Et 40 millions, peut-être plus, se seraient évaporés quand le compte d'une association a été "réinitialisé". Le Monde rencontre le fils de Omar Raddad. La Charente libre raconte l'immigration portugaise, dont, dit la Provence, Griezmann est issus.

Une arnaque de plusieurs millions d'euros en Bourgogne a mis sur la paille plusieurs investisseurs
Une arnaque de plusieurs millions d'euros en Bourgogne a mis sur la paille plusieurs investisseurs © Getty / Catherine Falls Commercial

On parle de quarante millions d'euros...  

Quarante millions qui ont disparu, pffft, comme ça, envolés, nous disent le Bien Public et le Journal de Saône-et-Loire. 

Quarante millions d'euros, soit les économies d'au moins 2000 personnes en Bourgogne Franche-Comté, qui les avaient confiés à une association basée à Longvic, afin qu'elle les investisse dans les cryptomonnaies. RR Crypto avait été fondée par un jeune homme entreprenant, Vincent Ropiot, Dijonnais de 26 ans, qui s'était fait connaître à 18 ans en voulant lancer du basket-ball sur trampoline.

Avec les cryptomonnaies il avait trouvé une autre voltige : il conseillait ses amis. En 2020, il avait créé RR Crypto, afin de dispenser ses conseils au plus grand nombre, il attirait ses clients par le bouche à oreille, Laura lui avait confié 10 000 euros, une somme à 25 ans parce qu'elle en avait assez de la chiche Caisse d'épargne. 

Vincent Ropiot s'était fait un nom chez lui, il décrivait les merveilles des bitcoins à l'hebdomadaire Dijon Hebdo, il expliquait que son association serait bientôt agrée par l'autorité des marchés financiers... Mais en fait, il n'avait jamais déposé de dossier pour cela, écrit le site spécialisé Cryptoast, qui raconte aussi l'histoire, comme l'excellent site le Journal du coin.  Enfin voilà. 

Dimanche 20 juin, Vincent Ropiot a envoyé un mail à ses clients pour leur dire que le portefeuille de de RR Crypto, ouvert sur la plateforme spécialisée, BInance, avait été réinitialisé. Remis à zéro ! Les fonds avaient donc disparus, il n'avait plus accès à l'historique, il avait porté plainte... Et c'est ici que des investisseurs ont senti le sol se dérober et ont contacté les médias... Le Journal du Coin, qui a lu le mail envoyé par Vincent Ropiot, dit que c'est en mars dernier que celui-ci a trouvé son compte réinitialisé : que s'est-il passé entretemps, quel bug, quelle escroquerie ? Là où le Bien Public parle de 40 millions envolés, les sites internet évoquent 58 millions et plus de 4 000 victimes...   

Alors que la Bourgogne entre dans un scandale, le Figaro et les Echos nous disent que la Chine a durci sa guerre contre le bitcoin et les cryptomonnaies, l'Etat chinois a coupé l'électricité aux fermes de cryptomonnaies de la région du Sichuan - car pour fabriquer des cryptomonnaies, on fait tourner des ordinateurs qui consomment trop d'électricité, et mettent en danger le bilan climatique chinois... Imaginez. C'est au nom de l'environnement au moins autant que pour contrôler les finances et les monnaies que la Chine se fâche. Et comme la Chine est le premier producteur mondial de cryptomonnaies, les cours de celles-ci s'effondre... Les fermes migreraient vers le Kazakhstan.  

La Chine, nous disent les Echos, est aussi le premier investisseur mondial à l'étranger, et aussi nous re-disent les Echos, le plus grand producteur des métaux rares indispensables aux nouvelles technologies, notamment le néodyme, précieux entre tous, car stratégique pour fabriquer des aimants permanents que l'on trouve dans les éoliennes en mer, les moteurs de voitures électriques, les vibreurs de smartphone, les radars et les sonars. Aux Etats-Unis, une mine à ciel ouvert, Mountain Pass, où affleurent les métaux rares, pourrait permettre à l'Amérique de retrouver de l'indépendance. Sommes nous loin de Dijon..?

On parle aussi d'histoire...   

