L'Obs s'interroge sur notre Etat livré aux consultants privés. Henry Kissinger exerçait la diplomatie en s'inspirant du football, le Figaro. Ouest-France a rencontré un vieux Kosovar pétri de valeurs ouvrières, endeuillé et épris de paix,

On parle d'un berger...   

François Cerbonney dont les moutons et les agneaux qui rasent l'herbe iodée par la mer au hameau de Saint-Léonard face au Mont Saint-Michel, ont conquis des grands noms de la cuisine française, Alain Passard et Olivier Roellinger, en ont fait leurs délices de son agneau de pré salé... Mais pourtant notre berger est un homme aux abois, nous raconte le Point, la bergerie de  bois et de paille où ses bêtes grandissent avant d'aller paitre, est une construction illégale dans une zone qualifiée de "remarquable", et une association environnementale, Manche nature, le poursuit avec constance depuis dix ans. Cerbonney cumule les condamnations et les astreintes,  il paye 150 euros par jours à ses tourmenteurs écolos, mais il s'arcboute face à ceux qui dit-il veulent sa mort, il dit que s'il doit détruire sa bergerie, ce sera avec une allumette et avec lui dedans...  Et  comme il y a six ans, en mars 2015, ayant reçu une mise en demeure, François Cerbonney s'était pendu au milieu de ses brebis, sauvé de justesse par son épouse, on contemple avec inquiétude un un homme qui ne cadre pas... Le Parisien, Ouest-France, France info  et d'autres, ont déjà raconté son entêtement, mais le Point va plus loin, il brosse le portrait d'un enfant de bourgeois devenu marginal par passion, qui conçoit des viandes à nulle autre pareilles, il a quitté une Appellation d'origine protégée par ce qu'elle n'exigeait pas assez des éleveurs, et le responsable de l'AOP le déteste désormais, ses agneaux sont au pâturage plus de  70 jours par an, et en paissant luttent contre l'ensablement de la baie, il participe de l'écosystème... Mais en face Manche Nature n'en démord pas et le combat au nom d'une règle supérieure, si on laisse en paix la bergerie de Cerbonney, d'autres, des promoteurs, pourront y voir un précédent et violer à leur tour la loi littoral et pas pour des moutons...  Et lisant on se demande ce que valent nos règles indispensables si elles empêchent la passion...  

Libération avec modestie est allé voir des agriculteurs tout simples qui simplement ont ouverts leurs comptes aux journalistes, recettes dépenses résultat courant, il reste 5500 euros tout compris à Agnès et Vincent Touzet, maraichers bio dans le Loiret pour vivre sur un an, 6850 euros à Luc Delcourt, éleveur de vaches charolaises dans le Nord... On est à la limite, on est pourtant encore là...    

Pendant ce temps l'Obs s'interroge sur notre Etat superbe mais rongé mais auxquels les gouvernants semblent ne plus croire, puisqu'ils contournent les administrations pour s'en remettre à des experts privés, des cabinets de consultants, des fournisseurs de prestations intellectuelles  qui captent  sur un an 43 milliards, 6% du budget de l'Etat, et l'on ne saurait plus se passer des Mc Kinsey Boston Consulting group Cap Gemini Roland Berger Accenture et autres, qui tous ont refusé de répondre à l'Obs, mais dont les troupes aux tableaux Excel viennent depuis bientôt trente ans expliquer aux agents de l'Etat,  aux personnels hospitaliers, qu'ils devaient fonctionner à  flux tendus comme une usine Toyota L'inertie de l'administration, sa lourdeur, ses échecs, ont justifié ce tournant porté par l'idéologie libérale, mais on débat à nouveau,  car dans la crise sanitaire et hospitalière on a constaté que les avis du privés ont désorganisé la santé...  On découvre dans l'Obs une expression, "le paradoxe du serpent": comment on fait appel à des consultants pour corriger le effets de mesures prônées par d'autres consultants... 

