A Marseille où les Parisiens ont monter les prix , la mairie va surtaxer les résidences secondaires, Libération, la Provence. L’utopie des entreprises sans chef, le Monde; la quête de sens des jeunes en premier emploi, les Echos start; des adultes changent de vie dans la pâtisserie, le Progrès.

On parle de pattes de mouches...

Qui zèbrent au stylo-bille bleu deux pages épicées de fautes d'orthographe et qui dénoncent un mariage blanc, force détail à l'appui, et qui ont été postées dans la boite au lettre posée sur la porte de gauche de l'hôtel de ville de Valence, les pattes de mouches ne sont pas signées, et c'est une parmi des dizaines de lettres anonymes que reçoit, une par semaine en moyenne, le maire Nicolas Daragon, dont une secrétaire, Michèle, 25 ans de mairie, a ouvert ses archives au Parisien, elle qui collectionne ces dénonciations masquées qui témoignent dit le journal d'une passion française...

Et nous découvrons donc, qu'on a dénoncé à Valence "un petit de 14-15 ans qui se rend à l'école a vélo" et qui a mis le feu au conteneur de verre, et un véhicule Renault en défaut d'assurance depuis 2015... On découvre aussi cela: "Je viens vous signaler mon étonnement de voir en allant faire mes courses au magasin Action de jeunes vendeuses avec un voile sur la tête"... La lettre anonyme épouse les angoisses de l'époque...

Vous serez surpris de lire l'indulgence dont fat preuve Nicolas Daragon pour ses administrés délateurs, car quand on lui signale un délit, c'est un utile, il transmet à sa police municipale... A La Baule, le maire Frank Louvrier dit que les enquêtes fiscales débutent souvent par des dénonciations, car les Français ne supportent pas ce comportement incivique qu'est la fraude. Mais à Cebaziat, Puy-de-Dôme, le maire  Fabien Neuvy, dit que ces lettres ne disent que nos haines qui montent,  "s'ils étaient armés les français pourraient se tirer dessus, comme aux Etats-Unis »....

A Marseille, dit Libération on grogne contre les Parisiens, dans des conversations et des slogans de réseaux sociaux, #nevenezpas, mais paradoxe c'est l'amour des Parisiens -terme générique pour les compatriotes du Nord- qui pose problème, Marseille a la cote, les nordistes y font mouvement, et en s'y installant la transforment,  encombreraient les calanques, gentrifieraient le centre ville, sèmeraient des restaurants bio, et surtout font monter les prix de l'immobilier, et l'on s'inquiète d'un exode des classes populaires marseillaises. La Provence nous dit que la mairie de Marseille va faire flamber la taxe d'habitation de résidences secondaires, pour rendre au marché des logements vides, ou devenus des meublés loués, façon AirBnB...

En Ariège aussi les oreilles des Parisiens sifflent, précisons, "les hommes politiques parisiens en costard" qui dans la Loi Montagne, donnent latitude aux préfets pour rendre obligatoire les équipements neige sur les automobiles à partir de novembre, dans 48 départements. La Dépêche râle avec ses lecteurs contre cette nouvelle norme:  « quand on est éleveur à Laguiole infirmier à Luchon vétérinaire à Saint-Lary ou institutrice à Ax-les-thermes, la façon dont il faut manipuler sa voiture lorsque la neige recouvre la route, on connait! »

Et au-delà de la loi même, qui n'est pas si coercitive, comprend-on en lisant la Dépêche et aussi l’Est-républicain, c'est la musique de cet éditorial où contre Paris on chante le territoire, qui nous dit une passion française, la jacquerie contre le pouvoir oppresseur.

La même Dépêche nous dit que samedi à Toulouse, Michelle, âgé de 71 ans, a été bloquée au Pont Saint-Pierre par un de barrages de policiers qui sécurisaient la visite du premier ministre Jean Castex, et elle n'a pas pu dire au-revoir à sa maman Jacqueline, qui s'en allait à 92 ans, à l'hôpital Joseph Ducuing. "Si vous n'êtes pas contente vous n'avez qu'à écrire" s'est entendue dire Michelle par un policier, la Dépêche l'écrit pour elle.

On parle aussi de liberté...

Et sur le site du Monde on raconte une utopie réalisée... L'entreprise libérée,  terme sociologique qui désigne l'entreprise sans chef, qui vit et s'organise sans directives, sans reporting sans sanction, sans feu vert et autres lenteurs hiérarchique, et dont les employés, concernés, organisés en petites cellules autonomes, retrouvent le gout de l'engagement, l'implication... Il y aurait  500 organisations libérées en France et une centaine d’autres dans le monde; à Chronoflex, société nantaise de dépannage, un fier slogan s'affiche, « la performance par le bonheur »  et de fait Chronoflex, où l'on élit des responsables, a vu son chiffre d'affaires gonfler de 15% après sa libération en 2012, et les cadences de 25 à 30%... Mais souvent la libération est un échec, des employés ont besoin d'être menés, et libérés ils s'en vont... ..

Dans les Echos start, section jeune du journal économique, on parle de jeunes gens qui dans le travail espèrent trouver du sens, un mot japonais, Ikigaï, « raison d’être » ou « mission de vie », serait le fétiche de ces nouveaux venus, qui pensent que si tu n'aimes pas ton job, tu rates ta vie... E

Le Progrès édition de Haute-Loire raconte à Yssingeaux l'ecole nationale professionnelle de la pâtisserie, où des adultes,  qui étaient infirmières cadres du bâtiment, ingénieur aéronautique, trouvent leur bonheur possible dans le crémeux porté à 85 degrés et le nappage au chocolat. L'Est républicain lui se souvient du patrimoine industriel de la franche comté, dilapidé dans la désindustrialisation, un livre raconte ce qui fut un autre bonheur, de forges et d'usines.

Et on parle enfin de Julian Alaphilippe...

Et l'Equipe où je lis cette phrase de Bernard Hinault, « il faut être né pauvre pour vouloir se faire aussi mal », montre à sa une la plus belle photo du champion du monde cycliste, unanimement adulé: Alaphilippe a les bras écartés comme s'il s'envolait, et ses mains aux longs doigts semblent celles d'un pianiste, et sa légèreté est inoubliable... Je lis dans Nice Matin que hier sur la promenade des anglais, un jeune belge de Liège Lucas da Silva, a remporté le semi-marathon de nice, en bluffant, comme une réciprocité au joli coup d'Alaphilippe chez les Flamands.

Je lis dans le Figaro le vrai roman de Jean Baptiste Alaize, rescapé du génocide des Tutsis du Burundi, qui aurait pu mourir  près de sa mère assassinée à coups de machette, qui en a réchappé et qui français par adoption est devenu champion handisport.

Je lis dans le Dauphiné, le roman vrai de Laurie Phaï Pang qui représente le Cambodge dans le monde du trail, la course de longue distance, mais qui est de Briançon, et qui tire sa force du courage de son père, qui fut prisonnier des khmers rouges dans un camp, avant de s'échapper, du souvenir d'une petite fille morte alors alors qu'elle la portait en son ventre, et de l'amour de son fils vivant, un film la raconte, il s'intitule « Au-delà du temps », et ce n'est pas une affaire de chronomètre... 

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