Le Printemps des poètes, 16ème édition, propose différents événements (lectures, ateliers...) pour rappeler, depuis 16 ans, que la poésie existe.

Je ne vous ferai pas le coup du c’était mieux avant , mais c’est intéressant de se dire qu’il y a 50 ans, il n’y avait pas besoin de faire de manifestation… « incitative ». Les poètes étaient là, dans la cité. La poésie faisait partie de la vie. L’ouvrier, comme le bourgeois, disait et chantait Prévert, Eluard, Aragon…Comme le rappelait Agnès Varda dans son atelier la semaine dernière :

Pourquoi le poète n’est-il plus populaire? Il faudrait 4 heures d’émission et des semaines d’enquête, pour trouver un début de réponse.

Affiche Printemps Poètes 2014
Affiche Printemps Poètes 2014 © Domaine public

On a le droit de faire ce constat pessimiste à condition de ne pas enterrer les poètes. Ils existent. Des recueils sont publiés régulièrement chez plusieurs éditeurs.

La preuve, le grand poète Philippe Jacottet, 88 ans, poète suisse reconnu depuis les années 50 , (on l’étudie en khâgne et à Normale Sup) vient d’entrer dans la Pléiade. Il est le troisième poète, après René Char et Saint John Perse, à rejoindre la prestigieuse collection. 29 ouvrages de Jacottet sont réunis de manière chronologique avec, au début, ce qui l’a adoubé comme poète, le recueil « l’Effraie », publié en 1953, quand il s’installe à Grignan, dans la Drôme.

On trouve aussi des carnets, des impressions, des notes de lecture. Qu’il écrive des vers ou de la prose poétique, cet homme là est poète avant tout. C’est un être (et un auteur) entièrement réceptif à ce qu’il vit, ce qu’il voit, ce qu’il perçoit. Sensible à la lumière, aux formes et aux couleurs du Mont Ventoux, entre autres. Il fait penser à une éponge qui aspire le monde et le retranscrit dans une forme poétique.

Devant la montagne, à force d’observation et de sensations qu’il sait éprouver puis mettre en mots, il est poète.

Sébastien Pouderoux, l'un des nouveaux pensionnaires de la Comédie française , lui prête sa voix :

De Jaccottet, on peut trouver la poésie savante à la première lecture, à la première écoute, or, page après page, elle devient accessible et émouvante. Le credo de ce poète est d’affirmer que « l’art n’est pas fait pour les spécialistes de l’art », c’est vrai, il est fait … pour nous ! Quand Sébastien Pouderoux a lu ce poème, il a eu envie d'en lire d'autres, et il s'est emballé :
**Les poètes nous grandissent parce qu’ils voient plus et mieux que nous ; ils voient ce qu’on ne voit pas** . Ils peuvent aussi s’amuser et nous amuser. Une courte anthologie pour lycéens, dans la collection « Folio plus classiques » de Gallimard, s’intitule « La poésie sous toutes ses formes»; exemples à l’appui, l’élève découvre que le poète peut tout faire avec les mots : jouer avec le vers, avec les strophes, avec la rime. L’exercice n’est pas contraignant, c’est tout le contraire.Voici « En breton », du belge Paul André :
Le poème est le geste le plus libre qui soit. Qui sont les poètes d'aujourd'hui ? Les chanteurs ! Souchon, par exemple :
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