accable, Poutine à qui le journal oppose la phrase de Soljenitsine, « nous vivrons pas de mensonge », Poutine qui semble « toujours plus menteur et déshonoré »...   « more deceitful and dishonorable ».

Ainsi le journalisme ne renonce pas. 

Society raconte l'histoire du Daphne project... La reprise, par un consortium de journalistes, des enquêtes que Daphne Caruana Galizaia avait du abandonner après son assassinat, à Malte où la corruption fait rage... 

Des coulées de boue dans la presse...

On voit à la une de Nord Littoral des villageois de Louche qui déblaient un magma boueux, une trombe d’eau a créé une coulée de boue massive dans ce village de l'Ardrésis, hier avant 17 heures...  « Ce sont les enfants qui ont crié en bas » « On a essayé de boucher l’entrée du garage avec ces sacs, mais c’est allé trop vite » et Nord littoral parle de la solidarité du village... Mêmes scènes dans la Voix du Nord... Thierry, éleveur de chèvre, au  sud de Hesnin, a déplacé ses biquettes qui pataugeaient, dans l'étable... 

C'est l'autre rôle des journaux, être avec nous, au plus près, quand le sort est contraire ou un projet gouvernemental compliqué telle la réforme annoncée des retraites, bon dossier du Parisien... Ou donc dans les orages. Le Courrier picard donne à ses lecteurs des conseils pour faire jouer les assurances... La Voix du nord explique comment se protéger de la foudre, car dans le Nord-Pas-de-Calais, la foudre et les orages ont mis le feu à une toiture à Anzin, et détruit un corps de ferme à  Saint-Amand-les-Eaux. Il  vaut mieux  «  débrancher les appareils électroménagers  » voire «  installer un parafoudre sur le tableau électrique  » et «  installer un paratonnerre  » si on est dans une maison isolée, coût estimé : entre 3 et 4 000 €.

Les orages reviennent aujourd'hui, vos journaux sont avec vous... 

Et de la mémoire pour finir...

Dans l'Obs  la mémoire encore plus jeune de notre monsieur sport Jacques Vendroux, "pistonné de la Ve République", il était gamin ce petit fils du Général qui ne voulait pas faire de études pour devenir Gordon Banks, le grand gardien anglais... et finalement est entré ici, par piston, qui le regrette? 

Dans l'Obs encore la mémoire  de Madeleine Riffaud, 93 ans; l'air pas commode les yeux mi-clos, et pas commode à 20 ans,  en 1944, résistante qui abattait un soldat allemand, en jupe culotte et cheveux flottant sur les épaules, sur le pont de Solférino. "J'étais la seule fille du groupe, c'était plus facile pour moi de m'approcher... J'ai attendu qu'il se retourne, je ne tire pas dans le dos, il est mort sur le coup."

Elle sera arrêtée et torturée, et sauvée dans sa cellule de Fresnes par la libération de paris, elle devint journaliste dans la presse communiste elle fut l'amie de Paul Eluard et l'amour, pendant 50 ans, de Nguyen Din Thi, dirigeant communiste vietnamien, ministre de Ho Chi Minh...  Et c'est une vie  rouge que l'on devine, un témoignage d'une réalité enfouie....

Elle écrivait des poèmes dans sa cellule : « Sept pas de long a ma cellule, et en largeur quatre petits, on doit me fusiller demain, as-tu très peur dis, oui ou non... »

Madeleine Riffaud, dans l'Obs, dans nos journaux.  

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