Sur le site de l'Obs, deux féministes disputent sur le désir des hommes qui les a quitté, et un écrivain voyageur raconte les Français de Dubaï. Alternatives économiques ranime les premiers prophètes de l'écologie. Le Monde fait revivre le tragique naufrage du paquebot Afrique en 1920.

Vous nous parlez d'une rosière....

Macha Vaillant 19 ans, honorée hier cent trente-troisième rosière de Montargis, qui pose en robe blanche et de fleurs couronnée dans la République du centre et témoigne de la persistance ténue d'une tradition que l'on dit millénaire... Les rosières étaient des jeunes filles de conduite irréprochable, de vertu de piété de modestie édifiante... Elles sont toujours admirables nos rosières restantes mais les critères ont changé. A Montargis, qui en 1888 reçut d'une dame Duchêne Rabier un legs de 40.000 francs pour distinguer une jeune fille méritante, on dotait autrefois une orpheline ou une jeune ouvrière... Désormais on salue l'engagement dans la société... Et qui s'est plus engagée que Macha Vaillant, qui après son bac pro est devenue militaire, le génie d'abord, bientôt a gendarmerie, et qui en plus contribue à la campagne vaccinale cotre le covid, "je voulais aider dans le combat" dit-elle...

Et quel exemple alors nous donne cette jeune femme ce 14 juillet où seul Paris-Normandie ose donner sa Une à la fête nationale par l'aventure de son journaliste Anthony Quindroit qui est allé tester pour nous un de ces Mirages 2000 qui défileront dans le ciel de Paris, venus de la base d'Evreux-Fauville, il s'est bien fait secouer dans une simulation de combat à Mach 0.95... Mais les autres journaux, quasiment tous ne se décollent pas du covid et du vaccin et de nos errements. "Ruée sur les vaccins", la Montagne, "Rush sur le vaccin", l'Indépendant, "Le vaccin bien obligé", les DNA!, "Tout n'est pas clair" dit le Progrès, "Comment faire" supplie Nice-Matin, réponse dans les journaux ou bien demandons à Macha la rosière...

Elle tombe bien aussi Macha la rosière, par effet de contraste dans un monde bouleversé, elle nous dit que tout ne change pas si vite au doux pays des filles de France, mais est-ce une illusion.

On déconseille aux hommes stressés par les temps nouveaux d'aller lire sur le site de l'Obs le décoiffant dialogue de deux féministes, l'ancienne actrice X désormais documentariste et théoricienne Ovidie et l'écrivaine Chloé Delaume discutent drôlement, comme dans un Rohmer parfois mais avec désespoir aussi, de leur désir pour les hommes qui s'est dissipé par conscience, par lassitude du patriarcat, mais comment faire quand on est une femme hétérosexuelle et que la pénétration vous manque aux beaux jours sensuels, alors que cette pénétration on le sait est un geste politique, l'inégalité nait du sexe, quand l'homme ayant joui s'endort, bercé par la prolactine, une hormone de satisfaction, et la femme reste seule mais cette femme consciente se souvient d'avoir humilié des hommes en panne érectile, comment faire la paix?    

On parle aussi d'exil...

Et c'est sur le site de l'Obs encore une échappée vers Dubaï menée par un écrivain-reporter à la plume folâtre,  Julien Blanc-Gras, parti à la rencontre des 17000 français qui ont choisi de vivre dans cet émirat-Disneyland, où le bonheur t'attend à condition de ne pas regarder l'envers social du décor... où se croisent dans la tolérance du luxe "bimbos instagrammables" et femmes voilées, où des diplômés d'écoles de commerce viennent échapper aux lenteurs et raideurs hexagonales, puisqu'à Dubaï un nom arabe ne fait pas tache sur le CV, puisqu'à Dubaï tut semble possible et vite, y compris faire pousser des tomates en permaculture dans le désert; à la façon de Mohamed Aïssaoui, agenais, ingénieur start-upper qui a transplanté à Dubaï  le savoir-faire de ses grand-pères agriculteurs chez nous...
Je lis que les gamins du lycée français Pompidou de Dubaï sont dotés d"un esprit critique, d'une conscience écologique, d'une méfiance du consumérisme et des apparences... Antidotes.

