Huppert rend grace à Bob Wilson et vice-versa dans Libération, la République du centre honore Simca, l'Obs Rue89 célèbre un enterrement de vie de garçon, un sociologue dans le Monde remercie son cancer, La Croix remercie un compagnon de Mandela, Historia, le Parisien et Marianne raniment des héros de la Libération.

On parle de gratitude ce matin...

Et c'est un beau sentiment que l'on conjugue au passé, quand les adultes disent ce que d'autres jadis leur ont donné... Et dans le magazine du Parisien, un grand reporter, Pierre Vavasseur, se souvient des jambes infinies et du short en satin bleu d'Evelyne Ducroux qui vient de mourir à 76 ans d'une fausse route stupide en mangeant des crevettes "dans une gargote parisienne", mais qui il y a quarante ans et plus lui enseignait le latin dans un lycée en province et la vie en prime, Evelyne avait inauguré les cours d'éducation sexuelle au grand dam de cette coincée de prof d'anglais et elle amenait aussi ses élèves au théâtre; il avait vu Vavasseur avec Evelyne la troupe d'Ariane Mnouchkine, jouer 1789 à la Cartoucherie de Vincennes, venez approchez nous allons vous raconter comment nous avons pris la bastille! c'était la sienne de Bastille au lycéen... "Cent fenêtres s'ouvraient dans mon cerveau", dit-il... 

Je souhaite aux lycéens d'aujourd'hui d'aussi beau souvenirs, ces lycéens qui aiment toujours Boris Vian me dit le magazine littéraire qui lui rend un bel hommage, 60 ans après sa fin, ces lycéens qui à Bettignies, je le lis dans la Voix du Nord, ont enterré une capsule temporelle, une malle bourrée de morceaux de leur vie que l'on déterrera dans 20 ans.   

Dans les années 70 encore, une jeune comédienne, juste sortie du lycée partait à Chiraz en Iran dans un festival jouer une panthère dans une pièce adaptée de Kafka, mais après sa performance, elle grimpait sur une colline pour voir "Ka Mountains", un spectacle se souvient Isabelle Huppert, oui c'est Huppert qui raconte dans Libération, un spectacle donc qui durait sept jours et sept nuits, "on s'endormait, on se réveillait c'était hypnotique et extraordinaire, on n'avait jamais rien vu de comparable"... C'était la première mise en scène du grand Bob Wilson que Huppert voyait... Huppert une vie plus tard joue Mary Stuart, Reine d'Ecosse à la veille de sa mort, et Bob Wilson la met en scène, la gratitude se conjugue au présent et elle est réciproque, car dans Libération, Wilson dit sa gratitude à Huppert qui dit-il connait telle Marlene Dietrich la force de l'immobilité... 

On parle de gratitude, c'est une vertu de tant d'incarnation. On rend grâce dans la République du Centre à de chouettes voitures qui s'appelaient Chambord ou Versailles, d'une marque disparue, Simca dont le symbole était l'Aronde, une hirondelle de chez nous, et qui est fêtée depuis hier au château de Meung sur Loire... Un jeune homme, dans l'Obs, Rue89, rend grace lui à deux nuits de beuverie et à trois jeunes filles qui les partagèrent, l'Obs raconte les enterrement de vies de garçon, ce rite faussement délétère, car Samuel, de ce multiple adultère avant même le mariage, ouvrit les yeux, il se sépara de sa bonne amie avant de rencontrer sa femme, la bonne... Paillarde  et morale gratitude, elle est aussi d'émotion.

Dans le Monde, un sociologue précis et majestueux, Bruno Latour, se souvient de Péguy qu'il lut à douze ans, il parle de nos peurs de disparaitre dans les brumes du changement climatique et y oppose sa sérénité de bourguignon, car chez lui on ne croit pas mourir et on prépare les ceps qui survivront au réchauffement, et il dit Latour sa gratitude aux aux cancers qui, le frappant, l'ont préparé à regarder en face la catastrophe possible. 

Un autre géant, dans la Croix, porte un cancer, du poumon celui-là, et condamné dit sa vie, quelle vie fut celle de Denis Goldberg, compagnon de Nelson Mandela  en prison, communiste juif et blanc qui luttait contre l'apartheid et qui pour son courage provoque notre gratitude.

Et d'autres vétérans s'offrent à notre admiration...

Car le 6 juin approche qui sera le 75ème anniversaire du débarquement de Normandie, et le Parisien magazine encore a retrouvé quelques nonagénaires qui furent nos héros, mais ils étaient alors quasiment des enfants, ainsi Clifford Goodal qui avait 18 ans quand il débarqua sur Omaha Beach, au milieu des cadavres, et qui eut quelques jours plus tard peur de mourir vraiment, en buvant un calva à 80°que lui avaient offert des paysans normands. 

Je vois dans le magazine du Monde de vieilles photos de GI's près de Notre-Dame à  Paris quand la capitale fut délivrée et je lis dans Historia d'autres héros d'alors, les nôtres, héros français de la Libération, Madeleine Riffaud, qui sous la résistance s'appelait Rainer en hommage au poète allemand Rainer Maria Rilke, qui abbatit un officier allemand sur le pont de Solferino, et avec trois hommes captura en aout 44 80 soldats de la Wehrmacht qui fuyaient Paris; aussi le visage frais de Paul Rollin abattu d'une balle en pleine tête en débarquant le 6 juin, à Colleville...  

Dans Marianne, une journaliste frémissante, Martine Gozlan est partie en reportage au coeur de la France où ses parents franchirent la ligne de démarcation grace à des héros ensuite trahis,  telle Raymonde Sergent , qui mourut à Auschwitz, dénoncée par un commerçant jaloux... Nous lisons Marianne avec piété quand nos actualités, êtes-vous surpris, ne font pas la part belle aux nobles sentiments...

Et les violences des manifestations de gilets jaunes reviennent...

Par la une du Parisien, où Rémi Heitz, procureur de Paris , assure que des policiers seront jugés,  pour des violences illégitimes commises dans la répressions de manifestions, cela allait sans dire mais le droit va mieux quand on le dit. 

Le Figaro comme Libération font leurs unes sur des hommes forts, qui ploient dans leurs pays la démocratie à leurs intérêts,  c'est dans Libé Benjamin Netanyaou qui renvoie Israel aux urnes et dans le Figaro Recep Erdogan qui force un nouveau vote à Istanbul dont la mairie a échappé à son parti; on peut dans le Figaro préférer cette histoire que dit aussi le Bien public, d'un trésor exhumé à Dijon, 34 pièces du XVe siècle, cachées jadis car elles étaient dangereuses, en ce temps là notre roi charles VIII avait banni les pièces étrangères! Elles nous illuminent, grace soit rendue à l'illégalité!

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