Une pierre tombale pour les démocraties à la une de Télérama, des français prêts à 41% pour un régime plus autoritaire dans Ouest-France, et Nicolas Sarkozy dans le Point achève nos démocraties "synonymes d'impuissance"... Dans le Courrier Picard, des ouvriers glaciers largués par Nestlé menacent de mettre le feu...

La mort d'une femme à Besançon...   

Qui fait la une de l'Est républicain, dans un fait-divers qui pourrait bouleverser la France, une mère de trois enfants a été tuée en pleine rue, en plein jour, égorgée rue Wittman, pas loin de l'arrêt du tram et de l'école Jules Ferry, hier aux alentours de 12h15  alors qu'elle revenait de faire ses courses, et l'est républicain s'attarde sur ce corps sous une bâche qui ne recouvre pas les pieds et ce sang sur la chaussée, et ce cabas violet resté sur le trottoir, Razia avait 34 ans, trois enfants, souriants malin et sportifs, elle venait d'Afghanistan, elle s'était bien intégrée en un an et se débrouillait en Français et allait commencer ce week-end  des cours d'autodéfense car Razia était séparée de son mari violent, logée dans un foyer pour femmes battues le mari l'avait repérée et menaçait de la tuer, on le recherche depuis hier....   

Hier dans le quartier, une retraitée a lâché "encore une femme battue qui s’est écroulée » Il y a juste un an, dans cette même ville de Besançon était jugé un homme qui avait étranglé sa femme avant de lui porter trente-trois coups de couteaux, l'Est républicain s'en souvient... et ces militantes de Solidarité femmes Besançon, qui accompagnaient Razia qui à chaque meurtre ressentent leur impuissance et qui continuent pourtant, elles militent et tiennent une société dont les journaux illustrent la dérive.   

Et on doute dans nos journaux de la démocratie...   

Avec une pierre tombale à la une de Télérama, sur laquelle est inscrite le mot "démocraties", on les croyait stables, les démocraties libérales, on se trompait dit à Télérama un essayiste américain nommé Yasha Mounk, les peuples n'avaient pas tant adhéré à leurs principes qu'à leur efficacité, mais avec la crise et les inégalités, les jeunes, d'abord les jeunes, sont prêt à essayer "un régime musclé"...   Est ce la déprime d'un journal de gauche? Ouest France, premier quotidien français, renchérit par un sondage, ce ne sont qu'un millier de personnes qui répondent à l'IFOP, mais voilà: 41 %des français sont prêts à un régime plus autoritaire, et la moitié des étudiants en seraient d'accord.  Et tout concorde alors, quand l'Opinion dans son dessin de Une décrit la vie politique française comme un royaume d'aveugles sur lequel règne un borgne, Emmanuel Macron en roi désabusé à l'oeil recouvert du bandeau de Filochard, il n'y aurait alors rien à attendre de la politique, sinon une distraction, le bal des revenants "plus préoccupés par leur désir de vengeance que par l'envie de servir", fustige l'opinion. Ségolène Royal, aura-t-elle fait changer d'avis le sévère Rémi Godeau? 

Un autre revenant est dans le Point, Nicolas Sarkozy qui jette aussi sa pelletée de terre sur nos démocraties. "Le modèle démocratique occidental touche brutalement ses limites, car il est en train de devenir synonyme d’impuissance."  Et il cite en exemple les dix ans de retard pris par l'aéroport de Berlin, "alors que les grandes métropoles d’Asie ou les pays du Golfe font pousser les plus grands aéroports du monde en quelques années". L'ancien président se révèle fasciné par la vitalité démographique des mondes asiatiques et africains, Singapour et Lagos, et nous ressent comme rejetés de l'histoire. Il faudrait des leaders dit-il, mais comment le lira-t-on?  

Et pendant ce temps on vote aux Etats-Unis...   

Et cet enjeu de la démocratie habite les élections de mi-mandat, dans l'Obs, Télérama, le Figaro... Mais elles parlent aussi de nous et on lit dans le Un, un texte d'un écrivain qui aime et déteste à la fois l'Amérique, Marc Dugain, qui décrit ainsi le trumpisme.  "La grande Amérique dont rêve Trump, c’est celle des petits, des sans-grade, des chasseurs de boucs émissaires armés comme des porte-avions, des paranos, des faibles, du « flot des emmerdés ».. Tout ça pour qu’un tiers des mâles élevés aux sodas et aux hamburgers deviennent obèses au point d’être inaptes à servir la première armée du monde."  

Comment s'étonner si des gens aussi méprisés font des choses méprisables. Et nous sommes alors dans un débat universel et donc français, sur la plèbe et le mépris qu'elle ressent. La Voix du Nord exécute le porte-parole du gouvernement Benjamin Grivaux, "qui n'aime pas le diesel et le tabac froid", qui a qualifié Laurent Wauquiez de « candidat des gars qui fument des clopes et qui roulent au diesel" et le journal prend la défense de "ces gars" qui n'ont pas les moyens de s'acheter une tesla...  

Les journaux du peuple savent les colères et les peines. La même voix du Nord raconte qu'un an après les ordonnances, la fréquentation des prudhommes a chuté, et voilà une justice sociale en voie d'extinction. Mais s'il n'y a  plus de médiateurs, que reste-t-il, la colère?  Le Courrier Picard raconte les ouvriers de Froneri à Beauvais, fabriquant de crème glacée promis à la fermeture, qui sont allé hier devant le siège de Nestlé en Seine-et-Marne, leur ancien employeur, qui ferait organiser par un autre la fermeture du site. «  S’ils nous prennent pour des imbéciles, ça va très mal se passer. S’il faut mettre le feu, on mettra le feu !"  Dans l'Humanité, j'apprends, encore un sondage, pour la Fédération des maisons des potes, que 84 % des français veulent sanctionner plus durement les patrons qui discriminent. La colère porte aussi les valeurs d'égalité...

(Inexplicablement, en reportant sur ce site le texte de ma revue de presse, j'ai, dans le titre, écrit "Rania" au lieu de "Razia", changeant ainsi le prénom de cette femme assassinée à Besançon.  A l'antenne, heureusement, j'avais respecté son prénom... Erreur corrigée ici, mais que j'avais aussi twittée.  Je tiens à m'en excuser; C.A.)

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