Zabou Breitman met en scène au Vieux Colombier, à Paris, « Le système Ribadier », de Georges Feydeau et Maurice Hannequin

Après « la compagnie des spectres », monologue joué et mis en scène toute seule, Zabou Breitman offre à la troupe de la Comédie Française de s’éclater avec Feydeau. Le terme est un peu trivial, mais c’est l’impression que vous éprouvez en assistant à ce spectacle tonique, hilarant et incroyablement rythmé.

Drôlerie et dinguerie s’invitent sur scène. Comme toujours, Feydeau part d’un couple pour démontrer la petitesse humaine. Elle est jalouse de son nouveau mari, Ribadier, car le précédent, Robineau l’avait beaucoup trompée. L’époux, Ribadier, a beaucoup de chance. Il parvient à endormir sa femme comme par magie pour aller courir la gueuse. Mais le système Ribadier n’est pas sans faille…

C’est un vaudeville classique et joyeux, on rit quasiment du début à la fin, un vaudeville qui inspire Zabour Breitman. Le décor de feu Jean-Marc Stéhlé, il est mort sans avoir vu le spectacle, est magnifique. D’abord, il représente le théatre du Vieux-Colombier vue de la rue, et quand la pièce commence, il s’ouvre comme une boite pour nous amener à l’intérieur d’un appartement, au dessus du théâtre, là où vivent les Ribadier. Dans ce salon, le mari, la femme et celui qui voudrait être l’amant de madame règlent leurs comptes… à cent à l’heure. C’est un mouvement perpétuel. Ca fuse, dans le jeu et à travers des dialogues incisifs servis par des comédiens qui se donnent totalement, avec un métier incroyable : Julie Sicard, Laurent Laffite, Laurent Stocker, Martine Chevalier et les autres jubilent, et nous avec. Ils jouent le texte, grimacent, traduisent les sous entendus sexuels écrits par Feydeau Un chien s’invite de temps en temps sur scène et participe à la folie ambiante… Rire du mensonge, de l’hypocrisie et des bonnes manières, Feydeau sait faire dans ce registre et Zabou Breitman l’accompagne à merveille.

Le système Ribadier au Vieux colombier à Paris, les places sont prises d’assaut mais il en reste quelques unes, les 24 et 25 décembre ainsi que le 1er janvier

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"Les amants parallèles", le nouvel album de Vincent Delerm

La voix qui trainait dans les graves n’a plus cette tendance nonchalante qui faisait sa marque, il chante mieux. Et ce qui devenait une facilité, le name dropping, cette façon de citer des marques ou des noms de gens connus, est passée de mode, tant mieux. Delerm décline avec beaucoup de poésie un disque sur l’amour et il le fait avec finesse, avec justesse. Les paroles des « amants parallèles » dessinent les couleurs d’une histoire d’amour entre une femme et un homme qui deviendront parents puis des vieux, aux cheveux blancs. Sentiments, ressentis, l’amour, dans la durée.

Delerm aime le cinéma et son disque ressemble à un film, à des photos aussi. Il est un auteur photographe qui saisit des instantanés de la vie amoureuse. Si, dans l’album, on retrouve son univers intimiste et ses mélodies au piano, on découvre de nouveaux arrangements superbes, signées Clément Ducoll, le musicien de Camille. Beaucoup de pianos, quelques intermèdes musicaux, une alternance de voix chantée et de voix parlée, (un peu trop de voix parlée, c’est la mode dans la chanson française, les chanteurs se croient acteurs, ça fonctionne souvent sur scène, mais sur un disque, on zappe ces moments là). Mais c’est presque un détail, rien ne nuit vraiment, dans cet album, à la douceur de l’écoute, aux émotions qu’elle suscite.

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Le Système Ribadier

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