Et son portrait, comme ceux de Carole Delga dans la Dépêche et Midi libre, dit un jour "vieux monde" où les féodaux sont sublimés! Le Figaro dit l'absence de Claude Berri dont les fils se déchirent. La Provence se souvient d'un ado héroïque et noyé.

On parle d'un homme qui porte le chapeau...

Qui est une fidélité pour Alain Rousset, dont la famille travaillait dans la chapellerie nous dit Sud-Ouest, et même s'il est nu-tête et crâne lisse au moment de voter à la Une du journal, c'est chapeauté que pose en page intérieure de Sud-Ouest  cet homme qui va accomplir son cinquième mandat de Président de Région, autrefois l'Aquitaine, désormais la Nouvelle Aquitaine, qui a absorbé à sa demande le Limousin et le Poitou Charente, et il faut lire ce portrait  "l'inarrêtable président" pour retrouver le parfum devenu rare de l'adhésion que l'on doit au vainqueur, quand un journal nous dit une vie de pouvoir qui semble avoir un sens... 

Ici un enfant de la classe ouvrière et du catholicisme social monté à Paris pour faire Sciences po mais il rata l'ENA, une chance puisqu'il n'eut jamais de bureau à Bercy, cette forteresse des finances qu'il déteste comme symbole du jacobinisme, lui est donc girondin, il reçoit ses visiteurs bien tard avec cigares et armagnac, comme dans un rêve de notable,  il goute les palombières des chasseurs, et la pêche à la truite et aussi les usines où ce socialiste qui aime l'industrie dit « prendre son pied »... Rousset n'a jamais été ministre mais après tout, au gouvernement il aurait dû obéir, peut-être aussi aurait-il fait désordre, lors des questions au gouvernement, lui qui lança un jour à une opposante RN en assemblée régionale une remarque désobligeante sur son physique... 

C'est un monde d'avant, comme nous dit la Dépêche qui l'a emporté hier; le monde de la droite de la gauche et des féodaux soudain illuminés, Bonneau dans un fauteuil titre le Berry républicain pour le président confirmé de la région centre... Haut la Main titre l'Union pour Jean Rottner président de droite confirmé du Grand Est, mais les DNA nous disent qu'il est contesté par un autre triomphateur Frederic Bierry président du conseil d'Alsace, qui veut faire sortir ses alsaciens du Grand est par référendum, ainsi les féodaux se taillent des fiefs. 

Carole Delga, la socialiste qui conserve l'Occitanie est "la patronne" et "la conquérante" pour Midi libre, et la Dépêche brosse le portrait d'une "fille de la nature" qui aime les iris bleus, la petite Carole qui a gardé l'accent de Martres-Tolosane dans le Comminges, où elle fut élevée par sa grand-mère qui lui donna la gnaque, le goût du travail mais lui disait aussi qu'on n'avait pas les sous pour faire de la politique... Et pourtant si. La coquette Delga, c'est elle qui le dit  aime porter une tenue que lui a cousue une couturière de Martres avec un tissu tissé au Sénégal par des femmes qui y trouvent leur indépendance économique... Elle a été secrétaire d'Etat Carole Delga, sa narration est celle des enjeux nationaux... 

Une autre socialiste est  une incarnation à la Une de l'Yonne Républicaine, l'effet Marie-Guite Dufay titre le journal pour celle qui n'a laissé « aucune chance » au Rassemblement national, dit le journal du Centre, en Bourgogne Franche-Comté... Et ici vraiment le local est national. Renaud Muselier qui garde la région Paca mais il préfère dire Région Sud a droit à un titre transparent, il a fait front, dans la Provence, et les partisans de son rival RN Thierry Mariani soupirent dans Nice-Matin, on est le premier parti de France et on n'est jamais élu. L'indépendant décrit la déconfiture du RN dans les Pyrénées-Orientales, la Voix du Nord raconte un canton de Lens repris par la gauche aux lepénistes, le Parisien et Libération insistent sur l'échec du RN, le Figaro ajoute Emmanuel Macron à sa liste des vaincus, « Macron Le Pen la double sanction », et d'une phrase au stylet, l'Opinion déchire le parti présidentiel... "La LREM est vue par une majorité d'électeurs comme une intruse dans un jeu gauche droite relancé..."

Vous verrez à la Une du Figaro dans une chandelle les champions de la droite et sans doute du journal, Valérie Pécresse Laurent Wauquiez, Xavier Bertrand, on les célèbre aussi à domicile, « Wauquiez en patron » dit la Montagne. La voix du Nord offre à Xavier Bertrand un titre qui lui ira droit au cœur, cap sur 2022... Ainsi se prolonge le feuilleton de la démocratie...

On parle aussi de deux frères...

Thomas et Darius Langmann, les enfants de Claude Berri, "le dernier nabab du cinéma français", dit le Figaro, mort il y a douze ans, dont la succession disputée sera plaidée aujourd'hui au tribunal de Paris, c'est une histoire vertigineuse d'œuvres d'art que Thomas Langmann, le fils producteur accuse son frère Darius et sa belle-mère Nathalie Rheims de lui avoir dissimulé afin de le spolier, il s'en est persuadé après avoir vu chez son frère une table signée Giacometti, vous lirez des huissiers et des vies qui basculent, comment Thomas Langmann producteur oscarisé pour The Artist a perdu le contrôle de son existence à force d'errances mais derrière les chefs-d'œuvre qu'on s'arrache et le sordide de la dispute on lit, c'est déchirant comment un père vous manque... 

Dans le Monde on lit que le père de Marlène Schiappa, qui est trotskiste et historien, a rejoint la Vigie de la laïcité, une, association créée par l'ancien président de l'Observatoire de la laïcité Jean-Louis Bianco et d'autres intellectuels opposé à la laïcité dure de la ministre, sur son blog de Mediapart, Jean-Louis Schiappa parle d'un climat maccarthyste, du nom de la chasse aux sorcières de l’Amérique de années cinquante, mais il ne vite jamais le nom de sa fille et les désaccords n'empêchent pas l'amour...   

Et on parle enfin d'un petit-fils...

Mathieu Van der Poel maillot jaune du tour de France superbe dans la tunique que jamais son grand-père ne porta, et l'Equipe le dit mieux que nous dans un coin de sa Une, "Pour toi Poupou"... Ainsi sont nos fidélités.

Dans la Montagne on nous raconte celle de Christine Gendre, qui serait devenue esthéticienne si elle n'avait pas rencontré Philippe qui était boulanger, après lui, il est mort en 2015, elle continué la Boulange, à Royat, avenue Jean-Jaurès, mais maintenant elle se dit fatiguée. 

Dans la Provence lisez comment le 28 juin 1981, Sylvain Menu qui avait 16 ans s'est jeté dans l'eau bouillonnante dans la calanque de l'Escu pour sauver un enfant Joel, qu'une lame avait balayée, Sylvain a ramené Joel au rivage puis une autre vague l'a pris et il ne fut plus  qu'une ombre dans la Méditerranée, chaque année pour lui sa famille jette une fleur à l'eau, après quarante ans sa photo regardez, ses yeux, brillent du même éclat.    

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