La salle est petite, nous sommes près, tout près du comédien. Mise en scène discrète et efficace, gros travail des lumières qui créent diverses atmosphères, la rue, la nuit et l’hôpital, décor léger, deux chaises, nous sommes vraiment avec lui, Wahab. Un jeune homme en colère. Wahab vient d’apprendre au téléphone qu’il doit se rendre au chevet de sa mère, mourante. Et durant le trajet, il exprime tout ce qui lui passe par la tête.

Il y a de la rage en lui.

Contre elle, sa mère, la relation n’a pas été simple, contre le chauffeur du bus, contre lui, aussi. Sa vie d’enfant a été marquée par la guerre au Liban. Et tout remonte. Une fois devant sa mère, un parcours aura eu lieu, une traversée. Le gosse enragé sera devenu un homme. Les mots sont beaux, les mots sont justes, les mots sont bouleversants.

L’auteur d’Un obus dans le cœur l’a vécue, cette guerre : Wouajdi Mouawad, aujourd’hui canadien, mais libanais de naissance : Mouawad réunit ici plusieurs des thèmes récurrents : la guerre, la filiation, les liens du sang, l’art, aussi. Le jeune Wahab va devenir peintre.

Ce Wahab, si convaincant est incarné avec brio par Grégori Baquet, plein de la colère du personnage.

Phrases courtes, limpides, du rythme, des saillies. L’auteur nous place dans un état de tension, il joue de moments violents et d’accalmie.

Vous sortez à la fois K.O et heureux.

Un obus dans le coeur
Un obus dans le coeur © Radio France

« Un obus dans le cœur » de Wajdi Mouawad

Mise en scène de Catherine Cohen, interprété par Grégori Baquet.

Jusqu'au 12 avril 2014

Théâtre des Déchargeurs

3, rue des déchargeurs

75001 PARIS

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En 2015, la pièce sera en tournée et sera jouée dans le « off » du festival d’Avignon

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