La Croix dans un ghetto rom en Slovaquie, Libération à Glasgow, le Figaro dans un bidonville à Madrid, témoignent des humanités dévastées. Le Monde raconte des femmes transgenre qui redoutent encore le regard des autres sur leur visage, et effacent par la chirurgie leurs masculinités fantômes.

On parle d'un sourire...  

Un sourire troué auquel il manque des dents, qui décore le visage strié de cicatrices d'un homme qui nous revient de la rue et de la drogue, on l'appelle Diallo, il est un vétéran de la Colline, de Stalincrack, des jardins d'Eole, haut lieux de la consommation de crack du Nord de Paris, il y a laissé des morceaux de lui-même, des orteils amputés suite à une gangrène, et pourtant le voilà vivant et même souriant, la mine sereine presque béate, écrit le journaliste Rémi Yang dans un reportage que publie Mediapart. Diallo vit désormais dans une chambre d'hôtel ses affaires sont rangées impeccables, seul un petit dessin  sur un mur au stylo, deux cœurs entrelacés et le slogan "Peace and love" rappellent sa vie d'avant, quand Diallo marquait ses errances du petit graffiti...   

Et c'est donc un hôtel parisien que Mediapart raconte, 24 chambres que l'exode des touristes laissait disponible et qui, réquisitionné héberge des drogués qu'une association sort de la rue... Les voisins de l'hôtel ne savent pas que les crackeux redoutés habitent près de chez eux, il vaut mieux, le Parisien nous raconte une nouvelle colère de futurs voisins d'une futur salle de shoot. La gérante de l'hôtel a été surprise par la gentillesse de ses nouveaux pensionnaires et nous sommes touchés avec elle, de découvrir des êtres distincts, qui s'éveillent, oh -ils consomment parfois encore ces galettes de crack qu'ils sortent acheter et ramènent dans leur abri, "il faut bien fumer pour se réveiller", dit Valéry, qui découvrit la drogue à l'armée et le crack quand il quitta sa copine - il lit "Vernon Subutex" de Virginie Despentes... Subutex est aussi le nom du traitement que prend Diallo le souriant pour décrocher...   

Et cette histoire est un moment d'optimisme -on peut toujours reconstruire des existences dévastées, mais avant, que de gâchis.   Des reportages se répondent dans les journaux. La Croix est à Lunik IX , un ghetto en banlieue de Kosice en Slovaquie, peuplé de 4000 roms dont 9 sur dix sont au chômage, au milieu desquels vivent des missionnaires catholiques qui disent vouloir conduire vers le Christ mais qui offrent une présence humaine, le Pape est  attendu, il doit apporter lis-je son amour...  

Libération est à Glasgow où l'an dernier 1339 personnes ont succombé à des overdoses, record d'Europe, dans cette ville qui ne s'est jamais remise de la rencontre dans l'autre siècle, de l'héroïne et du thatchérisme qui avait ravagé les emplois de la classe ouvrière, et livré une jeunesse pauvre désœuvrée à la consolation des seringues.   

Le Figaro est à la Cañada Real, aux portes de Madrid où 7300 habitants vivent dans le plus grand grand bidonville d'Europe, un peuple d'immigrés de l'Est, du Maghreb, des gitans que les autorités considèrent enfin... On va viabiliser une partie du bidonville, détruire ce qu'il ya  de pire, reloger les miséreux dans des villages à la campagne... A Glasgow également les politiques contemplent le temps perdu, ce sont des rescapés de la drogue et des overdose telle la blonde lumineuse Natalie Logan McLean, qui assistent ceux qui essaient et meurent après eux.  

On parle aussi de reconstruction...  

Et nous ne parlons plus de social mais de l'intime, et d'une chirurgie réparatrice de l'âme, qui modèle des visages dans lesquels peuvent se reconnaitre des femmes  qui ont changé de genre, et qui veulent gommer les fantômes d'une masculinité qu'elles ont fui. C'est une enquête troublante sur le site du Monde, à l'hôpital Tenon à Paris, où le docteur Quentin Qassemyar réconforte  en réduisant les angles des mâchoires, les mentons, éradiquant des bosses frontales, reculant des arcades sourcilières, après avoir  modélisé les changements souhaitables dans des projections 3D, et l'on entend ses patientes nous dire ce que pèse le regard des autres, comment elles redoutent que se devine les hommes qu'elles étaient, elles disent parfois que la transformation du visage est plus importante encore qu'une chirurgie des organes sexuels, car e qu'il y a  entre les jambes, on ne le voit pas... Et ces femmes libres veulent épouser au plus près parfois une féminité que définissent les hommes  "la première attente de la société envers nous est d'être jolie"...  

Les attentifs sites Korii et Usbek et Rica nous parlent de femmes chinoises, qui n'ont pas de problème avec le regard des hommes mais avec leur écoute, car leurs hommes, ah les hommes! - ne les écoutent pas, alors ces chinoises qui ont les moyens, vont dans des bars conçus pour elles, des butler cafés, des bar à majordomes, où des jeunes gens avenants grands beaux sont payés pour les écouter parler, voire les accompagner faire des courses, voire plus, et c'est une étrangeté que l'émancipation de femmes puissantes passe par la prostitution de garçons...

Dans Paris-Normandie nous attend un jeune homme de 21 ans, qui depuis trois ans construit sa survie en monnayant son corps à des hommes 10 15 20 50 euros, une fois trois euros pendant le confinement, il avait faim, il est triste mais sans honte. Et nous?  

Et on parle enfin de désir... 

Qui vient aux riches, en tous cas dans le football,  et quand reprend la Ligue des champions, l'Equipe nous conte les sentiments d'envie qu'inspire à l'étranger le Paris Saint-Germain qui doit demain écraser Bruges, ce sont les belges qui le disent, et dont les recrutements lui attirent des fans en Allemagne, en Angleterre, était ce donc si simple? 

Lille, champion de France  lui aussi entre en lice contre les allemands de Wolfsburg, mais ses supporters dans la Voix du Nord disent que l'Europe n'est rien comparée à une victoire samedi à Lens dans le derby... Est ce un manque d'ambition, ou une juste échelle de valeurs?   

Dans le Bien public et le site du Journal de Saône-et-Loire, Nathalie et Sylvain Langoureau, viticulteurs de Bourgogne, saupoudrent leurs parcelles de touffes de cheveux qu'ils récupèrent au salon "Jimmy et Flo" de Chagny Car les cheveux, qui sentent l'homme et les shampoings, éloignent les chevreuils et les sangliers qui sinon dévoreraient les grappes... Seuls les blaireaux y sont insensibles, je dirais forcément.   

Dans la Nouvelle République j'apprends que deux chinonais, l'un philosophe, Francis Métivier et l'autre dessinateur Mickael Roux, sortent une bande dessinée "René le Philosophe", qui nous dit tout de la vie de la pensée de Descartes. Autrefois Mickael Roux avait fait une BD intitulée "Confession d'un canard sextoy", c'était bien aussi.

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