Et d'une mémoire longtemps interdite et que Libération nous restitue dans une scène atroce, pardon, que raconte au journal, une femme qui en fut témoin... Elle se prénomme Edith, elle avait dix ans en 1945 et marchait au milieu d'autres maudits à peine descendus d'un train, d'un wagon à bestiaux, entourés de soldats qu'on n'osait pas regarder et qui abattaient ceux qui n'avançaient plus, et soudain ces soldats arrachèrent un bébé des bras de sa mère et le jetèrent en l'air et lui tirèrent dessus comme au tir au pigeon, et dans le souvenir d'Edith, leurs rires sont plus terribles encore que les cris de la mère... 

On croirait un épisode de la Shoah, une atrocité nazie... Mais ici les victimes sont allemandes, Edith, le bébé, sa mère, ceux qui marchaient à tomber, ils étaient des allemands des Sudètes, cette région de Tchécoslovaquie peuplée de germanophones, sur lesquels Hitler s'était appuyé dans ses premières conquêtes, mais qui, en juillet 1945, étaient expulsés vers l'Allemagne, et sur le chemin à leur tour livrés à des hommes armés ivres d'impunité. 

Quatorze millions d'Allemands furent ainsi victimes à la fin de la Deuxième Guerre mondiale d'une épuration ethnique en Tchécoslovaquie, en Roumanie, en Silésie, en Hongrie... Les crimes de l'Allemagne nazie étaient tels que le récit du malheur allemand était inconcevable sauf à risquer le révisionnisme. En 2002, l'écrivain Gunther Grass avait osé un livre intitulé "En crabe", qui portait la mémoire des 9 000 noyés d'un bateau de réfugiés allemands torpillé par un sous-marin soviétique... Et demain sera inauguré à Berlin un musée, "Fondation de l'exil de l'expulsion et de la réconciliation" qui porte l'histoire des Allemands chassés mais qui rappelle aussi la Shoah et les réfugiés d'aujourd'hui, syriens ou bosniaques....   

La Croix, cette semaine, se penche sur l'ex-Yougoslavie, qui éclata il y a trente ans, et nous dit aujourd'hui la dérive autoritaire du président slovène, c'est comme une fatalité.   

Le Figaro lui nous dit la mémoire flaubertienne de Rouen dont le musée des Beaux-Arts offre une exposition aux fastes de son roman-monstre carthaginois, "Salammbô", qui racontait des violences barbares à une France pas encore remise de sa révolution ensanglantée...   

On parle enfin d'un fils...   

Qui lui est un réfugié du drame de son père, découvrez dans le Monde Karim Raddad, le fils du jardinier Omar Raddad qui fut accusé en 1991 du meurtre de sa patronne Ghislaine Marchal, sur la foi de ces mots écrits au sang de la victime, "Omar m'a tuer"... Omar Raddad fut condamné puis, dans le doute, gracié par Jacques Chirac mais jamais innocenté. Des empreintes ADN pourraient conduire à un procès en révision, mais avant cela, c'est la vie de Karim Raddad qui nous appelle, que parfois, on appelle "le fils de l'assassin" mais parfois on est gentil avec lui. Son papa fut arrêté quand il avait quatre ans, il joua au baby-foot avec lui à sa sortie de prison, Karim aura vécu pour ce père fragile et illettré, qui est cloitré chez lui à Toulon et quand il sort, on le reconnait encore... Pourra-t-il le faire innocenter de son vivant ? 

La Charente libre nous conte une autre mémoire, celle de l'immigration portugaise en Charente, que l'Angoumoisin Manuel Da Silva 77 ans raconte dans un livre. Elle a marqué le paysage, cette immigration née au temps de la dictature de Salazar. Pas une camionnette dans le bâtiment en Charente qui n'ait un nom portugais dessus, rit Manuel dont le père est arrivé avant-guerre. C'est le bon moment pour parler de nos racines portugaises puisque demain la France déjà qualifiée affronte le Portugal à l'Euro, la Provence consacre un belle page au prodige Antoine Griezmann dont le grand-père maternel Amaro Lopes, footballeur et maçon, avait posé son baluchon à Cassis après avoir fui son pays... Antoine lui ressemble et le match demain sera spécial pour lui.

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