(Nicolas Demorand : "Et dans la presse, aujourd'hui : le coeur des réformes Sarkozy remis en cause")... Vous savez qu'en ce moment, en Suisse, une machine incroyable essaie de reconstituer les conditions du Big Bang... Eh bien en ce moment, dans la majorité, il y a de la désintégration et du trou noir dans l'air... C'est "le printemps des protons", comme l'écrit Didier Pobel dans Le Dauphiné Libéré. Les députés UMP, ces petites particules de majorité, font Big et Bang dans tous les sens depuis les Régionales. Et voilà que même le sacro-saint bouclier fiscal se retrouve en short à la Une du Figaro. "Le bouclier fiscal divise l'UMP", titre le quotidien. Des ténors de la majorité demandent sa suspension. Qui dit "bouclier" dit "épée"... d'où ce titre dans Libération : "La droite sabre Sarkozy". Parmi les ténors de la majorité très critiques, il y a Jean Arthuis, président de la Commission des Finances au Sénat... "Le bouclier fiscal est une offense à l'idée que je me fais de la justice fiscale", dit-il dans les colonnes de Libération. "Par exemple quand, pour financer le RSA qui bénéficie aux plus démunis, on a instauré un prélèvement d'un peu plus de 1% sur les revenus fonciers et les revenus de l'épargne, tout le monde a dû payer, sauf les contribuables bénéficiant du bouclier". Jean Arthuis propose donc de supprimer le fameux bouclier. Au passage, parallèlement, il propose de supprimer aussi l'ISF, et donne quelques pistes pour compenser. Mais le sénateur ne s'arrête pas là : il remet également en cause les exonérations sur les heures supplémentaires, autre mesure sacrée des années Sarkozy. "L'exonération n'a eu aucun effet sur le volume d'heures supplémentaires. Cette mesure, qui coûte 3 milliards d'euros, est une usine à gaz pour contourner les 35 heures". Tout fout le camp. Et parmi ceux qui font entendre leur musique en ce moment, il y a Alain Juppé... Alain Juppé dont Libé rappelle qu'il n'exclut pas d'être candidat à la Présidentielle si Nicolas Sarkozy ne se représente pas. Pour Antoine Guiral, c'est une manière de jeter le trouble dans une UMP monolithique, et qu'une alternative existe au sarkozysme. Pour Jean-Marcel Bouguereau, dans La République des Pyrénées, "le seul adversaire d'envergure, pour l'actuel Président, c'est Juppé". Mais au-delà du bouclier et des heures sup, quasiment toutes les grandes réformes des années Sarkozy sont critiquées en ce moment dans la presse. Etonnante séquence politique : - dans L'Express, Jean-Pierre Raffarin explique que le Président est "dans une impasse institutionnelle". Il s'expose trop. Ce n'est plus la Vème République ; - Le Monde rappelle à sa Une que l'interdiction du voile sera difficile à mettre en place : le Conseil d'Etat juge l'interdiction générale contraire au droit ; - et puis encore un exemple parmi d'autres... Dans le mensuel Sciences & Vie, enquête sur la vidéosurveillance. Elle ne sert pas à grand-chose. Pourquoi ? Eh bien parce que la quasi-totalité des images enregistrées ne seront jamais visionnées : il n'y a pas assez de personnes pour les regarder attentivement, et les techniques de reconnaissance automatique ne sont pas au point. A Lyon par exemple, selon Sciences & Vie, il y a 2 opérateurs pour 200 caméras, alors qu'un oeil humain n'appréhende correctement une situation grave que sur 6 ou 8 moniteurs. (ND : "Alors y a-t-il quelqu'un pour défendre les réformes de Nicolas Sarkozy ?") Ironie du sort, c'est un chiraquien qui monte au créneau, dans Les Echos : François Baroin, nouveau ministre du Budget... Il défend le bouclier fiscal, au nom de la stabilité, tout en reconnaissant que ce sera un des sujets au coeur du débat budgétaire. Il défend également la règle du non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux à la retraite. A l'hôpital, cette règle s'accompagne de projets de regroupements d'établissements, en particulier à Paris, tout cela au nom des économies. Là encore, cette réforme est très critiquée. Régulièrement, dans la presse, des infirmiers et des médecins expliquent qu'ils n'ont plus les moyens de travailler correctement. Mais dans Le Parisien-Aujourd'hui, un rapport tombe à point nommé pour dire qu'il y a bien des économies à faire dans les Hôpitaux de Paris... Rapport de la Chambre des Comptes d'Ile-de-France. Il est "accablant et explosif", dixit Le Parisien. Personnel en surnombre, absentéisme record, jours de RTT et congés-maladie du même acabit, des praticiens qui ne rendent de comptes à personne... A lire le quotidien ce matin, on se dit que c'est la gabegie à l'AP-HP, et que personne ne contrôle rien. Un exemple parmi d'autres : à l'hôpital