Le Monde raconte Angela Merkel habile ou scrupuleuse, qui fit adopter le mariage homosexuel tout en votant contre! L'Obs raconte une église perchée sur une falaise normande rongée par l'érosion, promise à la mer. Libération raconte les amitiés de philosophes qui parfois se fâchent pour un concept.

On parle de battements de coeur...

Qui disent ces battements la communion des âmes et la puissance des mots. Et vous lirez sur le site Slate la plus étonnante des fraternités, découverte par des chercheurs français et britanniques de la City University de New York... Quand des êtres humains écoutent la même histoire, leurs coeurs se mettent à battre à l'unisson, même s'ils ne sont pas dans la même pièce, même s'ils sont éloignés les uns des autres, et l'histoire leur parvenant par quelque technique. En écoutant, leurs fréquences cardiaques se synchronisent et vont fluctuer en rythme au fil du récit. Dans l'expérience,  c'est une version audio de « 20.000 lieues sous les mers » qui a provoqué la rencontre des palpitants... Cela s'explique ainsi. Ecouter une histoire, c'est se sentir prêt à agir, nos cerveaux nous demandent d'être attentifs, et cette tension, cette attention, rythme alors les battements du coeur...  Mais gare! Si l'attention se relâche, si chancu s'ennuie ou pense à autre chose, les coeurs s’éloignent… Et voilà pour nous une question, faisons-nous aussi à Inter battre vos coeurs en rythme dans nos babillages du matin, mais si nous vous ennuyons, vous voilà séparés...

Et cette petite histoire devient politique, quand la presse raconte la France émiettée où l'on peine à écouter la même histoire et  l'hebdomadaire la Vie titre sur un pays « qui aime se déchirer », saurait-on lui dire avec amour, il sera une fois?

Les journaux disent une femme qui aura raconté à son pays une histoire possible,  et le Point nous apprend que les lycéens d'Allemagne regardent sur Tik-Tok des petits films à la gloire d'Angela Merkel, leur seconde maman, dont se joue la valse aux adieux. L'Obs la raconte face à nos dirigeants français vibrants pressés, auxquels elle ressemblait peu, le Point nous dit que Vladimir Poutine, sachant sa peur des chiens, la confronta à Connie, son énorme labrador noir, l'Obs affirme que le dirigeant russe en fait avait montré à l'allemande une peluche canine...

Le  Monde dans une bonne série nous montre la Merkel déterminée du Wir Schaffen das, nous allons y arriver, quand elle ouvrit l'Allemagne aux réfugiés et aussi la Merkel politique, habile ou bien scrupuleuse, qui laissa son Parlement instaurer le mariage homosexuel mais elle-même vota contre la réforme présentée par ses alliées socio-démocrates, tout en appelant au respect et à l'apaisement... 

La Croix décrit une société allemande devenue complexe  métissée, plurielle, on rencontre une une femme pasteur protestant née d'un père égyptien musulman et d'une allemande catholique, qui se sent  exotique, mais veut être un pont, et cette pasteur a des mots qui nous serons utiles aussi en France, ces jours-ci.  "Il s'agit d'exister dans une communication avec les autres, sans identification ni fusion", ces mots  sont de Jean-Luc Nancy, philosophe français récemment disparu…

Et on parle d'amitié...

Chouette sentiment,qui anime ici d'étonnants personnages, des philosophes encore, et c'est dans Libération un chouette papier illustré d'une photo des petits camarades Sartre et Aron au moment de leurs retrouvailles pour sauver les Vietnamiens... Donc dans Libé, Robert Maggiori, philosophe et journaliste, rend compte d'un bouquin signé François Dosse, "Amitiés philosophiques", qui dit des liens passionnels que des grands esprits fondèrent sur le partage de la raison, mais des compagnonnages parfois se défirent car l'homme ne se refait pas: les communistes anti-staliniens Lefort et Castoriadis aimaient les mêmes femmes et prétendaient tous deux au leadership de leur groupe, Socialisme ou Barbarie...  Jacques Derrida et Paul Ricoeur se quittèrent pour des raisons impérieuses, « ils divergeaient sur l'interprétation de la métaphore », et plus largement, lis-je « sur la place à accorder à la position de Heidegger sur le poétique comme horizon de la dissolution du philosophique... Et si l'on sourit en lisant cette brouille, c'est avec tendresse et reconnaissance...

Il y a  de beaux mots ce matin... L'Echo Républicain nous raconte la visite du Président Macron chez Marcel Proust hier à Illiers-Combray, là où Marcel, Brigitte Macron ex prof s'en souvient, attendait le baiser de sa mère avant de s’endormir....  

L'Humanité nous fait rêver de Cuba avec le très grand écrivain Leonardo Padura, qui raconte la dissolution de la révolution dans une fresque d'amitié, intitulée Poussière dans le Vent, titre d’une chanson anglo saxonne du groupe Kansas qu'il écoutait clandestinement jeune homme sur une radio de fabrication soviétique, il dit la débrouille les livres interdits mais qu'on dénichait pourtant, et les exils dont il faut revenir…

Vous lirez dans Paris-Match un récit passionnant sur une beauté qui nous vient, l'histoire de la collection Morozov, née de la passion de deux frères russes de la fin du XIXe siècle et du début du XXe qui chez nous achetèrent des Manet, des Bonnard, un van Gogh éblouissant d'angoisse, « la Ronde des prisonniers », un huis clos de damnés dans une lumière blafarde... Avec la révolution russe les trésors des Morozov furet spoliés, nationalisés dispersés dans des musées russes, un de leurs descendants a mené le combat pour que le nom de sa famille revienne dans l’histoire de l'art, on installe la collection Morozov en ce moment à la Fondation Louis-Vuitton à Paris, et chanceux, dans quelques jours, nous irons... 

L'Obs encore raconte la fragilité d'une église que Claude Monet peignit en 1882, Saint Valery de Varengeville-sur-mer en Seine-Maritime, perchée sur une falaise de craie qui chaque année recule de quarante centimètres, et l'église et le cimetière qui l'entourent sont promis à la mer on l'aurait toujours su, un curé du XIXe siècle l'avait prédit dans un sermon...

Le Monde nous raconte un évêque espagnol qui a renoncé a sa charge pour l'amour d'une écrivaine de romans érotiques, certains veulent l’exorciser;  il a l'air soucieux, on l'espère heureux.

Et on parle enfin de voleurs...  

Qui à Mesnil-le-Huttier dit l'Union, ont vendangé avant le légitime propriétaire le raisin de Morgan Moutaud, jeune viticulteur et ancien militaire qui désormais patrouille la nuit près de ses vignes.... Le Bien public, lui, raconte les menaces qui pèsent sur une start up française, « Onlive gaming » qui a inventé une technologie permettant aux propriétaire de casino de connaitre en temps réel les mises de tous les joueurs des jeux de table... Mais une société japonaise, qui a racheté un partenaire de la start-up, organise désormais son étouffement, pour récupérer tranquillement la technologie, les profits, sans se salir les mains. Le site du Point raconte lui un Arsène Lupin sino-américain  qui s'approprie tranquillement la filiale chinoise de ARM, concepteur britannique de processeurs, qui bien imprudemment, lui avait laissé la signature -en Chine, on dit le sceau, c'est un jol

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