- Georges Moustaki et les femmes

Par Vincent Josse

Piaf et Moustaki
Piaf et Moustaki © Radio France

Il était l’homme qui aimait les femmes. Celui dont les proches disaient : il ne drague pas, il courtise, à la manière orientale héritée d’Alexandrie, là où il a grandi.

Regardez sa discographie : au moins une chanson par album parle des femmes. Moustaki aborde sans détours le regard masculin sur les femmes. Il chante le corps, souvent, « ta robe de 15 ans et tes jambes de femme » , il se décrit en homme mûr, toujours soucieux de la jeunesse : « En regardant ton corps ».

Il chante la beauté du corps jeune (jusqu’à la fin, au café, il aura toujours un œil sur les serveuses), mais il ne repousse pas le corps qui vieillit.

C’est rare, cette élégance dans la description des courbes qui apparaissent avec le temps, ces « rondeurs » qui lui plaisent. Le plus bel exemple a été porté haut par Serge Reggiani, « Sarah », une chanson reprise par Arno.

L’élégance de Moustaki et de ses mots, la longue silhouette et sa gueule de métèque ont toujours eu beaucoup de succès : Piaf, la première, a craqué pour le jeune Georges, alias Giuseppe Mustacki qui prend le pseudonyme de georges en hommage à brassens qui épaule le jeune exilé, au début des années 50.

En 2007, chez lui, dans son duplex de l’île Saint-Louis, près de son piano blanc, il évoquait encore avec émotion cette année passée à l’accompagner dans ses tournées, en coulisses et dans son lit, l’aventure amoureuse a duré un an, il a 24 ans, elle 47, on le surnomme le gigolo… C’est lui qui partira en lui laissant « Milord ».

Denise glaser qui animait « Discorama » à la télé le pousse à s’autoriser à chanter. Lui admirait les interprètes et s’effaçait volontiers derrière eux, Salvador, Piaf, Reggiani, Barbara… Mais l’animatrice le programme souvent et obtient qu’il s’approprie « le métèque » que Reggiani a refusé. Bon conseil, ce sera son tube, à lui.

Barbara ? Il va la chercher le soir à l’Ecluse pour aller dîner dans l’ile saint louis. Deux caractères opposés, « elle est d’un tempérament qui m’effraie » avoue-t-il d’une voix lente, c’est le tempérament slave face à l’oriental. Barbara le pousse à sortir de sa paresse légendaire et réussit, en 67, à lui faire écrire un duo, « La longue dame brune » . Elle chantera aussi un texte que Moustaki lui-même interprètera : « La ligne droite ».

De l’auteur-compositeur, Barbara confiait : « c’est ma tendresse », elle lui présentera Reggiani. Moustaki sera souvent chanté par des femmes, Gréco, Cora Vaucaire, Colette Renard, Nicoletta ou Dalida. Couvé par le sexe opposé, il se veut aussi mentor. Il aide la jeune Catherine Lara, la pousse sur scène, elle fait ses premières parties. Elle est alors terrifiée par la scène, mais il l’aide à croire en elle et l’emmène souvent sur sa moto.

Irène Jacob, la comédienne, est l’un des ses dernières amies. Ils se sont croisés il y a vingt ans et en 2011, il fallait une voix pour lire le dernier livre de Moustaki dans le documentaire « Empreintes ». Le musicien ne voulait qu’elle. Elle a donc lu. Ils se sont revus, en amis, toujours, elle a aimé ses dessins, ses tableaux représentant souvent des femmes. Il lui envoyait de beaux textos, comme «heureux de te connaître ».

Histoire d’amour ? « Pas du tout, répond Irène Jacob, histoire douce, son amitié était une grâce ».

- Vincent Lindon raconte la genèse du film "Les Salauds" de Claire Denis

Par Laurence Peuron

Film Les Salauds de Claire Denis
Film Les Salauds de Claire Denis © Wild Bunch

A Cannes, Claire Denis présentait hier son dernier film,Les Salauds , en sélection officielle Un Certain Regard. Un film avec, en toile de fond, les réseaux de proxénétisme, quand les riches exploitent de très jeunes filles.

Un homme va décider de venger la mort de son beau-frère et l'honneur de sa nièce.

Vincent Lindon joue cet homme : il raconte la genèse du film à Laurence Peuron.

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