Il y avait hier à Charlie Hebdo, dans le XXème arrondissement de Paris, une atmosphère à la fois de travail et de grande tristesse.

Travail, car la rédaction prépare un numéro consacré au fondateur de Hara kiri et Charlie hebdo, et triste, car le patron, l’éditorialiste de ses journaux satyriques, venait de mourir et qu’il faudrait faire sans sa gentillesse, son humour, ses coups de gueule, sa grande culture générale, son amour de la langue française, de la science, de l’histoire.

Devant une grande table vide, on pouvait voir deux dessinateurs de presse qui furent ses protégés, il les avait recrutés comme il avait recruté Reiser et Topor. L’un (Cabu) portait un pull rouge d’étudiant, l’autre (Wolinski) portait du noir.

Devant sa feuille blanche, Cabu confiait : « J’ai dessiné une moustache. Il faut que je trouve ce que je vais mettre autour ». Avant d’ajouter: « Quand je dessinais un vieux, c’était toujours Cavanna que je dessinais, il le savait mais… il ne disait rien… »

Wolinski, Cavanna et Cabu
Wolinski, Cavanna et Cabu © Stephane Cardinale / People Avenue / Corbis

Cabu a bien voulu ensuite décrire son ami Cavana, ancien dessinateur de presse à l’esprit dadaiste devenu écrivain, Desproges parlait de l’auteur des « Ritals » comme d’un « Rabelais moderne ». Cavana que Cabu rencontre en 1960 aux débuts d’hara kiri, en étant très impressionné.

Cavana, fils d’émigré italiens, pauvre jusqu’au succès des ritals, succès qu’il rencontre à 50 ans, seulement et qui lui permet enfin d’acheter une maison en Seine et Marne, Cavanna atteint de la maladie de parkinson avait la plume pour l’aider à combattre. La preuve, cette phrase extraite d’un très beau livre intitulé Cavanna raconte Cavanna paru en 2012 : « Tant que je pourrai écrire une ligne, je serai présent parmi les vivants. Elle ne m’aura pas ».

► ► ► LIRE | Cavanna : Mort d'un "rital"

Les références
L'équipe
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.