Henri-Mondor de Créteil, les effectifs de soignants sont parfois divisés par cinq entre le matin et l'après-midi. Le professeur de psychiatrie Bernard Granger, secrétaire du Mouvement de défense de l'hôpital public, répond à ces accusations... Personnel en surnombre : dans le domaine médical, il conteste formellement. Pour lui, ce qui ronge l'AP-HP, c'est le cancer bureaucratique. Que font ces milliers de personnes qui travaillent au siège et dont l'activité médicale est nulle ? Encore un tout petit mot de politique... On parlait tout à l'heure de l'éventuelle candidature d'Alain Juppé en 2012. Chez les écolos, l'hypothèse Eva Joly prend corps... hypothèse étayée dans Libération. (ND : "Quoi d'autre dans la presse, Bruno ?") On n'a pas fini de parler de la tempête Xynthia en Vendée et en Charentes-Maritimes... Le Canard Enchaîné publie un document assez accablant pour plusieurs élus vendéens qui ont fait pression, ces dernières années, pour que des habitations et des campings soient construits en zone inondable, notamment à La Faute-sur-Mer. C'est plus ou moins connu depuis le passage de la tempête. Mais là, Le Canard publie des extraits de lettres des élus, au préfet de Vendée notamment. Michael Jackson était-il vivant à son arrivée à l'hôpital, quelques heures avant sa mort ? Le site Internet américain TMZ l'affirme... thèse reprise par Le Parisien. Elle est importante pour son médecin, inculpé d'homicide. Il serait parvenu à redémarrer le coeur de la star à son domicile avant l'arrivée des ambulances. L'hebdomadaire Siné Hebdo, lui, est en phase terminale... Le nombre de lecteurs a chuté ces derniers mois, et Siné n'a plus les moyens de paraître. Encore quatre numéros, puis il tirera son irrévérence dans une grande fête, lors de la manif du 1er Mai. Pour avoir une idée du ton de Siné Hebdo, la couverture de cette semaine : un évêque en grande forme (si vous voyez ce que je veux dire). Et ce qui sort de son aube, c'est un biberon. Et puis le foot, le foot, le foot... "3-1" pour Lyon hier, face à Bordeaux, en Ligue des Champions. En Gironde, Sud-Ouest y croit encore avant le match retour : "Bordeaux peut garder l'espoir", mais "la pente sera raide". Pour Sud-Ouest, hier, c'est la défense bordelaise qui a craqué. Et puis, à propos de foot, Raymond Domenech fait la Une de VSD cette semaine... pas pour parler ballon. Il dévoile son autre combat : il est engagé dans une association qui aide de jeunes autistes. Pour ceux qui y verraient un coup marketing de "l'homme le plus détesté de France", comme l'appelle VSD, il fait valoir que cela fait longtemps qu'il est engagé, en toute discrétion. "J'ai bien conscience qu'être sélectionneur de l'équipe de France peut permettre de parler de l'autisme dans les médias". (ND : "Et puis un peu de bande dessinée, pour terminer")... D'abord, je vous conseille le hors-série du magazine Books, consacré à la bande dessinée... Books, c'est cette revue qui traite de l'actualité par les livres et les critiques de livres. Dans ce hors-série, zoom sur la bande dessinée. On revient sur son histoire récente. Comment la BD, depuis une grosse vingtaine d'années, parle de l'actualité, des sociétés et des conflits dans le monde... Le scénariste de BD Benoît Peeters donne une définition de son art : "La bande dessinée prend à la littérature et à la caricature. Elle a cette faculté unique de raccourci, cette capacité à synthétiser le réel de manière caustique". Et puis, à propos de BD, puisqu'on parle d'écologie ce matin... L'une des nombreuses revues écolos qui fleurissent en ce moment, NéoPlanète (c'est un magazine gratuit)... NéoPlanète donc se demande si les héros de BD sont DD (développement durable). Texte très amusant d'Albert Algoud sur les Schtroumpfs et la salsepareille, Popeye et les épinards, ou Babar comme hommage aux animaux de la faune africaine... Au passage, Algoud oublie l'un des personnages les plus écolos de la BD : Idéfix, qui hurle à la mort dès que son maître Obélix déracine un arbre. Et puis NéoPlanète présente, en avant-première, une planche du nouveau "Gaston Lagaffe" : la biodiversité selon Lagaffe... C'est en fait une compil des planches du regretté Franquin sur ce thème. C'est vrai que, côté récupération et recyclage, Gaston est imbattable : c'est quand même l'homme qui a inventé le moteur à paperasse pour faire avancer sa voiture, ou encore la tondeuse minature pour épargner les pâquerettes. Et puis Lagaffe, qui n'a pas changé de pull ni de jean et qui porte toujours ses espadrilles crado, est un modèle de décroissance... Bonne journée...

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