Les Echos racontent les ferrailleurs d'aujourd'hui, qui vont chercher dans les déchets les métaux lourds précieux et rares de la transition énergétique. L'Humanité publie le dernier épisode de la promenade pieuse de Pierre-Louis Basse chez les otages fusillés de Chateaubriant.

On parle de récupération...

Et d'entreprises modernes qui réinventent la tradition des ferrailleurs, car des déchets elles créent  de la richesse,  elles récupèrent nous disent les Echos des métaux rares et précieux, et cette récup est précieuse pour notre avenir et notre environnement... Et voici donc Pearl, société du Limousin qui s'en va chercher dans les eaux usées le plomb, l'arsenic, l'or, le platine,  et même l'uranium, en servant d'écorces de pin broyées qui forment un filtre à métaux lourds... Et voici Weecycling, de Seine-Maritime, qui va chercher du cuivre dans les débrit de l'électronique des voitures, voici Metalor un groupe suisse qui rameute l'or et l'argent des vieilles lunettes vieux bijoux...

Mais plus déterminante pour notre suite est la nouvelle frontière des ferrailleurs: le recyclage efficace des batteries bourrées de cobalt, de lithium et de nickel -qui sont au coeur de la transition vers la mobilité électrique: celle ci commence à peine, on recycle pour l'instant des véhicules accidentés mais un jour viendra la grande vague des véhicules en fin de vie...

Et on lit les Echos avec cette impression pas désagréable de contempler notre avenir...Les mêmes Echos dans la même veine vont voir les pays du Golfe, qui se sont mis à la 5G il y a déjà deux ans, et figurent donc notre futur possible, que le transfert de masse des données va dématérialiser. Un salon tech à Dubaï nous présente des robots pilotés à distance par une vraie personne munie d'un masque de réalité virtuelle et de manettes: cette invention poiurrait permettre à une aide soignante de gérer via plusieurs robots plusieurs malades à la fois... Une vieille nouvelle de Marcel Aymé, les Sabines racontait une jeune montmartroise capable de se dupliquer, on en tombait amoureux...

Et bien justement. Dans la Dépêche qui à son tour décrit les contours possibles d'un avenir virtuel, le mathématicien versé en politique  Cedric Villani nous assure que l'on peut ressentir des sentiments pour des avatars... Il ne croit pas que Monsieur Zuckerberg et son 'univers virtuel baptisé metavers sont notre avenir obligé, mais enfin, le virtuel est déjà dans nos vies. Au Japon des malins ont inventé des fées clochettes, des personnages imaginaires mus par des algorithmes, qui envoient des textos, "je t'attends avec impatience, je t'aime tant", à nos solitudes espérantes.

Allons. Du Japon nous vient aussi une femme charnelle réelle, même si travaillée apprêtée, elle n'est dans son charme qu'une création, mais elle nous vient de si loin!  La Croix l'hebdo a rencontré la chouette trentenaire Mai Watanabe, qui à Fukushima est devenue geisha, comme sa mère et sa grand-mère avant elle, et de poudre blanche de rouge écarlate  d'un kimono noir familial et de danse de musique de l'art de la conversation, elle Mai-Shan, incarnation d'autant plus précieuse aux Japonais que les geishas se font rares... On échappe aux poncifs sur la réputation de courtisantes, le fantasme, pour voir dans les geishas des femmes puissantes, qui échappent aux dictatures des familles et du patriarcat. Elles sont indépendantes et font des bébés toutes seules, et dans la plus chouette des photos Mai en jean pas apprêtée fait la fête à la bière...

On parle aussi de soldats...

Dans un article de Libération qui évoque les grands westerns d'autrefois, ceux qui disaient les forts posés dans l'inconnu, la fraternité des troupes et les convois en territoire hostile, mais cet article signé Pierre Alonso est plus beau encore puisqu'il parle n vrai, de nos soldats en poste au Nord du Mali qui se préparent au retrait par ordre présidentiel puisque Barkhane va se replier au Sud, alors dans le poste de Tessalit en sursis, que l'ennemi djihadiste bombardait encore cet été nous suivons un capitaine de 37 ans, 18 ans d'armée derrière lui,  qui dit «On est entré à l’armée pour vivre ces moments-là» et puis  "J’en ai marre. J’en ai marre mais c’est le métier.» Les soldats sont en claquettes, on joue au foot, dans un amoncellement de bric-à-brac e métal de plastique et de courage, un convoi quitte la base vers le Sud, cinq jours de route vers Gao sur des sols lunaires,  des camions civils d'une société tchadienne sont protégés par nos soldats, ils s'ensablent, on dort çà la belle étoile... «Putain j’ai les mains défoncées», se désole un militaire en regardant sa peau noire craquelée du désert...

Dans l'Union nous vient un soldat d'autrefois, qui lui aussi devait ressembler à un héros de film, il y a un siècle moins deux jours, le 24 octobre 2021, à l'hôte de ville de Chalons en Champagne qu'on appelait alors Chalons sur Marne, le sergent Younger choisissait parmi quatre cercueils le soldat inconnu américain de la première mondiale et qui repose à Airlington, près de Washington, un cahier spécial de l'Union, vraiment riche, nous restitue cette histoire...  

A la Une de Nice Matin vous verrez un artiste graffeur que rien ne semblait destiner au drame. Thomas Debatisse alias Otom était parti aux Seychelles réaliser une fresque pour un hôtel 5 étoiles du Club Med, avec sa compagne Emmanuelle qu'il a retrouvée dit-il pendue le soir du 277 avril dans leur chambre; la police des Seychelles l'accuse de l'avoir tuée, dans une lettre à ses amis Thomas se dit seul, impuissant, et rêve de faire le deuil en France et de peindre à nouveau...

Et on parle enfin de beauté...

Une beauté rare, immense, celle du désert d'Atacama qui refleurit au Chili tous les 5 ou 7 ans dans les mystères de la nature et de graines dormantes, il épanouit cette année,  mais Ouest-France l'a semaine dernière, l'AFP et Libération hier et ce matin, nous disent que les autorités veulent discipliner réguler le phénomène, le faire se reproduire chaque année en irriguant le désert -mais leur impatience risque de pourrir les sols et de tout détruire...

Peut-on rationaliser la magie... Le Figaro, sacrilège souriant, s'y essaie, et ce centième anniversaire de la naissance de Brassens,  et a confié à une intelligence artificielle le soin d'analyser des chansons du bonhomme, mais pour comprendre quoi? Que la "chanson pour l'auvergnat" ressemble aux "stances à un cambrioleur", ou que Brassens disait aussi souvent le mot "Dieu" que le mot "mort"? Au bout de la recherche le Figaro renonce, et conclut que la poésie résiste aux algorithmes, et bien voilà les gars!

L'Humanité publie ce matin le dernier épisode de la promenade pieuse de l'écrivain Pierre-Louis basse dans le souvenir des 27 otages fusilles le 22 octobre 1941 à Chateaubriant; et vous lirez quelques-uns de leurs derniers mots de cristal, si rares, des mots jumeaux de ceux que nous livrent jour après jour les endeuillés du Bataclan, que vous pouvez lire sur notre site... En 1941, ainsi écrivait à sa femme Maurice Ténine médecin à Antony...  "Serre les dents comme tu les a serrées après la mort du petit, et que la vie continue, ardente, pour l'avenir de ma fillette et de tous les enfants du mlonde.".

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