Christian Gailly
Christian Gailly © Radio France

On pourrait dire qu’il a accumulé des échecs et qu’on est bien heureux de cette fatalité, parce qu’elle a fait de lui un écrivain, un bon écrivain. Ce fils d’ouvrier a commencé par jouer du saxophone de 17 à 25 ans, mais il ne s’est pas jugé assez doué pour en faire son métier. I

l a été psychanalyste, mais il a dû fermer son cabinet parce qu’il n’avait aucun client. Plus jeune, il voulait être aviateur mais la myopie a tué son rêve.

Mais à 44 ans, il écrit et n’arrêtera plus d’écrire.

15 romans, dont « Dit-il », « K 662 », « Nuage rouge », « Un soir au club », traversés par de l’humour et une écriture très musicale. Avec des accélérations, de syncopes, des silences. Il n’écrivait pas, il composait.

Gailly était timide et taciturne, mais plein d’humour dans la vie et dans ses livres. On aimait ses héros pas très costauds, fragiles, comme lui. On appréciait sa description des relations très compliquées entre hommes et femmes, comme ce mélomane qui recherche sa première émotion musicale, ou ce compositeur qui sait qu’il va mourir et prend le risque de tomber amoureux. Il était du côté des perdants.

L’un de ceux qui a le plus écrit sur ses romans est l’écrivain et critique littéraire Jean-Noël Pancrazi. C’est le mot « swing » qui lui vient à l’esprit quand il pense à l’écriture de Gailly :

L'équipe
Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.