Le Régional nous dit la paix de la Loire, où l'on disperse les cendres des amoureux du fleuve. Le Journal du Centre célèbre le courage de gendarmes. Marie-Priska avait la grâce et la rage, elle 'était imposée dans le monde des danses urbaines, un cancer l'a abattue et Sud-Ouest nous dit son nom.

On parle d'un fleuve...

La Loire, dont la beauté au soleil déclinant nous attend à la Une du Régional, hebdomadaire de Cosne-Cours-sur-Loire dans la Nièvre, la Loire où un bateau, le Raboliot emmène quelque fois dans l'année des familles des amis d'un amoureux, d'une amoureuse du fleuve, dont on disperse les cendres au fil du courant, et peut être ses restes s'en iront jusqu'à l'océan...

Et quand nous vient la Toussaint et la pensée de nos morts,  et quand nous vient le souci de la nature par la Conférence environnementale dont une Une picaresque de Libération -un dessin de Coco où dansent des chefs d'Etat- raconte les rapports de force et les blocages...  Vous trouverez quelque chose de juste et d'apaisant, dans ces deux pages d'un journal local, qui vous parlent d'eau et de forêts, de créations paisibles et de la douceur des rites...

Dans le Journal du Centre nous regardent des hommes rassurants, des gendarmes souriants aux silhouettes parfois presque bedonnantes... Mais qui sont de vrais braves et pour cela cités à l'ordre de leur régiment. En mars dernier, Maxime Rippol 36 ans, et Kiliane Santraine 20 ans se sont saisis d'un homme en fureur, alcoolisé qui venait chez de violenter son épouse, et que son père aussi costaud que lui soutenait, nos gendarmes ont été attaqués à coups de poings, à coup de seau en fer, on leur a lancé une tronçonneuse en marche, mais ils ont réussi à maitriser les forcenés, à mains nues,  sans user de leurs armes, ils ne voulaient pas abattre un homme devant ses enfants qui pleuraient.

A côté de cela des laideurs nous saisissent... Le Progrès nous raconte un aigle royal qui était un miracle,  né au printemps dernier en Ardèche, dans le massif du Mézenc. On a retrouvé l'aiglon mort au mois de septembre criblé de plombs de chasseurs ... Le Journal de Saône et Loire, lui, dévoile l'enquête d'un jeune militant de l'association animaliste L214, qui a travaillé quatre mois dans l'abattoir de Cuiseaux du groupe Bigard, pour voir -notamment- des vaches gestantes abattues, le sang de leurs foetus étouffés étant prélevé pour un laboratoire pharmaceutique...

Le même Journal de Saône-et-Loire nous dit aussi la douceur et la force de Charlotte Sommier, de Blanzy, qui est une doula, le mot est arabe mais vient du grec ancien, une femme qui accompagne les femmes dans leur grossesse, jusqu'à l'accouchement qu'elles peuvent rendre magique, dit Naya qui a donné naissance à son enfant avec Charlotte dans une pizcine d'accouchement amenée dans son salon... 

Et on parle encore d'une piscine...

Qui était l'ambition d'un homme en ascension, une si belle piscine flanquée de jacuzzis de hammams de saunas, au coeur d'un paradis, un club privé, le Cercle interallié, tout près de l'Elysée à Paris, créé en 1917 par le Maréchal Foch, et qu'un siècle plus tard, 2017, Eric Zemmour voulut rejoindre, pour le prestige peut-être et parce qu'il aime nager... Et l'Express nous raconte cette première campagne qui tourna mal, puisque le polémiste, admis à l'essai fut finalement retoqué en dépit du soutien d'un ancien ambassadeur de Russie - retoqué parce qu'à la piscine il était gênant, il parlait politique à voix trop haute, il invectivait comme sur un plateau télé, il n'avait pas l'esprit Interallié... Et quand le président du cercle lui signifia son exclusion, Zemmour se fendit d'une lettre contre ses opposants, "qui pour pouvoir continuer à aller dans leurs diners en ville", étaient prêts "à sacrifier la patrie", la phrase est de De Gaulle sur la bourgeoisie vichyste...

Et cette vexation est un extrait de sa biographie, signée du journaliste Etienne Girard, où l'on trouve des choses plus lourdes -ainsi la rencontre du polémiste avec une ultra droite où l'on professe que la Révolution française fut un complot franc-maçon, et l'on vend un livre "Les juifs maitres du monde", dont la couverture s'orne d'un personnage au nez crochu... 

Dans le Point vous lirez un homme en retrait de nos passions que pourtant il éprouve, le journaliste et écrivain algérien Kamel Daoud, que l'on compare à son compatriote d'antan Camus,  qui regarde Zemmour cet automne sans savoir le situer et se demande si son aventure ne dit pas cette envie française de tenter le diable, "d'imaginer le loup pour mieux jouir ensuite du lit et du toit de la sécurité, pour mieux se choisir un berger"... Mais le jeu dit-il peut échapper à ses créateurs... 

Dans le même Point,  Franz-Olivier Giesbert livre une part de mémoires, et témoigne de son enfance politique romantique où il voyait en Raoul Salan, général putschiste de l'Algérie française, un pur, une Antigone militaire, un Jean Valjean -on peut ne pas être sérieux... Le Point toujours, nous raconte le retour de Donald Trump en pleine opération de revanche, porté par une base républicaine gaillarde, déguisée en oncles Sam, en surpoids, qui ne semble pas avoir non plus l'esprit  Interrallié...

Et on parle aussi d'universités! 

Car dans l'Obs vous lirez- loin de la foule trumpiste- une visite des universités américaines, au temps du wokisme, ce mouvement qui traque le racisme même involontaire et les offenses que peuvent ressentir opprimés et minorités, et qui est devenu souvent un repoussoir sémantique. L'Obs fait témoigner des enseignants français des facs américaines, donc sur la ligne de partage, ils disent leurs surprises, les brutalités du bien, le livre Lolita banni d'une université où Nabokov enseigna. Mais aussi la richesse qu'apporte la nouvelle conscience, quand les contextes historiques, la société, percutent l'enseignement. Une prof dit qu'elle a revisité Bérénice de racine en se rappelant que le contexte colonial, Titus est en Orient, l'empire romain fut maintenu grâce à une reine de Palestine -et après Bérénice elle s'interroge sur le rapport de Racine à la monarchie, à Louis XIV... Perd-on le texte pour autant? L'Obs encore organise le match entre notre Goncourt et le Booker prize britannique, qui manifestement respire mieux l'époque et la diversité... 

Allons. Dans le Figaro qui s'interroge sur la disparition de l'attaché-case chez les jeunes cadres, les pages littéraires nous invitent à la beauté de Baudelaire, qui ne se dément pas. 

Dans Sud-Ouest m'apparait une jeune femme qui avait la grâce et la rage et qui  en dépit de son mètre 56 "explosait des mecs immenses" dit son frère dans des battles de danse, elle dansait depuis l'âge de 2 ans, tout pour elle était danse, elle s'était imposée dans le monde de la danse urbaine du hip hop, et elle  dansait encore dans une rémission que lui laissait le cancer qui l'a emportée à 38 ans: elle s'appelait Marie-Priska, au hasard d'un journal, d'une émotion, je vous dis son nom.

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