11 septembre 2011
11 septembre 2011 © Radio France

Revue de la presse américaine

Emploi, emploi, emploi ! Il est 00h44 sur la Côte Est des Etats-Unis et les journaux sont loin d’être imprimés. Mais nul doute, et c’est déjà le cas sur leurs sites Internet, qu’ils titreront, en grande partie, sur le nouveau plan de relance de l’emploi annoncé par Barack Obama. Un de plus ! Le président américain annonce la mobilisation de plus de 440 milliards de dollars, dont la moitié en allègement de taxes et de charges sociales pour les petites et moyennes entreprises. De grands travaux, routes, ponts, écoles, des aides à l’embauche… « Rendez à ce pays sa place et débarrassez nous d’un appareil étatique envahissant et dirigiste ! » enjoignait un ténor de l’opposition républicaine. Comme en écho, Obama annonce une réduction des dépenses publiques et une remise à plat des législations sur l’économie pour la rendre plus efficace. Il veut de nouvelles règles, avec les partenaires commerciaux des Etats-Unis, pour une ré-industrialisation de son pays, prône le « consommez américain » et veut réinstaurer la primauté du Made in América dans le monde. Obama avait convoqué le Congrès. Il en appelle, une fois de plus, au sens des responsabilités de son opposition. « Les citoyens de ce pays font tous les jours face à leurs responsabilités, il est donc temps que nous affrontions les nôtres et que nous fassions cesser le cirque politique… Vous devez voter ce plan ! » a martelé Obama. Pas sûr qu’un leitmotiv suffise à amadouer une opposition républicaine bien décidée à contester chaque décision, chaque initiative du président jusqu’à la présidentielle de 2012. Pas sûr qu’il rassure une opinion publique lassée des beaux discours. Assez parlé, agissez ! Le cri s’élève des poitrines de nombreux éditorialistes tandis que dans Newsweek, Michael Moore, ex-soutien d’Obama, fustige ce qu’il considère comme l’inaction criminelle d’un président falot. Un président affaibli, contesté, et pourtant, les nombreuses caméras présentes dans la foule de députés et de sénateurs se pressant pour le saluer hier soir, ces nombreuses caméras peuvent l’attester : c’est un très chaleureux accueil qu’a reçu Barack Obama au Congrès hier soir. Court sursis, entre deux salves de critiques. Des critiques, il n’en manque pas sur les principaux sites de gauche et dans les pages de grands quotidiens. Elles visent Rick Perry, gouverneur du Texas, candidat à la primaire républicaine pour 2012. Il participait à un débat télévisé mettant aux prises huit candidats (et d’autres pourraient encore se déclarer, Sarah Palin ne s’est pas encore jetée dans la bataille). Rick Perry, ce n’est pas encore le Tea Party, mais on est bien à droite de la droite américaine. Moins de dépenses sociales, plus de police dans les rues, la remise en cause de la responsabilité supposée de l’homme dans le réchauffement climatique. Et puis, et puis, les nuits tranquilles de l’homme qui a signé le plus d’arrêts de morts, dans son pays. Ce qui lui vaut les applaudissements du public. « - Vous avez autorisé l’exécution de 234 prisonniers, dans votre état ce qui est le chiffre le plus élevé de l’ère moderne pour un gouverneur. Vous arrive-t-il de perdre le sommeil la nuit en pensant que parmi eux, figurait peut-être un innocent ? - Non monsieur, cela ne m’empêche pas de dormir ». Et Perry d’assurer que dans son état, les prisonniers ont droit à des procès équitables, qu’ils sont bien défendus, qu’ils peuvent faire appel jusqu’à la Cour Suprême pour prouver leur innocence mais qu’il est clair que quelqu’un qui vient tuer les enfants du Texas ou violer les règles de l’Etat, doit s’attendre à être puni. « - Et comment réagissez vous au fait que le public applaudisse votre record d’exécutions ? ajoute le journaliste - Je crois, répond Perry, que les Américains ont le sens de la justice ». Ulcéré, Jason Linkins, l’un des contributeurs du Huffington Post, rappelle le cas de Cameron Todd Willingham, reconnu coupable en 1992, du meurtre de ses trois enfants, dans un incendie. Malgré la démonstration de grosses failles dans l’instruction et l’inanité de certaines soi-disant preuves scientifiques l’accablant. Rick Perry a refusé de surseoir à son exécution. Il a reçu une injection létale en 2004. Rick Perry ne s’est pas arrêté là : il a aussi bloqué le travail d’une commission d’enquête qui s’apprêtait à remettre largement en cause l’accusation. Et puis, on en a parlé bien sûr dans nos journaux de 6h et 6h30, les inquiétudes sont bien réelles à New York concernant les menaces d’attentat au moment des commémorations des attaques du 11 septembre. Contrôles renforcés, fouilles des coffres de voitures, patrouilles supplémentaires.

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