On parle aussi de footballeurs... 

Qui bien loin du paradis européen jouaient samedi dernier un petit tournoi à Montpellier quartier de la Mosson, ces footballeurs sont des gamins de dix ans, des U11 dit-on en jargon, du club de Lunaret Beaux-Arts qui affrontaient en finale leur hôte la Paillade Mercure, quand en deuxième mi-temps une dispute est venue entre des dirigeants et des éducateurs, ceux de Lunaret trouvaient que les remplaçants de la Paillade qui entraient en jeu étaient bien grands, certainement des 12-13 ans, en quelques instants la dispute est devenue lynchage, quand des dizaines de jeunes gens présents au stade ont agressé renversé piétiné un coach de Lunaret, et aussi le papa d'un joueur , il a fallu le courage d'un entraineur de la Mosson pour éviter le pire, vous lirez dans Midi Libre et sur le site actu.fr cette scène de la vie quotidienne. On parlera de l'Etat.  

Le Figaro nous raconte une autre histoire de football, mais dans ses pages littéraires, où l'on apprend que Henry Kissinger, qui fut le maître de la diplomatie des Etats-Unis dans les années 70, était passionné de football, cela lui venait de sa jeunesse allemande, quand il risquait sa vie, il était juif et n'avait pas le droit sous Hitler d'aller au stade,  pour suivre malgré tout son club de cœur, le SpVgg Fürth... Et des années après, nous dit son biographe Jeremy Gallon, Kissinger s'inspira du football pour construire une diplomatie nettoyée de la morale inefficiente, où seule comptait la réalité, le devoir de choisir entre des solutions imparfaites, et puis l'esprit de groupe... 

Didier Deschamps dont la réalité s'appelle "mes deux latéraux gauche sont blessés, et cinq de mes joueurs, avertis, risquent une suspension",  c'est bien expliqué dans l'Equipe, sait ce que le pragmatisme veut dire.

Dans Libération encore on nous dit qu'un footballeur au moins est un idéaliste, Peter Gulazcsi, gardien d'une belle équipe de Hongrie éliminée par l'Allemagne, et qui contre son gouvernement, défend avec constance les droits des homosexuels.

Dans le Monde, l'avocat et écrivain François Sureau défend dans un texte superbe une bonne sœur chassée de son couvent par l'arbitraire de l'Eglise, c'est une leçon d'idéal et une superbe leçon de droit.     

On parle enfin de réconciliation...  

Dans un beau portrait que propose Ouest-France, qui cherche l'idéal aussi loin de chez nous, et rencontre au Kosovo un vieil albanais, Bajram Cerkinaj, 82 ans, dont le fils fut tué en 1998 par la police serbe, quand le Kosovo luttait pour son indépendance, il organise aujourd'hui des voyage et des rencontres entre serbes et albanais, des excursions au bord de la mer où l'on finit par ne plus savoir qui vient d'où... Il travaillait cet homme au temps de la Yougoslavie dans un immense Kombinat, qui rassemblait des mines de lignites et des fabriques de batteries, on y apprenait dit Ouest-France la fraternité de la classe ouvrière, c'était avant les nationalismes.   

Le Bien public est allé visiter, c'est beau et triste et crépusculaire, l'usine de la Chocolaterie de Bourgogne qui s'est arrêté en mars, on y fabriquait 60 tonnes de barres lion par jour et aussi les escargots de bourgogne dont l'ancien directeur refuse de livrer la recette, il n'y a désormais que le silence. Charlie hebdo dit la force et la survie des habitants de Denain, l'une des ville les plus pauvre de France. Le Parisien raconte un supermarché social en Gironde alimenté par des dons, où tout est gratuit.  L'Humanité, le Parisien et le Progrès disent la peine des 280 employés de MBF aluminium de Saint-Claude, hier en assemblée générale, dont la liquidation a été prononcée avant-hier, on a beau faire le dur, à l'intérieur, on est à genoux, on veut encore espérer..

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