L’Australie va-t-elle mobiliser contre des éoliennes, le Courrier Picard. La maire de Gijon combat la corrida, la Croix. On réhabilite des femmes compositrices, le Figaro. Arsène Wenger veut un Mondia tous les deux ans, l’Equipe. Le FLNC menace de ranimer les "nuits combattantes", Corse-Matin.

On parle d'une colère...

Qui monte en Australie et menace la France nous alerte le Courrier Picard; hier un confrère australien, Hugh Withfield de la chaine 7 network, se filmait en Picardie près des tombes de ses compatriotes morts à nos côtés pendant la Grande guerre. A Villers-Bretonneux, le mémorial qui honore leur sacrifice sera bientôt surplombé par des éoliennes: les élus picards qui reprochent à la ministre de la transition écologiste Barba Pompili, pourtant élue de la Somme, de ne pas avoir bloqué le projet, espèrent un renfort australien décisif dans cette lutte contre la modernité profanatrice.

Dans la Croix vous lirez une autre colère, celle-là, moderne et espagnole. A Gijon dans les Asturies, on a tué en août lors de la feria des taureaux nommés « Féministe » et « Nigérian »; la maire socialiste Ana Gonzalez y a vu une injure à l'intégration et à l'égalité entre les hommes et les femmes, elle veut bannir la corrida de sa ville... Le monde taurin rappelle que les noms des taureaux se transmettent de génération en génération, c'est il y a un demi siècle qu'un éleveur a nommé des bêtes « Féministe » et « Nigérian », sans savoir qu'en 2021 nous serions offensés.

On peut douter de la valeur de tels symboles, quand des femmes réelles subissent encore des atrocités. En dépit du Grenelle contre les violences conjugales, l'Etat français reste défaillant dans sa mission de protection, affirme Libération, auxquels sept femmes racontent sobrement comment la mort les guette; dans le Finistère, le compagnon de Soulef, qui quatre fois déjà l'a étranglée, rôde à nouveau en bas de chez elle, elle se sent comme un lapin dans les phares d'une voiture; dans l’Ain, Aurélie dort avec un couteau à côté de son lit puisque les gendarmes ne prennent plus ses plaintes contre cet ex-conjoint qui veut lui briser la colonne vertébrale; dans le Loiret, Jocelyne vit encore dans la même maison que son mari qui il y a trois semaines a essayé de la tuer, il ne sera jugé que le 23 septembre, elle ne sait où aller, elle a 72 ans...

On est loin des polémiques, loin aussi de l'innocence imperturbable des pages basques de Sud-Ouest, qui dit sa joie taurine pour la Feria qui s'ouvre à Bayonne, colorée de bleue et inspirée par le peintre Goya. Frémit le jeune David Medina, éleveur de taureaux à Tolède, dont les bêtes chargeront dans l'arène où toréera une légende:  Antonio Ferrera, qui dans sa carrière a coupé 1470 oreilles 118 queues et a gracié 37 taureaux. Je sais les prononçant la colère que ces chiffres porteront chez certains d'entre vous.

Dans Nice-Matin on se dispute autour d'un animal mignon, mais que l'on chasse encore dans les Alpes Maritimes, l'an dernier on en a tué douze, c'étaient douze de trop dit le député Loïc Dombreval qui veut interdire la chasse à la marmotte; un chasseur lui oppose une chair fine un peu comme celle du lièvre, et le droit de manger une viande plus naturelle que celle du commerce.

On parle encore de tradition...

Et d'autres explosions, oubliées et qui reviennent, "les chemins de la nuit combattante que nous connaissons si bien", écrivent dans un communiqué envoyé à Corse-Matin des indépendantistes FLNC, qui menacent de ranimer la lutte armée en Corse, mécontents aussi bien du président autonomiste de la Région Gilles Siméoni que de l'Etat français, et menaçants envers ceux qui, venus du continent, s’installent dans une terre qui "n'est pas vôtre"...  

Il est des retours plus doux. Le Dauphiné libéré nous dit que l'école du village de Laval Aix dans la Drôme a rouvert après 59 ans d'oubli, les anciens se souviennent qu'en 62, l'année de la fermeture, ils chargeaient chaque matin le poële à charbon.

Le Télégramme nous dit deux artistes du Finistère Julian Cuvilliez et Audrey Lecorgne, de leur métier « archéo-luthiers », qui sillonnent le monde à la recherche d'instruments disparus parfois depuis des millénaires, dont ils ressuscitent les formes et le son.

Le Figaro nous dit la justice rendue à des femmes compositrices de musique oubliées et ranimées,  Maria Antonia Walpurgis, princesse de Bavière, au XVIIIe siècle la Française Charlotte Sohy, qui composa une symphonie sur la Grande guerre... Notre époque demande que l'on joue des oeuvres de femmes dans les concerts, et cette circonstance durable vient servir la mémoire..

Dans nos journaux se promènent aussi des bonhommes. Sylvain Tesson est en feu pour nous parler dans Marianne de Rimbaud, de poésie, de mots mystiques, il est aussi coquin provocateur en citant sans dire l'auteur un vers de Charles Maurras, idéologue monarchiste qui écrivit ceci, emprisonné pour collaboration: "Et je ne comprends rien à l'être de mon être"... Joli vers quand même. 

Dans le Progrès, Jean-Claude Van Damme nous assure que dans la voix humaine, s'entend le chant des baleines, il est passé près de Lyon tourner une pub pour des vidéos sur smartphone: c'est l'époque. 

Dans l'Equipe le sage Arsène Wenger se vend aux temps contemporains, il plaide pour que l'on organise une coupe de monde de football tous les deux ans... "Really Mr Wenger? » titre l'Equipe qui désapprouve cette exagération. 

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