A propos de conscience, le Canard enchainé est cruellement caustique dans son portrait "Prise de bec" de l'actrice Marion Cotillard, héroïne on le sait du bel Anette de Carax... En 2009, elle proclamait sa décision de ne plus se parfumer, tellement les goûtelettes odorantes étaient nocives pour l'homme et la couche d'ozone, cette année elle a tourné un film publicitaire pour le Numéro 5 de Chanel, film engagé, dit-elle, presque punk.

Le magazine Vanity fair, lui, conte la saga de l'illusionniste Cédric Naudon, qui au bagou, étole de soie au tour du cou, débarquait en Ferrari chez les agriculteurs bio et embarqua  la fine fleur de la jeune gastronomie, et des banques et des media, dans un projet sublime de village gastronomique éco responsable au coeur de Paris, cela finit mal, des millions envolés, il est en prison.

Le magazine Alternatives économiques nous dit des précurseurs qui eux méritent nos panthéons, les premiers écolos les réfractaires les militants les prophètes, qui depuis Rousseau méchamment moqué par Voltaire, subirent les lazzis ou pire en voulant préserver notre rapport avec la nature. En 1872 George Sand pétitionnait pour que l'on n'abatte pas les arbres de Fontainebleau. En 1962 la journaliste américaine, Rachel Carson nous alertait contre les pesticides dans son ouvrage "Un monde silencieux", en 1974 Françoise d'Eaubonne écrivait "Le féminisme ou la mort" et inventait l'éco-féminisme puis que la femme est nature et la destruction est phallocratique... Mais les hommes aussi se battent 1984, le défenseur de l'Amazonie Chico Mendes était abattu au fusil de chasse... Lisez respectez.    

Et on parle enfin de frères...

Qui ont grandi pour porter nos histoires  et voilà que  Mouss et Hakim, les frangins de Toulouse  qui tchatchaient sans filtre et bondissaient avec Zebda sont des darons, nous dit Boudu, magazine de Toulouse et ils mettent en musique des inédits de Nougaro, la tradition est leur... 

Les DNA nous disent les superbes frères Bassa et Mickael Mawem ,30 et 36 ans, qui gamins ont découvert l'escalade au parc des Eaux-vives à Huningue, et vont grimper pour la France aux Jeux de Tokyo, gloire...  L'Equipe et l'Indépendant célèbrent Melwyn Jaminet, buteur de 22 ans de Perpignan et du XV de france qui nous a mis devant l'Australie, et c'est jour de gloire. Le Parisien, qui narre l'histoire de la frite  que nous nous disputons avec les voisins belges, nous dit que l'homme qui la rendit populaire à Liège dans les années 1850 était un cuisinier bavarois formé à Paris, rue Montmartre, triomphe.  

Elle est pesante aussi l'histoire. Le Journal de Saône-et-Loire  montre a sa une un militaire au regard clair, Maurice Giguet qui s'engagea dans la gendarmerie en 1940, après la défaite, et fut résistant... Une biographie lui est consacrée mais elle exagérerait ses mérites au détriment d'autres héros, c'est une polémique sérieuse. 

Le Monde dans une superbe série raconte le drame du paquebot Afrique, qui le 12 janvier 1920 coula au large de l'Ile de Ré dans une tempête, victimes d'avaries, de voies d'eau et éventré par un bateau phare, il y eut 568 victimes, des tirailleurs sénégalais qui rentraient chez eux après les tranchées, des prêtres en mission, 568 victimes que les eaux ramenaient vers les côtes ou dans les filets des pêcheurs qui parlaient d"es poissons de hasard"... Mais ce drame, la pire catastrophe de notre marine, fut occulté aussitôt, parce que l'armateur du bateau voulut passer à autre chose, parce qu'on se passionnait plutôt pour le match Clemenceau-Deschanel à la présidentielle. L'injustice revit alors et revit la figure du capitaine le Dû qui stoïque resta sur soin navire jusqu'à la fin, qui est enterré à Paimpol, et son épitaphe est tirée de la dernière lettre qu'il envoya a son épouse.  « Trenen a ra peb tra, ‘met c’hui ma dour, hoc’h eternite »: « Toute chose passe, Seigneur, excepté vous et l’éternité ».

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