• Tout s'est bien passé , d'Emmanuelle Bernheim aux éditions Gallimard

Par Ilana Moryoussef

L'histoire d'un père devenu hémiplégique après un AVC et qui a demandé à sa fille, Emmanuelle Bernheim, de l’aider à en finir.

La rencontre a lieu dans un petit salon des éditions Gallimard. Emmanuelle Bernheim porte une écharpe vert émeraude, assortie à ses yeux. Elle est calme et souriante. Elle a la sérénité de ceux qui sont en accord avec leurs actes.

Aider son père à mourir, organiser son suicide assisté en Suisse, ce n’est pas rien. Et c’est sans doute pour ça qu’elle a délaissé la fiction et qu’elle a écrit ce récit autobiographique.

Emmanuelle Bernheim nous a habitués à des romans courts, concis, et rares : six livres à peine en 27 ans. Mais elle trouvé le moyen, malgré tout, de rafler un prix Médicis. C’était en 1993. On a su que certains jurés n’étaient pas contents. Le roman était trop court, disaient-ils, pour mériter la récompense. Heureusement, ils n’ont pas été suivis. Emmanuelle Bernheim écrit peu, mais elle va à l’essentiel. Une écriture nerveuse, rythmée. On ne sait plus si on lit ou si on regarde. Ce n’est pas étonnant. Car Bernheim n’est pas seulement romancière. Elle est scénariste. Elle a écrit, entre autres, le scénario d’un film de François Ozon.

Il y a des moments drôles, c’est vrai, dans Tout s’est bien passé . Il n’y a pas de pathos, jamais, pas de sentimentalisme. Car chez les Bernheim, on se tient.

Le récit d’un suicide assisté, c’est un sujet qui peut faire peur. Alors il faut le dire : Tout s’est bien passé n’est pas un document sensationnel, sensationnaliste. Ce n’est pas juste un livre sur la mort. C’est un livre sur l’amour de la vie et sur ce qui se passe entre un père et sa fille quand ils savent que le temps leur est compté.

Au moment de prendre congé, on demande à Emmanuelle Berhneim le pourquoi de ce titre. Tout s’est bien passé , nous dit-elle, c’est la phrase prononcée au téléphone par la dame suisse qui a assisté le père dans son suicide à Genève. La phrase a résonné longtemps dans la tête d’Emmanuelle Bernheim. Au point qu’elle en a fait le titre de son livre.

Incroyable Emmanuelle Bernheim ! Elle est sûre que son père aurait adoré ce livre, où il apparaît en père très imparfait, égoïste, parfois cruel, qui pardonnait tout à condition qu’on sache être drôle. __

Tout s’est bien passé est dédié à Pascale, la sœur d’Emmanuelle, celle qui a traversé avec elle ces mois redoutables. Tout s’est bien passé est aussi un très beau roman sur la puissance du lien qui peut unir deux sœurs.

  • Qui était vraiment le danseur Rudolf Noureev ?

Par Frédéric Pommier

Rudolf Noureev dans une loge du Royal Ballet School de Londres en 1974
Rudolf Noureev dans une loge du Royal Ballet School de Londres en 1974 © cc / Allan warren

Le 6 janvier, cela fera vingt ans que le danseur Rudolf Noureev a disparu, mort du sida à l'âge de 54 ans. Arrivé à Paris en 1961, Rudolf Noureev fera en France l'essentiel de sa carrière, devenant même directeur de la danse de l'Opéra de Paris de 1983 à 1989.

"Tant qu'on danse mes ballets, je serai vivant", disait-il. Ses ballets se dansent aujourd’hui partout à travers le monde.

Mais qui était-il vraiment ?

La réponse avec la journaliste Ariane Dolffus, auteur d’une biographie du danseur : Noureev l'insoumis , parue chez Flammarion.

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