Un catalogue de l’exposition consacrée au suédois Anders Petersen à la Bibliothèque Nationale de France

Anders Petersen
Anders Petersen © Radio France

Il y a une brutalité dans les images d’Anders Petersen et pourtant, on ne peut s’empêcher de les regarder. Ces photos en noir et blanc de lieux sombres, des cafés, des ruelles, des chambres glauques, ont un pouvoir d’attraction. Ce n’est pas beau la misère, mais ce n’est pas en soi le sujet du photographe. Il capte la la manière dont on vit, dont on survit; c’est l’humain qui l’intéresse. Chez Petersen, on s’accroche à l’autre, on s’embrasse, beaucoup, on s’agrippe pour ne pas tomber, on devine souvent la présence de l’alcool. Plans serrés, corps en mouvement, noir et blanc contrasté (le suédois tire lui-même ses photos), la vie l’emporte avec cet appareil photo qui est partout, vibre et saisit toute forme d’énergie. Depuis les années 60, l’artiste est dans l’impulsion, le sursautement, dans un pied de nez perpétuel à la mort.

Doux Amer de Michel Vanden Eeckoudt

Il y a quelques animaux dans les photos de Petersen, il y en a beaucoup chez Michel Vanden Eyckoudt. Et pourtant, ce belge parle aussi des hommes. A travers leur manière de choisir et de caresser leurs chiens ou de négliger d’autres bêtes. L’œil d’un cheval effrayé ou celui d’un cochon qui semble avoir compris sa fin prochaine. Drôlerie et gravité se cotoient dans les photos élégantes de Michel Vanden Eeckouhdt. Ecoutez-le, au téléphone, il vit à Bruxelles :

Un poche consacré à Jean Louis Courtinat

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Courtinat est ce qu’on appelle un photographe social. Il va dans les hopitaux, les centre d’hébergement des SDF, il suit des sdf qui ont retrouvé un logement. Il fut l’assistant de Doisneau mais ne s’inscrit pas dans sa veine, il est plus un disciple de l’Américain Eugene Smith qui suivait entre autres la vie d’un médecin de campagne. Depuis 35 ans, Courtinat a choisi ce secteur aride mais très fort humainement du social. On peut ne pas avoir envie de s’intéresser à ses photos par peur du sujet grave triste, plutôt éloigné de la fête, bien sûr, mais c’est passer à côté d’un bel artiste. Sa relation avec ses sujets est forte. Une vieille dame soignée avec amour. De jeunes médecins opérant un enfant avec une énergie palpable. Courtinat peut passer des jours entiers à ne pas sortir l’appareil. En quête de vérité et de relation forte, il patiente.

Le rêve secret de Jean Louis Courtinat ou plutôt son moteur, c’est que ses photos fassent changer quelque chose. Parfois, c’est le cas. A Nanterre, les conditions d’accueil et de prise en charge des sans abris où il a passé deux ans, dans les années 95, ces conditions ont évolué, dans le bon sens. C’est à Courtinat qu’on le doit, à ses photos, à son Nikon, à sa foi dans l’homme.

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