A commencer par celui des étudiants en université.

Des jeunes femmes et des jeunes hommes, tous étudiants, que Le Monde met à sa Une, sac à dos et cartes étudiantes levées vers le ciel. A Montpellier, Toulouse ou Paris, des milliers d'élèves sont mobilisés contre la réforme de l'université...  

Le Monde s'invite à Paris, quartier Tolbiac sur le site de la Sorbonne. Le bâtiment est occupé. La tension est palpable. Après les évacuations manu militari à Bordeaux et à Dijon, après surtout l'intervention - lattes de bois à la main - d'un groupe d'extrême droite à Montpellier la semaine dernière. 

"La colère monte dans les facs", titre l'Humanité.

Mais la colère est double. Il y a celle des bloqueurs face aux réformes du gouvernement et celle des bloqués face aux bloqueurs... Difficile de convaincre ceux qui, sans participer au mouvement, doivent bientôt passer leurs partiels. Le Figaro WEEK END, choisi justement de donner la parole à ces anti-blocus, comme Valentin, qui dit craindre pour son avenir professionnel.

"L'Université risque de valider les semestres de tous les étudiants, explique-t-il, notre diplôme ne vaudra plus rien". Des étudiants qui vont à la fac la boule au ventre donc. Le mouvement monte mais reste divisé.

Et dans tout cela on en oublie parfois l'essentiel... 

Le fond du combat, la mise en place de PARCOURSUP qui permet aux universités de trier et sélectionnés les lycéens en terminale.

Ces lycéens qu'on entend peu et à qui le site internet Street Press donne la parole. Il met en lumière le coup de gueule d’Inès, lycéenne à Fontenay Sous bois. Elle n'a que 17 ans, mais elle parle au nom de ce qu'elle dit être "la génération sacrifiée", SA génération.

Elle explique la procédure de Parcoursup, qui se termine ce soir. 10 vœux, 20 sous-vœux, autant de CV et de lettres de motivation. Et à l'arrivée, des universités qui font leur marché, imposent leur conditions, décident et classent... 

« On n’est pas prioritaires en dehors de notre secteur », raconte Inès. Son secteur à elle c’est Créteil. Pour les jeunes qui ont envie de quitter la banlieue, "la sectorisation c’est une manière de leur dire reste à ta place » Conclue la jeune fille. 17 ans, à peine.

Les cheminots tentent de rallier l’opinion à leur cause et de faire plier le gouvernement.

Mais pour cela il faudra « gagner la bataille de l’opinion », c’est le titre choisi en Une par Politis.

Politis qui s’interroge : «  Les cheminots peuvent-ils convaincre qu’ils défendent l’intérêt général ? Peuvent-ils convaincre qu’ils ne luttent pas seulement pour leurs acquis ?  » 

Un défi colossal, qui ne pourra être relevé qu’à condition, explique Politis, de parler à la marée humaine. Comme ces étudiants de plus en plus en colère, ces fonctionnaires, ces retraités, ces salariés... bref un défi colossal ! 

Mais ce combat qui commence est déjà soumis à rude épreuve. La grève perlée remet le couvert dès lundi soir, en plein retour Du weekend de Pâques…  "Pagaille en vue"  titre le Télégramme. Le pari des usagers compréhensifs est loin d'être gagné... 

Les Echos tranchent : "Vive la concurrence", c'est un édito signé David Barroux ; le rédacteur en chef estime qu'une ouverture du marché du rail bien encadrée peut, je cite "profiter à tous". Le Parisien, fait un pas de côté et pose la question, comment les entreprises s'adaptent à la grève SNCF : heures en retard décomptés, télétravail, navette pour Paris... 

L'Ardenais et L'Union font dans l'info utile. comment vous vous adaptez à la grève SNCF. Objectif : ne pas subir la grève, comme pour mieux l'accepter.

Va-t-on en finir avec Notre Dame des Landes ?

C'est la question que pose Laurence De CHARETTE dans son édito du Figaro. Et elle y répond : "Rien n'est moins certains"...

La ZAD est morte ! Vive la ZAD ! Si  la zone à défendre n'est plus, les zadistes comptent bien en faire une zone d'autonomie définitive. L'abandon du projet d'aéroport a réinventé le combat. Place maintenant à "la bataille de la terre" titre Libération. Des exploitants veulent récupérer leurs propriétés, mais ceux qui les ont exploitées, ces terres, ces dernière années, veulent les conserver.

Paul Blineau en est l'incarnation. Bonnet sur la tête et cheveux blancs, il est le doyen de la ZAD. Libération fait de lui le nom et le visage de ce combat. Trois mots le résument, ce sont les siens : "MOI JE RESTE".

Sauf qu'aujourd'hui son acharnement est chahuté après 50 ans de lutte. Le doyen risque l'expulsion car c'est aujourd'hui que se termine la trêve hivernale.

La journaliste Elise Costa, nous replonge dans les coulisses du procès d'Edith Scaravetti.

Un récit en 4 épisodes à lire sur Slate.fr. Le dernier en date donne la parole à Edith. Edith Scaravetti a tué son mari Laurent Baca après une dispute. Les faits remontent à 2014. La semaine dernière elle comparaissait pour meurtre devant la cour d'assises de Toulouse. 

Elle revient sur «Les problèmes d’alcool" de son mari : "au fil des années ça s’est aggravé. Il est tombé dans un engrenage plus important". Cet engrenage Edith - enceinte à l'époque - le résume en une journée ; la journée où tout bascule.

"Ce jour-là quand je suis rentrée j’ai vu un Laurent que je ne connaissais pas. Il y avait du cannabis sur la table, il était ivre. Je voulais qu’il parte. Il a été très virulent, il m’a plaquée contre le mur, m’a mis un couteau sous la gorge, l’a descendu sur le ventre et m’a dit “Y a déjà une connasse qui est partie avec mon enfant, ça n’arrivera pas une seconde fois. » Edith reste, il y a quelque chose qu'elle n'a pas vu, qu'elle n'a pas voulu voir... jusqu'à commettre l'irréparable.

Et c'est avec intérêt qu'on lit cette série judiciaire, alors même que la décision est déjà connue. Condamné à 3 ans de prison pour un « homicide involontaire » Edith Scaravetti sera rejugée en appel. Ce qui marque ici c'est le combat à tort ou à raison -c'est selon-d'une femme battue.

Son combat a lui était de faire rire. Christophe Salengro, le comédien dandy de Groland, est mort hier. 

Libération le sacre "président de tous les grolandais" et lui rend hommage dans un portrait à son image, à commencer par cette photo : Christophe Salengro faisant un doigt d'honneur, un doigt d'honneur à la vie qui lui était si pénible depuis son accident cérébral. Un doigt d'honneur à la mort qu'il accueille - dit Libération - dans un grand éclat de rire. "Salengro c'est le Buster Keaton français, un grand corps maladroit et pince sans rire"... « avec des oreilles décollées » ajoute Le Parisien. On lit, on l'imagine, on se souvient, on sourit... Salengro a croqué la vie à sa manière, "notre phare s'est éteint" , voilà le dernier tweet de l'équipe de Groland.

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